Carnets du Business


           
Olivier Meier
Olivier Meier est Directeur de recherche au LIPHA Paris Est, visiting Professor au centre européen... En savoir plus sur cet auteur

Approche agile et Méthode SCRUM




Vendredi 30 Août 2019


La méthode Scrum (« Mêlée » en anglais), est de loin la méthode Agile la plus utilisée dans le monde qui présente des similitudes avec le rugby à XV tant dans la conception de l’équipe (gestion des rôles) qu’au niveau des règles du jeu (modalités d’actions). Apparue pour la première fois en 1986 dans une publication de Hirotaka Takeuchi et Ikujiro Nonaka, expérimentée en 1993, elle bénéficie aujourd’hui de nombreuses expérimentations et retours d’expériences (création en 2001 du Manifeste Agile).



L'approche Scrum est une démarche en conduite de changement, basée sur l’expérience et des échanges continus entre un client et une équipe, orientée vers l'efficacité (produit fini), demandant ajustement et synchronisation au quotidien (réunions d’avancement journalières, daily meetings de 15 mn). Ce cadre méthodologique (règles du jeu, rôles, événements, rythmes, tâches à accomplir, mode d’organisation, artefacts) initialement prévu pour des projets type « software » permet de définir un cadre de travail rapide et flexible permettant la réalisation de projets complexes (développement de nouveaux produits/projets informatiques). Il est organisé en cycles de développements, courts, itératifs et incrémentaux, auxquels le client final et l’utilisateur sont intégrés et participent de façon active (modèle collaboratif). Il repose sur l'implication du client tout au long du projet, où une équipe auto-organisée et pluridisciplinaire avance ensemble au-delà des processus et outils, réorientant si besoin le projet au fur-et-à-mesure de sa progression (logique d’itérations successives – cf sprints). Cette méthode a suscité l'intérêt d'un grand nombre d'entreprises françaises, à l'instar du Groupe Orange, qui a mis en place des équipes agiles, intégrées et orientées sur le développement de produits, en réunissant des compétences en développement, marketing et design en lien étroit avec les besoins du client (interactions fréquentes).

En matière d’équipe, on peut identifier trois acteurs principaux (scrum master, product owner, équipe) qui vont contribuer à développer l’adaptabilité et la visibilité du projet qui doit aboutir à un résultat concret (produit fini en lien avec le besoin du client). Le "scrum master" est membre à part entière de l’équipe projet. Il fait office de facilitateur et s’assure que les principes et les valeurs de Scrum sont respectés, en veillant à améliorer la productivité et le savoir faire de son équipe. Il donc comme mission de stimuler l’esprit de groupe, la valeur travail et le niveau d’engagement de chaque membre de l’équipe. Animateur et pédagogue, il doit veiller à résoudre les éventuels conflits qui pourraient apparaître durant le projet. Le "product owner" se présente quant à lui comme un expert métier qui définit les spécifications fonctionnelles et établit les priorités (liste de fonctionnalités). Il joue ici le rôle de client interne ou externe, au niveau des demandes et des exigences. Les "membres de l’équipe" sont généralement de profils divers. Ils ont comme fonction de participer activement au processus, de communiquer, en montrant motivation et détermination au niveau des tâches à réaliser. Ils ne doivent pas hésiter à s’exprimer, faire part de leurs difficultés (prise en compte des corrections et ajustements demandés), en créant un esprit de solidarité, avec comme finalité, la satisfaction du client à travers un processus d’amélioration continue devant déboucher sur la création des fonctionnalités réelles, opérationnelles et utilisables.

A l’instar des principes d’auto-organisation, la méthode Scrum doit par conséquent se voir comme une méthode globale qui vise à augmenter la vitesse et la flexibilité en matière de gestion de projets, où l’ensemble de la démarche est réalisé de façon itérative par une équipe multidisciplinaire à travers différentes phases d’identification et de suivi, en vue de parvenir à un résultat final, efficace et transparent.

Références

Aubry C.,  SCRUM: pour une pratique vivante de l'agilité,  Dunod, 2018.

Paquet J., « La vélocité, un indicateur obligatoire en Scrum ? », Blog Myagile Partner, Octobre 2017.

Schwaber K., Agile Project Management with Scrum, Microsoft Press, 2004

Schwaber K., "Controlled Chaos : Living on the Edge", Cutter Business Technology Journal, 1996.

Takeuchi H., Nonaka I., "New New Product Development Game", Harvard Business Review, janvier-février, 1986.





Recherche

Rejoignez-nous
Twitter
Rss
Facebook










2ème édition, revue et augmentée