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Vers un contrôle plus strict des armes à feu aux États-Unis ?




Mardi 1 Janvier 2013


La tuerie perpétrée au sein de l’école américaine de Sandy Hook dans le Connecticut le 14 décembre 2012 a fortement marqué les esprits. Quelques mois seulement après le drame du même genre survenu à Aurora en juillet, la tragédie de Sandy Hook a révolté l’opinion publique américaine et relancé le débat sur les lois concernant le port d’armes aux États-Unis. Malgré la volonté du président Obama, tout renforcement de la législation semble néanmoins promis à l’opposition d’une industrie fermement résolue à défendre le statu quo.



Vers un contrôle plus strict des armes à feu aux États-Unis ?
Quelques heures après le massacre de Sandy Hook, Barack Obama faisait une allocution poignante et abordait discrètement le sujet de la législation sur le port d’arme et ses conséquences aux États-Unis. Promettant une réponse « significative » à ces tueries scolaires qui ont marqué par deux fois déjà son mandat, le président américain semble vouloir satisfaire les aspirations d’une grande partie de l’opinion publique américaine.
 
Un sondage réalisé en octobre 2012 par l’Institut Gallup concluait en effet que près de 58 % de la population américaine se trouvaient être en faveur de lois plus restrictives sur la vente d’armes à feu aux États-Unis. En 2011, ce chiffre ne s’élevait qu’à 43 %. Les citoyens interrogés dans le cadre de l’enquête se prononcent en faveur de principes restrictifs finalement assez simples : 92 % se disent en faveur d’un examen systématique du casier judiciaire des participants aux foires aux armes tandis que 62 % se prononcent pour l’interdiction des chargeurs contenant plus de 10 balles.
 
En dépit de ces chiffres marquants, le sondage réalisé par Gallup révèle toute l’ambiguïté du débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis. En effet, 51 % d’Américains se sont également prononcés contre une loi qui interdirait la vente et la possession de fusil d’assaut en octobre 2012. Bien que les dernières tueries scolaires aient fortement marqué les esprits des citoyens américains, ceux-ci demeurent résolument attachés au droit qui leur permet de détenir des armes semi-automatiques.
 
Autre information présente dans ce sondage : 54 % des Américains interrogés disent avoir une opinion favorable de la National Rifle Association (NRA). Cette organisation est un des lobbys américains les plus puissants. Sa vocation est notamment de défendre les intérêts des possesseurs d’armes et de l’industrie américaine de vente d’arme. Et c’est là une occupation à plein temps.
 
Car le marché de l’armement est un business juteux aux États-Unis : en 2011 celui-ci battait de nouveaux records de demande avec 16,5 millions d’achats d’après les chiffres du National Instant Criminal Background Check System notamment chargé de déterminer l’éligibilité des acheteurs d’armes. D’après le Bureau du Recensement des Etats-Unis, le chiffre d’affaires des armes commerciales s’élèvait dans ce pays à 2,3 milliards de dollars en 2007. Le secteur générerait ainsi quelque 10 000 emplois. Des arguments que les lobbies pro-gun tels que la NRA ou la National Shooting Sport Foundation ne manquent pas de mettre en avant pour défendre la consommation d’arme par Monsieur Tout-le-Monde.
 
Ainsi, malgré les évènements qui ont fortement traumatisé l’opinion publique au cours de la seconde moitié de l’année 2012, rien ne permet de conclure que les États-Unis se dirigent vers plus de restriction au début de l’année 2013. Certes le contexte paraît propice, mais c’est sans compter le fait que l’administration Obama n’a pas la majorité aux Congrès. C’est aussi sans tenir compte de l’attachement profond d’une partie importante de la société américaine au port d’arme. En réaction à la tuerie de Sandy Hook, le vice-président de la NRA, Wayne LaPierre, ne déclarait -il pas : « Le seul moyen d’arrêter un sale type avec une arme, c’est un bon type avec une arme », suggérant ainsi d’introduire du personnel armé dans les écoles. Preuve que le débat est loin d’être tranché au pays de l’oncle Sam.

La rédaction





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