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Risque industriel : choisir les compétences utiles pour gérer l’exception




Lundi 25 Juin 2012


Évènement imprévisible et fortement dommageable, la catastrophe industrielle fait aujourd’hui partie des risques dont la gestion fait l’objet d’une véritable expertise. En effet, de plus en plus de professionnels et d’industriels s’entourent de spécialistes de gestion du risque industriel afin d’être prêts au cas où l’imprévu viendrait bouleverser l’activité d’un site. Connaissance de la législation, compétence de diagnostic, capacité de communication : les compétences utiles à la gestion de ce type d’accident sont nombreuses, pointues, mais aussi parfois d’un usage très ponctuel. Répondre à ces besoins exceptionnels tout en s’acquittant de certaines obligations légales est un enjeu pour les entreprises qui peuvent aujourd’hui s’entourer de l’expertise idoine d’une grande variété de façons.



Risque industriel : choisir les compétences utiles pour gérer l’exception
Toute catastrophe industrielle constitue une remise en cause de l’activité de l’entreprise qui s’en trouve de fait responsable. Un accident d’envergure met en effet en doute les compétences de l’opérateur du site touché, mais aussi la capacité de son activité à cohabiter avec les riverains et parfois même jusqu’à son bénéfice pour la société. Pour l’illustrer, il suffit de penser aux déchainements de passion à l’encontre de l’industrie pétrolière que provoque chaque épisode de marée noire dans l’opinion publique.
 
Dans le but de prévenir et contrôler ces regrettables évènements, les pouvoirs publics sont à l’origine d’une législation conséquente encadrant la gestion du risque. En France, la pierre angulaire de cette politique de maîtrise du risque industriel est constituée par la directive européenne Seveso qui instaure un système de classement des sites en fonctions de leur dangerosité établie et leur imposant certaines obligations. Appliquées dans l’Hexagone en vertu de la loi Bachelot de 2003, ces obligations vont de l’audit à l’établissement de plan de reprise et de continuité d’activité pour les sites classés parmi les plus dangereux. Ce cadre législatif impose en principe à toute entreprise exerçant dans un secteur à risque de se doter d’un risk manager.
 
De plus, la prévention du risque répond également des standards dont l’évolution a été sensible au cours des 10 dernières années. Inoffensives lorsque prises isolément, les négligences et surtout leur conjugaison ont illustré leur potentiel dévastateur au cours d’accidents comme celui d’AZF. Alors qu’elle était encore comprise il y a peu comme la prévention des accidents les plus probables, la gestion du risque industriel correspond désormais à la recherche et à la prise en charge anticipée et systématique de tout scénario dangereux pour une installation et ses riverains. Cette évolution dans l’appréhension du risque modifie la façon même de conduire les audits de sécurité qui sont d’ailleurs réclamés par la loi.
 
Une gestion efficace du risque peut également revêtir un caractère indispensable auprès des industriels quand elle permet d’anticiper les risques nouveaux. En matière de communication par exemple, la gestion d’une catastrophe à l’heure de l’information hyperconnectée impose une réponse rapide et adaptée. Un industriel dont l’installation se trouve à l’origine d’une catastrophe humaine ne saurait être pardonné par l’opinion publique s’il ne montre pas patte blanche et sa volonté de réparer les préjudices causés. Assurer que l’impact réputationnel sera minime dans l’esprit du public participe ainsi également de la gestion du risque industriel.  La loi n’impose ici aucune obligation. Mais la notoriété se hissant au rang d’actif stratégique, nombreux sont les dirigeants qui n’hésitent plus à solliciter l’aide de spécialistes pour les aider à concevoir un discours de réaction pertinent après une catastrophe.
 
Ayant prouvé sa nécessité au cours d’évènement tragique marquant l’histoire de l’industrie, la gestion du risque industriel est devenue une obligation à la fois morale et légale. Dans le fait toutefois, les entreprises ne sont pas toujours sensibles à l’utilité réelle de ce travail de risk management. D’autres n’ont tout simplement pas les moyens de le financer. Si le profil du risk manager s’est largement démocratisé dans les organigrammes des plus grandes entreprises. Ceux de l’assureur, du consultant spécialisé, de représentant d’association professionnelle sont également devenus courants auprès des entreprises de plus petite taille qui n’ont pas la possibilité de se doter d’un dispositif de vigilance permanent. À cet égard, les professionnels spécialisés constituent une manière alternative d’accéder aux compétences utiles à la gestion du risque industriel.

La rédaction





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