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  <title>Carnets du Business</title>
  <description><![CDATA[Le magazine du management stratégique]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-05-21T18:24:34+02:00</dc:date>
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   <title>Relations Syrie-Russie : pourquoi le pays est stratégique pour Moscou</title>
   <pubDate>Tue, 25 Jun 2013 17:53:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Florent Polo</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le conflit actuel en Syrie ne fait pas les affaires de tout le monde. C’est le cas de la Russie pour qui le pays représente à la fois un allié, mais aussi une implantation stratégique sur le plan militaire et culturel.     <div><b>Les raisons de l’intérêt russe pour le régime syrien</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/5642827-8416424.jpg?v=1372176017" alt="Relations Syrie-Russie : pourquoi le pays est stratégique pour Moscou" title="Relations Syrie-Russie : pourquoi le pays est stratégique pour Moscou" />
     </div>
     <div>
      La Syrie est un allié hautement stratégique de la Russie du fait notamment de sa position dans le pourtour méditerranéen. Dans ces conditions, la politique russe vise à négocier une fin de crise pacifique dans le pays, non pas tant pour soutenir Bachar Al-Assad que par peur du régime qui pourrait le remplacer, et qui pourrait faire évacuer la présence russe dans le pays. C’est pourquoi Moscou s’efforce (avec la Pékin) de faire respecter le droit de non-ingérence des pays de l’ONU et s’oppose catégoriquement, en mettant sur la table son droit de veto, aux sanctions et résolutions contraignantes prises dans le cadre du Conseil de Sécurité de l’ONU.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les positions de la Russie</b></div>
     <div>
      En premier lieu, s’il est vrai que la Russie livre des armes pour l’armée syrienne, on remarque toutefois que «&nbsp;Moscou défend aussi traditionnellement dans cette région les minorités chrétiennes, en même temps qu’elle valorise le laïcisme affiché du régime alaouite contre les tentations islamistes&nbsp;» (1). C’est parallèlement une manière de retrouver une place stratégique prépondérante dans la région du Moyen-Orient, et de se placer en défense du principe de non-ingérence. Cette idée concorde avec la volonté de retrouver la vigueur et le leadership que la Russie possédait du temps de l’U.R.S.S., notamment avec le pacte de Varsovie, où elle était la tête de file des pays émergents, se trouvant à la marge du Mouvement des Non Alignés. <br />  &nbsp; <br />  C’est donc avec intelligence que Moscou procède d’une logique de soft power – soit d’influence non coercitive – dans la région. Mais il existe un paradoxe dans la gestion stratégique de la zone géographique puisque, comme le fait remarquer Frédéric Pichon, d’une «&nbsp;part, la dimension religieuse joue un grand rôle dans les représentations des dirigeants comme de l’opinion quant au conflit syrien. L’orthodoxie russe reste très attachée à une forme d’universalisme du Patriarcat de Moscou, qui fait de la Russie la protectrice traditionnelle des minorités chrétiennes dans le monde arabe&nbsp;»(2). Alors que dans le même temps, «&nbsp;la « laïcité » du régime syrien est également une des raisons du soutien de Moscou à Damas. […]. Le soutien russe au dernier régime baasiste revêt donc une dimension psychologique indéniable, dans un Moyen-Orient que les dirigeants russes perçoivent comme de plus en plus dominé par l’islam politique&nbsp;»(3). Il existe donc un appui idéologique, pour autant la présence russe dénote aussi d’une stratégique plus globale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un soutien logistique</b></div>
     <div>
      La Syrie est un point d’appui stratégique pour la Russie. D’abord parce que la Russie a effectué des livraisons d’armes en quantité en direction de la Syrie. Entre 1982 et 1986, la «&nbsp;dotation de l’armée syrienne passe alors de 3&nbsp;200 à 4 400 chars, et de 440 à 650 avions. Côté artillerie, elle est dotée de 4 000 pièces, et les sites de défense antiaérienne passent de 100 à 180&nbsp;»(4). A cela, il faut ajouter des missiles SS-21, missiles sol-sol d’une portée de 100 kilomètres, ainsi que de nombreuses munitions. Cet arsenal constitue encore le socle de l’armée syrienne qui, bien que vieillissant, est toujours très actif et prompt à mener des opérations. <br />  &nbsp; <br />  En outre, la Syrie présente un avantage sur le plan maritime pour la Russie. La base de Tartous située sur la méditerranée est l’unique base navale russe à l’extérieur de son territoire (hors ex-URSS). Obtenue par un accord entre l’Union soviétique et la Syrie en 1971, elle sert encore de point de ravitaillement matériel et logistique de la marine russe, notamment pour sa présence en mer Noire. Même si aujourd’hui elle reste peu utilisée, ce point d’ancrage en méditerranée présente un enjeu stratégique important.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Avenir de l’opposition et du régime de Bachar Al-Assad</b></div>
     <div>
      La révolte syrienne s’est déclarée tardivement par rapport à d’autres régimes de la sphère arabe. Plusieurs raisons sont envisageables comme la peur d’une répression irascible du pouvoir politique central, mais aussi une «&nbsp;situation économique peut-être moins défavorable que dans les autres pays arabes&nbsp;»(5). <br />  &nbsp; <br />  Le futur de la Syrie est intimement lié au sort que lui réserve la scène internationale. Même si une intervention de la coalition n’est pas envisageable à courte échéance (notamment à cause du terrain plus difficile qu’en Libye ou qu’au Mali), une pression de pays clefs tels que les États-Unis ou la Chine peut être déterminante sur l’issue du conflit. Mais la révolte syrienne (ou peut être plus tard ce qui sera la révolution) risque de se mesurer sur un temps long. Ainsi Farrid-Frédéric Sarkis précise que la révolte «&nbsp;syrienne peut mettre plusieurs années comme l’indépendance algérienne. Si elle reste seule, cela durera longtemps. Si elle est armée, cela pourra aller plus vite&nbsp;». Par ailleurs, le «&nbsp;pouvoir refuse toutes les propositions de transition&nbsp;», c’est seulement si «&nbsp;la pression des Russes et des Chinois est assez forte [que] cela peut changer, mais c’est peu probable&nbsp;»(6). <br />  &nbsp; <br />  Enfin, la chute du régime syrien risquerait de poser de nombreux problèmes, notamment parce qu’on ignore la nature du régime qui le remplacerait, mais aussi parce qu’en cas de chute du régime en place, il y a un risque que les armes présentes sur le territoire soient transférées dans d’autres pays. Et l’on peut aisément faire la comparaison avec la chute du régime libyen dont les stocks d’armes et de munitions de l’armée ont fourni les groupes terroristes voisins, notamment ceux présents au Mali. <br />  <div>  	<br clear="all" />  	<hr align="left" size="1" width="33%" />  	<div id="ftn1">  		(1) Pichon Frédéric, « La Syrie, quel enjeu pour la Russie ? », <em>Politique étrangère</em>, 2013/1 Printemps.</div>  	<div id="ftn2">  		(2) <em>Ibidem.</em></div>  	<div id="ftn3">  		(3) <em>Ibidem</em>.</div>  	<div id="ftn4">  		(4) <em>Ibidem</em>.</div>  	<div id="ftn5">  		(5) Sarkis Farrid-Frédéric, « La révolution syrienne, deuxième génération », <em>Multitudes</em>, 2012/3 n° 50.</div>  	<div id="ftn6">  		(6) <em>Ibidem.</em></div>  </div>  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Pascal Chaigneau brosse le portrait de la nouvelle géopolitique mondiale</title>
   <pubDate>Tue, 03 Jul 2012 12:03:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Pascal Chaigneau est professeur des universités et spécialiste des Relations Internationales. Président du département de Science Politique à l’Université Paris Descartes et professeur affilié à HEC Paris, il est notamment directeur du Mastère en management des risques internationaux dans cette dernière institution. Docteur en droit international, en Science Politique et en Economie, Pascal Chaigneau aborde avec un regard personnel et résolument multidisciplinaire la nouvelle géopolitique mondiale et ses implications pour l'économie du globe.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/4475966-6720998.jpg?v=1341311064" alt="Pascal Chaigneau brosse le portrait de la nouvelle géopolitique mondiale" title="Pascal Chaigneau brosse le portrait de la nouvelle géopolitique mondiale" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les Carnets du Business : Le contexte géopolitique actuel est-il fondamentalement différent du nouvel ordre mondial annoncé consécutivement à la chute de l’URSS ? </b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau&nbsp;:&nbsp;</strong>Absolument. Après un ordre stable mais injuste, nous découvrons une véritable complexification du monde sur fond de multiplications des crises et des foyers de tension.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Cette nouvelle géopolitique est-elle seulement due aux échecs américains du début des années 2000 ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau&nbsp;:</strong> Exclusivement, non mais en grande partie oui. En effet, au début des années 2000, le capital de sympathie dont bénéficiaient les Américains était considérable. Qu’il me suffise de rappeler que le 12 septembre&nbsp;2001, le journal «&nbsp;Le Monde&nbsp;» titrait&nbsp;: «&nbsp;Nous sommes tous Américains&nbsp;». <br />   <br />  Les néoconservateurs ont mené une politique tout à fait catastrophique justifiant le concept d’hyperpuissance et d’arrogance qui leur était opposé. L’invasion de l’Irak en 2003 suffit à résumer cette situation. Cette non-victoire a scellé le début d’un nouveau type d’isolationnisme américain. Nous pourrions résumer la situation en disant, comme le fait le Président Obama, que Donald Rumsfeld a été le pire ministre de la Défense des États-Unis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Doit-on en déduire qu’un monde post américain se profile ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: Après la conviction que le monde serait sous hégémonie américaine, les États-Unis sont passés à un excès inverse. Hier, leur doctrine était «&nbsp;to a new american century&nbsp;». Aujourd’hui, leurs think tanks parlent d’un monde post américain. En réalité, leurs fondamentaux de «&nbsp;hard&nbsp;» et de «&nbsp;soft power&nbsp;» demeurent excellents. De même, ils acceptent un monde multipolaire mais refusent toujours le multilatéralisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Quelle est, dans ce contexte, la portée de l’influence des puissances émergentes dans les relations internationales contemporaines  ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau&nbsp;:</strong> La Chine est devenue le nouvel épicentre de la croissance économique mondiale. À ce titre, la crise économique a accéléré son influence d’au moins une décennie. A contrario, si l’Inde ne doit pas être sous-estimée, sa situation économique actuelle ressemble à celle d’un paquebot qui aurait câlé et qui avance sur sa lancée. Quant à l’Amérique Latine, elle a éradiqué la guerre, procédé à des transitions démocratiques et gère une croissance consolidée de l’ordre de 6&nbsp;%. Pendant les premiers mois de 2012, le Brésil a attiré presqu’autant d’investissements que le sous-continent indien.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : En quoi l’année 2012 pourrait-elle être une année de transition sur le plan consécutivement aux élections présidentielles chinoises et américaines ? </b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau&nbsp;:</strong>. Aux États-Unis, quel que soit le futur président, Barack Obama ou Mitt Romney, il devra privilégier l’économie, les emplois et la politique intérieure. Il n’est pas certain que de grandes différences de politique étrangère prévalent. <br />   <br />  En Chine, la transition politique a déjà eu lieu avant même le 18e congrès du Parti Communiste chinois qui se tiendra en octobre 2012. La continuité sera assurée par Xi Ling Pi qui devrait obtenir simultanément la présidence de la République, le secrétariat général du Parti et la présidence de la Commission des forces arrmées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Qu’en est-il de la Russie dans ce contexte ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: Les dernières élections ont démontré une attente démocratique de la part d’une frange non négligeable de la population. Il faut avoir à l’esprit que tout Russe de moins de 21 ans est né après l’effondrement de l’Union Soviétique. Les couches les plus jeunes de la population expriment en conséquence une demande d’ouverture politique. En politique étrangère, la Russie a décidé de regagner une sphère d’influence dans ce qu’elle appelle son «&nbsp;étranger proche&nbsp;». De même, elle ne cède plus le moindre terrain d’influence comme en atteste sa position dans la crise libyenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Sur le plan énergétique, où en est la Russie ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: La Russie demeure le 2e exportateur de pétrole et le 1<sup>er</sup> exportateur de gaz du monde. Pour préserver ce caractère d’État rentier, Moscou agit avec une grande habileté pour se réserver la place dominante sur les richesses de l’Arctique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : À cet égard, dans quel sens l’importance des enjeux énergétiques pourrait-elle évoluer en Asie du Sud-Est ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: C’est en Mer de Chine méridionale, notamment autour des Îles Spratley que les enjeux sont les plus forts. La Chine y exerce une position objectivement dominante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Comment voyez-vous dès lors l’avenir du pétrole ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau&nbsp;:</strong>. Le «&nbsp;deep sea&nbsp;» et les deux nouveaux espaces que constituent l’Asie médiane et la fosse du 18e parallèle en Afrique vont faire reculer le «&nbsp;pick oil&nbsp;» comme une ligne d’horizon. Le Canada est devenu le 5e producteur de pétrole du monde. Avec l’off shore de l’Atlantique Sud, le Brésil va devenir une très grande puissance pétrolière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Quels nouveaux enjeux émergent selon vous ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau&nbsp;:</strong>.L’eau deviendra, à n’en pas douter, l’un des enjeux clés du XXIe siècle. Les contentieux hydriques comme facteurs de crises sont plus qu’à redouter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Quels facteurs d’optimisme pouvez-vous mettre en avant ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: L’Amérique Latine en une décennie a éradiqué la guerre et devient un acteur clé de l’économie internationale. L’Afrique, quant à elle, combine croissance démographique et croissance économique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Dans la géopolitique des espaces, comment voyez-vous les grandes évolutions à venir ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: Ma conviction est que, durant le XXe siècle, les puissances se sont partagé des continents et qu’avec le XXIe siècle va commencer le partage des océans pour leurs richesses en minerais et en hydrocarbures.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Et l’Europe dans ce contexte ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: Elle est entrée dans une crise systémique durable et tente de préserver à la fois l’euroland et l’union elle-même. Elle subit aujourd’hui après avoir dominé hier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les CdB : Enfin, quid de la France dans ce nouveau contexte mondial ?</b></div>
     <div>
      <strong>Pascal Chaigneau</strong>&nbsp;: Puissance désormais moyenne, la France tente à la fois de préserver son poids européen, sa politique africaine, sa légitimité dans le monde arabe et sa spécificité au sein des Nations Unies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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