Carnets du Business


           

​L’Etat prête 70 millions au groupe Financière Turenne Lafayette, maison mère de William Saurin




Vendredi 16 Décembre 2016


Pour éviter la faillite au lendemain de la révélation de comptes truqués, le groupe Financière Turenne Lafayette va bénéficier d’un prêt de 70 millions d’euros. Un geste qui a pour vocation de rassurer les 3 200 employés et les créanciers.



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Finalement c’est l’Etat qui met un terme aux incertitudes autour de l’avenir de la marque William Saurin. Après l’annonce des nouveaux propriétaires du groupe de la découverte de comptes truqués depuis des années, l’inquiétude était à son comble pour les plus de trois mille employés.

Pour rassurer ces derniers mais aussi les créanciers, le gouvernement a choisi de mettre à disposition du groupe Financière Turenne Lafayette 70 millions d’euros.  Débloqués au plus tard le 31 décembre, seront disponibles pour une ou plusieurs sociétés du groupe en fonction des besoins. « Les 10 millions d'euros versés au groupe serviront à "assurer que les prochaines semaines se dérouleront dans de bonnes conditions, il faut que l'entreprise continue de fonctionner", selon Bercy. Mais la somme définitive du prêt dont le groupe aura besoin pour éviter une liquidation judiciaire reste encore à déterminer. C'est la raison pour laquelle l'Etat met à disposition ces 70 millions pour bien montrer son engagement sur la durée » raconte l’Agence France Presse.

Des manipulations anciennes

Le pot aux roses a été découvert quelques jours après la mort de l’ancienne patronne du groupe. S’il est certain que les comptes ont été truqués, c’est désormais à la brigade financière de déterminer les responsabilités. « Les comptes étaient "embellis" pour masquer les difficultés, mais selon plusieurs sources, il n'y a pas de preuve aujourd'hui que la défunte Mme Piffaut ait cherché à s'enrichir personnellement. L'audit suit toutefois toujours son cours » ajoute l’AFP.

De son côté, le site internet du magazine Le Point  publie un article qui semble démontrer que le maquillage des comptes était une habitude dans le groupe. L’article rappelle qu’en 2004 la même Monique Piffaut avait poursuivi en justice son prédécesseur pour avoir manipulé les comptes. « À chaque fin d'exercice, durant quelques jours, Monique Piffaut s'enfermait dans un bureau avec son ancienne secrétaire, Arlette. Les deux femmes, armées de bordereaux vierges, fabriquaient en travestissant leur écriture des centaines de fausses factures au nom de divers clients. Une fois l'opération terminée, la PDG fraudeuse appelait son chef comptable, qui enregistrait alors ces factures subrepticement apparues. Un autre comptable était ensuite chargé d'établir les liasses fiscales au chiffre d'affaires artificiellement gonflé et de les faire valider au commissaire aux comptes du groupe » dévoile l’article.

Joseph Martin

Dans cet article : AFP, Etat, Le Point, prêt, sauvetage, William Saurin




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