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 <title>Carnets du Business</title>
 <subtitle><![CDATA[Le magazine du management stratégique]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-14T12:06:44+02:00</updated>
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   <title>Alstom, François Hollande demande au gouvernement d’être plus exigeant</title>
   <updated>2014-05-19T19:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdubusiness.com/Alstom-Francois-Hollande-demande-au-gouvernement-d-etre-plus-exigeant_a728.html</id>
   <category term="Secteurs &amp; Marchés" />
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   <published>2014-05-19T15:37:00+02:00</published>
   <author><name>Joseph Martin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lundi 19 mai le président français a reçu à l’Elysée Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal pour discuter du dossier Alstom. Il aurait ainsi demandé au premier ministre et aux ministres de « travailler pour améliorer » les offres de rachat.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/6643637-10021808.jpg?v=1400512272" alt="Alstom, François Hollande demande au gouvernement d’être plus exigeant" title="Alstom, François Hollande demande au gouvernement d’être plus exigeant" />
     </div>
     <div>
      Le rachat d’Alstom a immédiatement été considéré comme une opération éminemment politique. Les déclarations du ministre de l’Economie et du redressement productif, Arnaud Montebourg, on vite confirmé cette impression. Lundi matin, le président de la République a invité les membres du gouvernement concerné à faire le point, signe de l’aspect stratégique de cette transaction. <br />   <br />  Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal ont été officiellement invités à l’Elysée pour <em>«</em> <em>faire le point sur l’ensemble du dossier</em> <em>». </em>L’Elysée a ensuite déclaré aux journalistes que François Hollande avait demandé aux trois membres du gouvernement <em>« </em> <em>de continuer à travailler pour améliorer les différentes propositions dans l’intérêt de l’emploi, des centres de décision et de l’indépendance énergétique.</em> »
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Siemens VS General Electrics</b></div>
     <div>
      Pour l’heure l’américain General Electrics a proposé de racheter la branche énergie du groupe pour 12,35 milliards d’euros. Depuis le positionnement du groupe, Arnaud Montebourg et Manuel Valls ont expliqué que l’Etat n’accepterait pas une offre qui impliquerait le démembrement d’Alstom. D’après l’agence de presse Reuters, le groupe allemand Siemens pourrait faire une offre concurrente dès cette semaine. <br />   <br />  «&nbsp;<em>François Hollande souhaite donc pousser les candidats au rachat à améliorer leurs propositions. C’est une véritable course contre la montre qui est engagée, la date officielle d’entrée en négociation exclusive entre GE et Alstom étant fixée au 2 juin</em>&nbsp;» commente le quotidien <em>Les Echos. </em>D’après le journal économique, le premier ministre et le ministre de l’Economie pencheraient plus du côté de projets d’alliances plutôt qu’à des «&nbsp;<em>dépeçages</em>&nbsp;». &nbsp;Reste donc à en savoir plus sur les projets de Siemens. Des premières rumeurs parlaient d’une alliance franco-allemande par Siemens et Alstom sur les activités énergétiques. <br />  &nbsp; <br />  «&nbsp;<em>Siemens récupèrerait les activités énergétiques d'Alstom, sauf l'éolien et le nucléaire qui serait cédés à Areva. En contrepartie le groupe allemand transfèrerait au français la totalité de ses actifs ferroviaires et créerait une co-entreprise de signalisation</em>&nbsp;» croit savoir BFM en se basant sur des infirmations de Reuters.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Entretien avec Thomas Peaucelle: « la conduite du changement est un exercice de prospective »</title>
   <updated>2013-08-29T11:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.carnetsdubusiness.com/Entretien-avec-Thomas-Peaucelle-la-conduite-du-changement-est-un-exercice-de-prospective_a620.html</id>
   <category term="Management" />
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   <published>2013-08-06T16:51:00+02:00</published>
   <author><name>La Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Thomas Peaucelle est Directeur général délégué de Cofely Ineo, filiale de GDF Suez. Assigné au pilotage des grandes orientations stratégiques de l’entreprise, il nous explique, à travers les spécificités opérationnelles du groupe, sa vision du changement économique et technologique, et sa façon de le piloter.     <div><b>Le cœur de métier de Cofely Ineo est difficile à cerner tant il semble toucher à de nombreux domaines, bien que ceux-ci soient complémentaires ou transversaux. Quelles sont les compétences clés de Cofely Ineo ?</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/5751304-8574612.jpg?v=1375801335" alt="Entretien avec Thomas Peaucelle: « la conduite du changement est un exercice de prospective »" title="Entretien avec Thomas Peaucelle: « la conduite du changement est un exercice de prospective »" />
     </div>
     <div>
      En matière technique et technologique, Cofely Ineo a une longue tradition dans le domaine des installations électriques. Nous avons également développé une expertise dans le domaine du transport et des télécommunications. Notre première spécificité réside dans cette convergence entre les métiers de l’énergie et de l’électricité et ceux du numérique autour de l’informatique et des télécommunications. La seconde est notre capacité à être à la fois installateur et concepteur de systèmes. <br />  &nbsp; <br />  Ces deux spécificités nous permettent de nous positionner sur les marchés de l’efficacité énergétique mais aussi de tous les systèmes réunissant énergie et numérique&nbsp;. Je pense aux transports, aux infrastructures urbaines, aux «&nbsp;smart grids&nbsp;», aux «&nbsp;smart cities&nbsp;» qui nécessitent également des&nbsp; compétences de terrain et de systèmes.&nbsp; L’activité de Cofely Ineo aujourd’hui consiste à développer des solutions faisant appel aux technologies de l’énergie et du numérique, permettant à ses clients de collecter des flux de données, de les traiter et de les utiliser afin d’optimiser leurs systèmes. Mais, plus largement, Cofely Ineo est un état d’esprit. Une entreprise composée de collaborateurs qui sont tous des innovateurs en puissance. J’aime à dire que nous incarnons une interface entre des besoins et des solutions technologiques, et que nous nous définissons par ce que nous sommes plus que par ce que nous faisons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous rassemblez donc en une seule entité des personnes, des cultures d’entreprises et des savoir-faire très différents. Quelles en sont les implications dans le cadre du pilotage de vos projets ? </b></div>
     <div>
      Comme toutes les entreprises, nous appliquons bien sûr les bonnes vieilles méthodes de la gestion de projet. À la nuance près que nous évitons de nous laisser enfermer dans des protocoles, des procédures ou des cadres trop rigides, certes indispensables mais qui peuvent annihiler la créativité, pour permettre aux collaborateurs de trouver les compétences dont ils ont besoin là où elles se trouvent dans l’entreprise, dans une co-construction permanente.&nbsp; Cela étant dit, nous maintenons autant que faire se peut les centres de responsabilité au plus près du terrain. C’est un point fondamental, car il en découle la capacité d’initiative de nos équipes. Cette liberté d’action leur permet en retour de faire preuve d’innovation, technologique bien-sûr, mais également commerciale, financière, managériale… bref de faire de Cofely Ineo une organisation souple et réactive.&nbsp; Notre modèle est donc un modèle entrepreneurial, basé sur la confiance et la responsabilité de tous. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les métiers d’Ineo sont par nature en constante évolution, et vous déclariez récemment adosser de façon systématique votre réflexion en matière de GPEC à une démarche prospective. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?</b></div>
     <div>
      De manière générale, il me semble que la GPEC est quelque chose qui réclame une attention constante. Elle répond à un besoin de société, et correspond à l’effort d’adaptation d’une entreprise aux attentes de ses collaborateurs. Or aujourd’hui, tout évolue très vite en matière de compétences, d’apprentissage et de formation. Les carrières ne sont plus linéaires. Cofely Ineo peut en dire quelque chose puisque la multiplicité de ses cœurs de métiers lui impose de faire évoluer ses collaborateurs en permanence. <br />  &nbsp; <br />  Mais surtout, les salariés, à commencer par les plus jeunes, réclament ce type de politique. Pour eux, la GPEC est un instrument qui leur permet de se projeter dans l’avenir. L’intérêt de la prospective dans cette démarche est d’identifier les domaines de connaissance auxquels il est intéressant de former des personnes aujourd’hui pour répondre au besoin de demain. En consacrant un peu de temps à la réflexion et à l’anticipation, l’on rend un service bien meilleur à son entreprise et à ses clients. En quelque sorte la GPEC est à double sens&nbsp;: prévoir l’évolution des compétences requises par les collaborateurs et adapter l’entreprise à l’évolution de ses salariés&nbsp;: le jeune ingénieur de 2013 est différent de celui que j’étais lorsque j’ai commencé ma vie professionnelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>On parle beaucoup de l’installation de la fibre optique dans les pays émergents et PVD, et de leur accès aux futurs réseaux de communication. Comment vous positionnez-vous à ce sujet ?</b></div>
     <div>
      Je distingue trois grands enjeux. On observe tout d’abord des besoins énergétiques croissants dans ces pays. On constate également que les populations de ces États aspirent à vivre selon les standards qui sont ceux des pays développés. On se rend enfin compte que ces pays émergents passent parfois des caps technologiques beaucoup plus vite que nous.&nbsp; Dans certains pays d’Afrique par exemple, on n’a pas connu le téléphone fixe. Le mobile s’est tout de suite imposé comme la technologie de référence en matière de téléphonie. Ce phénomène a des conséquences sur l’urbanisation et le développement des métropoles dans les pays en développement. À l’inverse, en Europe, l’intégration des technologies dans nos villes anciennes et historiques est beaucoup plus compliquée. <br />  &nbsp; <br />  Compte tenu de ces différentes tendances, il ne me semble pas impossible qu’à l’avenir, les technologies se déploient d’abord dans les pays émergents et n’arrivent chez nous que dans un second temps. Les grands chantiers technologiques dans lesquels se lancent les pays en voie de développement aujourd’hui constituent à mon sens un premier pas vers cette nouvelle configuration qui ferait de ces pays des laboratoires technologiques, et des pays développés d’aujourd’hui des marchés technologiques ou les questions d’adaptation seraient devenus prépondérantes. Cela est particulièrement vrai par exemple en regardant certains chantiers d’urbanisation en Chine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous avez, de par votre spécialité et vos métiers, une véritable vision « réseau » de nos sociétés et de nos villes. Quelles sont les problématiques que votre entreprise en particulier et nos sociétés en général affronteront à l’avenir concernant les réseaux urbains au sens large (transport, énergie, communications, smart grids…) ?</b></div>
     <div>
      J’en vois deux&nbsp;: la densification de la population et le maintien de la fluidité du trafic sur ces réseaux. Ces problématiques sont indissociables. Le numérique et les technologies intelligentes y apportent des solutions, on l’a vu. On commence d’ailleurs à les trouver un peu partout en France. À Angoulême par exemple, Cofely Ineo a contribué à la mise en place d’un système d’autopartage. Il s’agit d’une réponse apportée au problème de la saturation du réseau routier et le fait qu’une ville de taille moyenne se dote de ce type d’équipement n’est pas anodin. <br />  &nbsp; <br />  La demande pour ces solutions va croissant notamment à cause des pouvoirs publics qui se rendent compte que c’est un enjeu d’attractivité territoriale majeur. Mais ils ne sont pas les seuls acteurs impliqués ici. Les entreprises aussi partent à la recherche de réponses techniques, car elles y voient une source d’amélioration de la qualité de leur offre, un moyen de faire d’économies, et parfois même une manière de cultiver l’image d’une certaine responsabilité.&nbsp; Les questions liées aux réseaux affectent la plupart des acteurs socio-économiques aujourd’hui. Et les réponses à ces questions ne sont jamais prises isolément. Elles sont le résultat de la confrontation des besoins et des capacités de tous les acteurs de la société.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ineo a connu une forte croissance depuis 2008, et semble avoir conquis une nouvelle image. Est-ce le fruit d’une une stratégie de croissance externe ou d’une croissance organique? Quels sont les avantages et les synergies que vous escomptez à travers cette dynamique ?</b></div>
     <div>
      Cofely Ineo a été fondée en 2001. Depuis la stratégie de l’entreprise a surtout procédé de la croissance interne. À la marge, nous avons également procédé à quelques opérations de croissance externe, à l’occasion desquelles nous avons intégré des start-ups. Intégrer ces entreprises nous a permis de faire sauter certains verrous technologiques, notamment dans le champ des télécoms et de l’informatique. Aujourd’hui l’ensemble des éléments des unités de l’entreprise se développe de façon autonome, mais harmonieuse dans le cadre de notre stratégie générale. <br />  &nbsp; <br />  En 2001, lorsque Cofely Ineo a fédéré plusieurs dizaines d’entreprises spécialisées dans le génie électrique, nous réalisions un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros. Cofely Ineo réalise aujourd’hui 2,3 milliards d’euros de CA et lorsque l’on décompose ce chiffre on se rend compte que le profil de l’entreprise s’est consolidé assez naturellement. Nos activités de services traditionnels se sont en effet développées moins vite que nos activités liées aux infrastructures et aux systèmes. Le paysage économique français étant depuis quelques années assez impactées par divers plans de développement d’infrastructure urbain et notamment de transport, il n’est donc pas surprenant que la croissance de l’entreprise s’en soit trouvée impactée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vous citez volontiers Jules Verne. Quelles sont vos autres sources d’inspiration, celles qui vous ont conféré cette sensibilité à la prospective et à l’art de la stratégie ?</b></div>
     <div>
      Ce qui m’intéresse et me passionne à titre personnel, c’est le fait d’arriver à mettre en connexion des sujets, des disciplines, des savoirs faires extrêmement divers. Je cite souvent également Léonard de Vinci, car il résume selon moi cet esprit&nbsp;: artiste accompli, il n’en reste pas moins un très grand scientifique dont la portée des travaux retentit encore aujourd’hui. Jules Verne, que vous mentionnez, est également représentatif de ce type de profil d’homme curieux qui met aux services de projets très variés les technologies à la pointe de son époque. Ces personnages m’inspirent effectivement, car leurs idées étaient extrêmement novatrices et en avance sur leur temps. Je ne crois pas que cela tienne du hasard et je l’attribue à la grande ouverture d’esprit de ces personnages. C’est d’ailleurs pour cela que je souhaiterais que cette pensée systémique, transversale, pluridisciplinaire, soit mieux représentée dans la culture française aujourd’hui. Aux États-Unis, on peut étudier la psychologie une année, faire du management l’année suivante et quand même avoir un diplôme et un vrai passeport pour l’emploi. Je souhaiterais qu’il en soit de même chez nous. <br />  &nbsp; <br />  Plus largement, cette pluridisciplinarité est à mon sens une nécessité technique et intellectuelle. De plus en plus, les domaines de recherches s’irriguent mutuellement. Les nanotechnologies s’appuient sur les conclusions de la biologie moléculaire et des sciences du vivant. La neurologie fait de même avec la psychologie et rencontre des succès remarquables. Je plaide donc pour que nos écoles d’ingénieur permettent par exemple d’étudier les sciences, mais aussi de philosophie des sciences. Il s’agit de permettre aux experts de savoir d’où viennent leur matière, et leurs connaissances.&nbsp; Finalement, nous sommes plus des développeurs des usages des nouvelles technologies, que des développeurs de technologie pour la technologie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>L’empreinte écologique de Serge Orru</title>
   <updated>2012-07-05T20:43:00+02:00</updated>
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   <category term="Magazine" />
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   <published>2012-07-03T12:00:00+02:00</published>
   <author><name>La Rédaction</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
En 2008, Serge Orru était élu « Homme de l’année » par le quotidien Corse Matin. Une reconnaissance pour ce passionné d’écologie, créateur du Festival du vent de Calvi et du festival de l’Oh dans le Val de Marne, auteur d’un livre sur Pierre Rabhi, et directeur général de l’ONG WWF France. Il vient d'annoncer qu'il quitterait son poste en septembre, conformément aux engagements qu'il avait pris lors de sa prise fonction. Aujourd'hui pressenti pour rejoindre le gouvernement Ayrault et bien d'autres combats liant l'environnement et l'homme, Serge Orru est un infatigable "homm'timiste". Portrait.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/4479205-6725352.jpg?v=1341396451" alt="L’empreinte écologique de Serge Orru" title="L’empreinte écologique de Serge Orru" />
     </div>
     <div>
      Serge Orru a l’écologie chevillée au corps et présente en permanence à l’esprit. Né en Tunisie, dans une famille aimante de 8 enfants dont il est le cadet avec sa sœur jumelle, pur méditerranéen d’origine Sarde et sicilienne, il découvre, explique-t-il avec humour, lors de l’installation de sa famille à Rouen, les effets du changement climatique. Dès 12 ans il lit Joseph Kessel, Romain Gary, Joseph Konrad et Théodore Monod. Des auteurs qui forgeront ses goûts pour la nature et l’aventure humaine. Il sera ensuite pendant 20 ans un professionnel du tourisme, en Alsace, sur l’Ile de Ré, en Auvergne, en Corse où sous l’influence de son grand frère Jean-Claude, il transforme les villages de vacances en lieu culturels, organisant des journées sur le solaire ou, déjà, la récupération des piles usagées et la plantation de milliers d’arbres. Moniteur de ski de fond, il devient aussi un spécialiste du chamois sous la houlette d’un forestier qui le prit sous son aile et qui lui a apprit la forêt. <br />  &nbsp; <br />  En 1992, il crée avec sa femme Carina le Festival du vent de Calvi, une manifestation pluridisciplinaire et à conscience planétaire qui réunit arts, sciences, sports, nouvelles technologies, droits humains et écologie. A l’époque, ce festival avait été créé dans la foulée du Sommet de la Terre de Rio qui prônait un développement durable pour la planète. C’est aussi avec l’association organisatrice « Les Amis du Vent&nbsp;» qu’il lance, en 2000, l’opération «&nbsp;Halte aux sacs plastiques!&nbsp;». Le succès de cette opération s’est poursuivi sur le continent où d’autres enseignes comme Leclerc et Carrefour l’ont relayée avec succès. <br />  &nbsp; <br />  Il sera le directeur du <em>Festiventu</em> <em>in Calvi</em> jusqu’en 2006. C’est à cette date que Daniel Richard, President du WWF France, aujourd’hui Président du groupe NovaPress, lui propose de prendre la direction générale de l’association. Serge Orru, «&nbsp;réformiste déterminé&nbsp;», va donner une nouvelle dynamique à cette organisation et monter de nombreuses opérations comme la création, avec d’autres associations, de l’<a class="link" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alliance_pour_la_Plan%C3%A8te">Alliance pour la Planète</a>  qui permit le Grenelle de l’environnement, ou encore la campagne «&nbsp;Oui au bio dans ma cantine&nbsp;» dont l’objectif est de favoriser les produits biologiques dans la restauration collective. Sous son impulsion, WWF France va gagner plus de 60 000 adhérents, doubler son budget, va voir augmenter son nombre de permanents, ils sont aujourd’hui une centaine, et poursuivre les actions en partenariat avec les forces vives du pays dont les entreprises. <br />  &nbsp; <br />  Une stratégie hétérodoxe pas toujours bien perçue par les puristes de l'écologie, même si elle est aujourd'hui répandue dans la plupart des ONG. A cela, il rappelle que les partenariats avec les marques ne représentent que 30% du budget global de WWF, et il l'assume. Car pour lui, «&nbsp;<em>On ne peut pas se contenter de dire que le monde l’entreprise c’est mal et ne rien faire avec lui. Le monde de l’entreprise est constitué de millions d’hommes et de femmes qui aiment leurs enfants, qui aiment leur planète, et qui ont envie que les choses progressent.</em>&nbsp;». Les contradictions existent mais il faut les dépasser. On ne peut rester entre les «&nbsp;<em>Yakafaukon</em>&nbsp;» et les «&nbsp;<em>On ne peut rien faire</em>&nbsp;». <br />  &nbsp; <br />  Il affiche même quelques belles réussites, comme avec Carrefour qui décide d’apposer le label durable FSC sur ses meubles et met fin à la vente de thon rouge dans ses rayons, ou lorsque Tétrapack démontre que l’empreinte écologique de ses briques alimentaires est moindre que celle d’une bouteille en plastique. <br />  &nbsp; <br />  Serge Orru est aussi celui qui a arraché en 2011 à Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, et au cours d’un déjeuner qui réunissait plusieurs associations écologistes, un audit sur le nucléaire français. La ministre de l'Environnement de l'époque, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui participait au déjeuner, lui confiera d'ailleurs : <em>« </em><em>Tu ne te rends pas compte de ce que tu viens d'obtenir!</em><em> » </em>Le rapport rédigé par 17 magistrats de la cour de Comptes sera publié fin janvier 2012, révélant que le nucléaire français est particulièrement coûteux. Dans le magazine <em>Challenges</em>, Serge Orru précisera&nbsp;: <em>« </em><em>On ne va pas sortir du nucléaire du jour au lendemain. Mais il faut remettre les choses en perspective: 75 % de notre production électrique est assurée par le nucléaire, mais cela ne représente que 17 % de notre consommation énergétique totale! La France doit, avec ses voisins européens, créer une filière des énergies renouvelables comme elle l'a fait dans le nucléaire. Les Japonais, les Américains, les Chinois investissent massivement dans ce secteur. Dans vingt ans, ils seront leaders. Ce qui nous intéresse, c'est qu'il y ait une production industrielle, qui crée des emplois</em><em>. »</em> <br />  &nbsp; <br />  Son activisme dérange, mais <em>« </em>on ne jette des pierres que sur les arbres qui portent des fruits <em>», </em>dit-on. Serge Orru est soutenu par de nombreuses personnalités du monde de l’écologie dont Pierre Rabhi, Corinne Lepage, Jean-Paul Besset, Marie-Christine Blandin, ou Yann Arthus-Bertrand. Isabelle Autissier, Présidente du WWF France, le conseil d'administration, et Jim Leape, directeur général du WWF International, lui ont également renouvelé leur confiance. Des attaques qui ne l’empêchent en rien de poursuivre ses combats. Au mois de mai 2012, il publiait dans <em>Le Monde</em> un appel au nouveau président de la République afin qu’il organise des états généraux de l’agriculture et mette en place un Pacte agricole pour une politique «&nbsp;<em>qui accorde à l’agriculture un rôle central dans l’aménagement du territoire, l’alimentation et la refondation des relations homme-nature</em>&nbsp;». Pour Serge Orru l’écologie est un engagement pugnace et... durable. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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