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Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres : la France emprunte à un taux négatif sur les marchés financiers




Vendredi 13 Juillet 2012


Bénéficier d’un taux d’emprunt négatif ou autrement dit gagner de l’argent en en empruntant, voilà qui pourrait laisser plus d’un particulier rêveur. Pour les États les plus favorisés, c’est pourtant occasionnellement possible sur les marchés financiers internationaux. Le 6 juillet 2006, la France a ainsi eu l’occasion de contracter un emprunt à court terme d’un montant de près de 6 milliards d’euros à un taux négatif.



Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres : la France emprunte à un taux négatif sur les marchés financiers
Concrètement, un taux d’emprunt négatif signifie deux choses. Tout d’abord, cela veut dire que la France est reconnue par les marchés financiers comme un pays stable économiquement : les investisseurs peuvent espérer préserver l’intégrité de leur capital en le plaçant dans l’Héxagone et ils sont prêts à payer pour cela. Avec l’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas, la France a donc gagné son ticket au sein de l’étroit cercle de pays bénéficiant de conditions de financement aussi avantageuses.
 
Mais l’enthousiasme démesuré des marchés financiers à l’égard de l’Hexagone révèle également quelque chose pour la crise européenne. L’appréciation positive de la France par le marché n’est pas tant due à une amélioration de sa condition économique qu’à la détérioration des conditions d’autres grands États européens. Autrefois refuge des investisseurs, l’Italie et l’Espagne sont aujourd’hui des destinations d’investissement incertaines pour les grands opérateurs des marchés financiers. La réduction du nombre de pays considérés comme sans risque par les investisseurs institutionnels les conduits à se presser aux portes de ces quelques pays et donc à faire baisser drastiquement leur taux d’emprunt à leur avantage.
 
Le fait que les investisseurs se précipitent pour investir en France, en Allemagne, ou encore au Danemark révèle à quel point les pays européens connaissant des difficultés sont devenus répulsifs. Les opérateurs anticipent l’éclatement de la zone euro : pour le marché, l’Union européenne ne serait donc pas à l’abri d’une catastrophe monétaire et financière inégalée.
 
Du point de vue de la France, les premières semaines du mois de juillet 2012 sont la parfaite illustration que le malheur des uns fait le bonheur des autres sur les marchés financiers. L’appréciation pessimiste de la condition de la Grèce, de l’Espagne et de l’Italie par les opérateurs financiers les conduit en effet à reporter leurs investissements les plus sensibles vers des destinations jugées fiables. Or celles-ci sont de moins en moins nombreuses. La France en fait certes partie, mais en ces temps d’incertitude, aucune économie n’est à l’abri du faux pas susceptible de l’entrainer par le fonds.

La rédaction

Dans cet article : budget, Emprunts, France, marchés, taux




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