Carnets du Business


           
Olivier Meier
Olivier Meier est Professeur des Universités, directeur de recherche au Lipha Paris Est et visiting... En savoir plus sur cet auteur

Globalisation, culture et espace européen




Jeudi 20 Novembre 2014


A l’ère de la globalisation, on assiste progressivement au développement d’une économie culturelle globale envisagée comme un système complexe et mouvant, reposant sur des flux globaux,où circulent dans et à travers les espaces géographiques un nombre croissant d'individus et d'organisations, de biens et services, et une pluralité de technologies et d'opérations. Pour autant, est ce que la globalisation implique l’abandon du concept de culture nationale et comment positionner l’espace européen face à ces évolutions ?



Crédit : Carnets du Business / Ingimage
Crédit : Carnets du Business / Ingimage
La réponse à cette question est loin d’être évidente. Face à la diversité des cultures propres à chacun des pays membres, il paraît bien difficile d'identifier un nombre suffisant de traits communs. L'Europe se distingue donc sur ce plan. Elle apparaît comme un bloc multiculturel que l’on peut décomposer de la manière suivante.
 
A un premier niveau de segmentation, on trouve le Royaume-Uni qui fait figure d’exception, tant le management de ses entreprises se rapproche de celui des Etats-Unis (vision libérale des affaires, orientation à court terme, pragmatisme).
 
A un deuxième niveau de segmentation, la séparation entre le Nord et le Sud de l’Europe permet de différencier deux groupes de pays sur quatre principales dimensions. Le Nord se présente comme un ensemble de pays peu interventionnistes, ouverts aux thèses libérales, et s’appuyant sur un management social faiblement hiérarchisé et organisé (degré de formalisation relativement élevé).

A l’inverse, les pays de l’Europe du Sud se caractérisent par l’influence de l’Etat, une attitude plus protectionniste, des relations hiérarchiques et un management plus intuitif.
 
En approfondissant la segmentation, il est possible de distinguer au sein du groupe des pays du Nord, les pays scandinaves et les pays germaniques (Allemagne, Autriche, Suisse) : les pays scandinaves se révèlent en effet plus sensibles à la qualité de vie au travail et accordent plus d’importance au bien-être de ses salariés que les pays germaniques.
 
De même, il convient de différencier la France des autres pays latins, en raison de sa position intermédiaire entre un management intuitif et un management bureaucratique. La France se singularise aussi par son système de formation Grandes Ecoles et l’existence de liens solides entre les entreprises et l’Etat.
 
Un dernier niveau de segmentation concerne les petits pays tels que les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg qui, par leur petite taille et leur histoire, se sont ouverts très tôt aux influences internationales.
 
Mais en dépit de ses nombreuses différences, l’Europe, vue surtout de l’extérieur, peut aussi apparaître comme un bloc homogène, à l’instar des modèles nord-américain et asiatique. Elle a d’ailleurs développé plusieurs caractéristiques managériales qui la différencient du management des autres zones géographiques.
 
En particulier, les entreprises européennes semblent se positionner à mi-chemin des influences nord-américaines et asiatiques : les entreprises européennes se présentent comme des organisations dont la finalité est la croissance et le profit mais qui accordent une place importance au développement des personnes (harmonie, bien-être, solidarité).
 
Le défi du management européen est par conséquent de favoriser la croissance des entreprises, en veillant à l’inscrire dans une démarche sociale. La culture européenne apparaît également marquée par le rôle du politique dans l’économie et l’importance du dialogue social, même si celui-ci apparaît plus naturel en Scandinavie et en Allemagne qu’en France ou en Italie (où le conflit précède souvent les négociations). Les européens se montrent en effet, dans leur grande majorité, ouverts (et réceptifs) au débat, à la confrontation des idées et au respect des diversités qu’ils considèrent comme un élément de spécificité et de richesse.
 
La culture européenne existe donc, même si elle s’est bien souvent créée aux prix de conflits meurtriers et récurrents et de crises économiques et financières. Elle s’est constituée autour de cultures nationales ou géographiques fortes et d’une multitude d’échanges et d’interactions (coopérations entre Etats) au fil des siècles.
 
Les organisations et entreprises européennes, après plusieurs années de domination américaine et d’essais de construction d’une Europe unie, ont par conséquent les moyens aujourd'hui d’affirmer une identité propre marquée par des valeurs sociales fortes et la valorisation de ses différences (histoire, langues, frontières).






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