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Trois repères pour mieux analyser l'évolution des fonds souverains




Mercredi 31 Mars 2010


Au cours des années 2000, et plus particulièrement dès 2005, trois faits modifient radicalement l’analyse des fonds souverains.



Flickr - cc - Jeco
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Premier élément, leur puissance financière s’accroît dans des proportions considérables. Elle augmente au rythme de 24% par an au cours des trois dernières années, selon une étude du cabinet d'analyse américain Global Insight. Aujourd’hui, les estimations des sommes détenues par ces fonds varient. Mais les plus fiables les estiment dans une fourchette comprise entre 2.000 et 3.000 milliards de dollars.

Selon le Trésor américain, les actifs des fonds souverains se situent actuellement entre 1.900 et 2.900 milliards de dollars. Le Fond monétaire international (FMI), de son côté, estime qu’ils gèreraient entre 2.000 et 3.000 milliards de dollars. Quant à l’avenir, cette puissance pourrait décupler. Un consensus s’est établi pour voir les fonds souverains dépasser la barre des 10.000 milliards de dollars dans 5 ans. Le FMI estime que les fonds souverains pourraient atteindre entre 6.000 et 10.000 milliards de dollars d'ici 2013. Le Trésor américain voit les actifs des fonds souverains atteindre 15.000 milliards d'ici la fin 2015. Soit l’équivalent du PIB américain ou la totalité du Standard and Poor 500, la capitalisation des 500 plus grandes entreprises mondiales. Ils prennent ainsi la place des hedge funds et autres fonds d'investissement dans le financement et le pilotage de l’économie ainsi que celle des banques centrales des pays dans leur rôle de prêteurs internationaux de dernier ressort.


Deuxième fait, ces sommes considérables sont désormais détenues par des pays du Sud. Les fonds souverains alimentés par les pétrodollars dominent. Ils représentent les deux tiers des sommes gérées par les fonds. Mais les pays émergents ont eux aussi créé leurs fonds alimentés par des réserves de change de plus en plus importantes. C’est notamment le cas de la Chine, dont les colossales réserves de 1.680 milliards de dollars sont en parties confiées à la CIC, dotées de 200 milliards de dollars.

Les fonds des pays occidentaux – à la notable exception du fond souverain norvégien - ne jouent plus dans la même catégorie. Les 120 milliards d'euros de la CDC ne peuvent rivaliser avec les 850 milliards de dollars de l’Abu Dhabi Investment Authority (Adia), le plus puissant fond souverain au monde. Cependant, il convient de remarquer que la totalité des actifs des fonds ne sont pas destinés à des interventions extérieures. Ainsi, sur les 200 milliards de dollars du fonds chinois, seuls 67 milliards peuvent être investis hors de Chine. De même, certains fonds souverains, comme le fond algérien ou le fond russe n’interviennent pas hors des frontières de leur pays.


Troisième changement, enfin, la stratégie globale des fonds souverains s’est modifiée du tout au tout. Jusqu’au début des années 2000, ils investissaient principalement et sagement dans des bons du Trésor, notamment américains, des placements sûrs et donc aux rendements faibles.À compter des années 2000, ces fonds souverains se lancent dans des stratégies très agressives, investissent dans des placements plus risqués mais aux rendements bien plus élevés. Ils entrent en force dans le capital des plus prestigieuses entreprises américaines, japonaises et européennes. Au début 2002, la part des Etats-Unis dans la capitalisation cumulée des cinq cents premières entreprises mondiales était de 57%. L’Europe possédait 29% de ce Top 500 et la part des pays émergents se réduisait à 3%.

En seulement cinq années, la situation a radicalement évolué. En 2007, la part des Etats-Unis s’est effondrée. Ils ne possèdent plus que 38% de ces 500 premières entreprises mondiales. La place de l’Europe s’est légèrement accru passant à 32%.La part des pays émergents passe à 17% de la capitalisation des 500 groupes les plus puissants au monde. « En règle générale, les capitaux ont historiquement tendance à circuler du centre d'un système économique vers sa périphérie. Or, la tendance récente est clairement à l'inversion de ce mouvement. L'idée que les capitaux circulent de plus en plus de la périphérie vers le centre suscite des réactions variées dans les pays qui reçoivent ces capitaux », écrit Philipp M. Hildebrand, vice-président de la Banque nationale suisse (1). Et si le centre n’était plus le centre ? Si la périphérie avait pris sa place ?


La Rédaction

Les Cdb




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