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  <title>Carnets du Business</title>
  <description><![CDATA[Le magazine du management stratégique]]></description>
  <link>https://www.carnetsdubusiness.com/</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-04-13T22:26:31+02:00</dc:date>
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   <title>Sanctions internationales : l’ONU resserre l’étau autour du nucléaire iranien</title>
   <pubDate>Mon, 29 Sep 2025 08:58:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>François Lapierre</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le 27 septembre 2025, les sanctions de l’ONU sont redevenues effectives contre l’Iran, marquant un tournant dans le conflit diplomatique autour du nucléaire. Ce retour de sanctions, activé par le mécanisme de « snapback », met fin à la période d’allègement prévue par la résolution 2231. La décision relance la confrontation entre Téhéran, les capitales européennes et le Conseil de sécurité de l’ONU, alors que les équilibres énergétiques mondiaux sont de nouveau exposés aux tensions.     <div><b>L’Iran de nouveau sanctionné pour son enrichissement nucléaire</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/91398231-64252621.jpg?v=1759129294" alt="Sanctions internationales : l’ONU resserre l’étau autour du nucléaire iranien" title="Sanctions internationales : l’ONU resserre l’étau autour du nucléaire iranien" />
     </div>
     <div>
      <strong>Le mécanisme de snapback a été déclenché le 28 août par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ouvrant un délai de trente jours avant la réactivation automatique des anciennes résolutions.</strong> Le 26 septembre, le Conseil de sécurité a rejeté une proposition russo-chinoise de prolonger la suspension, ouvrant la voie au retour des sanctions dès le lendemain. Ainsi, les sanctions onusiennes reprennent toute leur force contraignante, encadrées par le droit international et imposées à tous les États membres. <strong>Selon les Nations unies, ce retour est une conséquence directe de la résolution 2231 et du Plan d’action global commun (JCPOA) qui fixait les règles.</strong> <br />   <br />  Les sanctions comprennent l’embargo sur les armes, le gel d’avoirs, l’interdiction de voyage et des restrictions sur les activités nucléaires et balistiques. Josep Borrell, haut représentant de l’UE, a <a class="link" href="https://www.eeas.europa.eu/eeas/iran-statement-high-representative-reintroduction-nuclear-sanctions-and-restrictions_en" rel="nofollow" target="_blank">confirmé</a> que « l’Union européenne appliquera la réimposition de toutes les sanctions sans délai ». Les États-Unis, de leur côté, confirment que « ce soir, le snapback des sanctions de l’ONU est achevé », selon Marco Rubio, secrétaire d’État. Ces mesures pèsent sur la diplomatie, le commerce et les capacités de défense de l’Iran, renforçant l’isolement de Téhéran dans l’arène internationale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nucléaire iranien : vers un nouveau bras de fer avec l’Occident ?</b></div>
     <div>
      L’argument principal avancé par l’Europe repose sur l’accumulation d’uranium enrichi par l’Iran. <strong>L’Agence internationale de l’énergie atomique estime à environ 440,9 kg la quantité d’uranium enrichi à 60 %, un seuil proche du niveau technique de 90 % utilisé pour une arme nucléaire,</strong> quand le JCPOA plafonnait l’enrichissement à 3,67 %. Le mécanisme de contrôle du JCPOA est donc considéré comme caduque par les pays occidentaux, malgré l’opposition de Moscou et Pékin. <br />   <br />  Face à ces sanctions, Téhéran dénonce une décision « illégale ». Le ministère iranien des Affaires étrangères a prévenu : « La République islamique d’Iran défendra résolument ses droits et intérêts nationaux et fera l’objet d’une réponse ferme et appropriée », relaye <a class="link" href="https://www.bfmtv.com/economie/international/nucleaire-l-iran-promet-une-reponse-ferme-et-appropriee-apres-le-retablissement-de-sanctions-injustifiables_AD-202509280097.html" rel="nofollow" target="_blank">BFMTV</a>. L’Iran a rappelé ses ambassadeurs en France, au Royaume-Uni et en Allemagne, signe d’un durcissement. <strong>La Russie soutient cette position : Sergueï Lavrov a affirmé que la décision de rétablir les sanctions « ne peut pas être appliquée ».</strong> Ce clivage illustre la polarisation croissante au Conseil de sécurité, où la ligne de fracture oppose d’un côté Washington, Bruxelles et Londres, et de l’autre Moscou, Pékin et Téhéran.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’économie iranienne frappée de plein fouet</b></div>
     <div>
      Au-delà du conflit juridique, les sanctions ont un impact direct sur l’économie iranienne et la stabilité énergétique.<strong> Le rial iranien a atteint un plus bas historique, autour de 1,1 million pour un dollar sur le marché libre, selon <a class="link" href="https://apnews.com/article/iran-snapback-sanctions-nuclear-us-israel-war-5b13ed1781659c1a9871427881ef239b" rel="nofollow" target="_blank">AP News</a>. </strong>Cette chute aggrave la pression sur les importations, notamment alimentaires et énergétiques, accentuant le mécontentement social. Le gouvernement iranien redoute une flambée de l’inflation, déjà difficile à contenir. <strong>Dans le même temps, les sanctions sur le secteur pétrolier pourraient perturber l’offre mondiale et alimenter la volatilité des prix du brut.</strong> <br />   <br />  La riposte iranienne pourrait dépasser le cadre économique<strong>. Des responsables évoquent désormais un retrait du Traité de non-prolifération nucléaire, ce qui transformerait la crise des sanctions en crise de non-prolifération globale. </strong>L’Union européenne assure avoir proposé en juillet un report conditionnel du snapback, refusé par Téhéran, faute de garanties suffisantes sur la coopération avec l’AIEA. Dans ce contexte, la menace de nouvelles escalades régionales se renforce. <br />   <br />   <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Au sommet d’Astana, Chine et Asie centrale renforcent leur coopération</title>
   <pubDate>Wed, 18 Jun 2025 13:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>François Lapierre</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Du 16 au 18 juin 2025, la capitale kazakhe Astana a accueilli le deuxième sommet Chine–Asie centrale, rassemblant les chefs d’État du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et le président chinois Xi Jinping. Ce sommet s’inscrit dans le prolongement du format multilatéral inauguré à Xi’an en mai 2023, marquant une accélération diplomatique majeure entre Pékin et les républiques post-soviétiques d’Asie centrale.     <div><b>La Chine : partenaire stratégique de l’Asie centrale</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/89395347-63208668.jpg?v=1750247714" alt="Au sommet d’Astana, Chine et Asie centrale renforcent leur coopération" title="Au sommet d’Astana, Chine et Asie centrale renforcent leur coopération" />
     </div>
     <div>
      Les relations sino-centrasiennes se sont considérablement intensifiées au cours de la dernière décennie, dans le sillage de l’initiative « Belt and Road » lancée en 2013. La Chine est désormais le premier partenaire commercial de la région, et le Kazakhstan, au carrefour des routes terrestres eurasiatiques, incarne le point d’ancrage de cette coopération. <strong>Selon le ministère chinois du Commerce, le volume des échanges sino-centrasien a atteint 94,8 milliards de dollars en 2024, en hausse de 5,4 milliards su un an. </strong>Pour le seul Kazakhstan, la Chine représente plus de 18 % du commerce extérieur, consolidant sa position de second partenaire économique après la Russie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>« L’amitié éternelle » célébrée lors du sommet d’Astana</b></div>
     <div>
      Le sommet d’Astana a été marqué par une série d’annonces précises, traduisant la densité croissante des liens stratégiques sino-centrasiens. <br />   <br />  <strong>Signature d’un traité de coopération durable</strong> <br />  Les dirigeants ont officialisé un traité d’« amitié éternelle et de bon voisinage permanent », visant à structurer durablement leur coopération politique, économique et sécuritaire. La formule, hautement symbolique, vient ancrer une diplomatie de long terme entre Pékin et les États d’Asie centrale. <br />   <br />  <strong>Accords bilatéraux sino-kazakhs</strong> <br />  Avec le Kazakhstan, la Chine a signé 24 accords intergouvernementaux portant sur : <br />  &nbsp; &nbsp; • les énergies renouvelables (hydrogène vert, efficacité énergétique), <br />  &nbsp; &nbsp; • l’industrie agroalimentaire (usine de blé à Akmola, centrale de maïs à Zhambyl), <br />  &nbsp; &nbsp; • les infrastructures logistiques (liaisons ferroviaires, douanières et aériennes), <br />  &nbsp; &nbsp; • la santé publique, les services numériques et la culture (programme Silk Way Star, échanges artistiques). <br />  Ces accords s’inscrivent dans une stratégie conjointe de développement industriel et de connectivité régionale, consolidant le rôle du Kazakhstan comme plateforme continentale. <br />   <br />  <strong>Fonds de développement et connectivité</strong> <br />  La Chine a annoncé la création d’un fonds de développement régional de 1,5 milliard de yuans (environ 209 millions USD) destiné à financer des projets dans les domaines du transport, des technologies et de la coopération énergétique. En parallèle, les six États ont convenu de faciliter la mobilité des biens et des personnes via la suppression d’obstacles douaniers, la numérisation des visas et la coordination des transports ferroviaires et aériens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le Kazakhstan affirme son rôle de carrefour diplomatique régional</b></div>
     <div>
      La tenue successive à Astana du sommet Chine–Asie centrale et du dialogue Inde–Asie centrale (le 20 juin), ainsi que la visite de plusieurs représentants européens ces derniers mois, illustrent la montée en puissance géopolitique du Kazakhstan. Astana parvient à se positionner comme interface entre les blocs mondiaux, renforçant son autonomie stratégique. <br />   <br />  <strong>Le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a réaffirmé à cette occasion sa volonté de faire du Kazakhstan un « modèle de coopération pacifique et de stabilité régionale ».</strong> En défendant une diplomatie multivectorielle, le Kazakhstan cherche à diversifier ses partenariats, équilibrer les rapports de force et éviter toute dépendance exclusive, notamment vis-à-vis de Pékin ou Moscou. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Et si la France réactivait son dialogue avec l’Asie centrale ?</b></div>
     <div>
      L'intensification des partenariats sino-centrasiens soulève une question stratégique : <strong>la France a-t-elle intérêt à relancer un format structuré de dialogue avec l’Asie centrale ?</strong> La réponse semble être affirmative au vu des précédents historiques et des complémentarités économiques. En mars 2017, un premier sommet France–Asie centrale s’était tenu à Paris, réunissant les ministres des Affaires étrangères autour des thématiques de sécurité, développement, patrimoine et environnement. <strong>Plus récemment, en novembre 2024, la visite d’État du président Tokaïev à Paris a permis de signer de nouveaux protocoles d’accord dans les domaines des mines, du numérique, de l’IA, des infrastructures et de l’agriculture durable.</strong> <br />   <br />  Sans compter que la France est aujourd’hui le troisième investisseur au Kazakhstan (via Orano, TotalEnergies, Alstom, Veolia) et joue un rôle actif dans la transition énergétique et les projets d’interconnexion. Elle bénéficie aussi d’une image favorable grâce à sa présence culturelle (Sorbonne-Kazakhstan, Alliance Française) et sa diplomatie. <br />   <br />  <strong>Tandis que la Chine consolide ses acquis, et que la Russie conserve une influence résiduelle, les pays centrasiatiques cherchent à élargir leur spectre de partenariats. </strong>Le Kazakhstan, pivot régional affirmé, apparaît comme l’interlocuteur idéal pour servir de passerelle entre Paris et la région.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <title>La France, pièce maîtresse de l’émancipation politique et économique du Qatar</title>
   <pubDate>Fri, 06 Jul 2018 17:31:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Grégoire Moreau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Environnement stratégique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La visite à Paris de l’émir du Qatar, le Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, est bien plus qu’une visite de courtoisie. Isolé par ses voisins du Golfe, le Qatar vient chercher en France les soutiens et l’influence dont il a besoin pour faire entendre sa voix sur la scène internationale et résister aux pressions de puissants émirats en coalition contre lui.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/23531463-25771752.jpg?v=1530892484" alt="La France, pièce maîtresse de l’émancipation politique et économique du Qatar" title="La France, pièce maîtresse de l’émancipation politique et économique du Qatar" />
     </div>
     <div>
      <strong>Un bien encombrant voisin</strong> <br />  &nbsp; <br />  Le Qatar pâtit principalement d’une situation à laquelle il ne peut rien&nbsp;: le voisinage de l’Arabie Saoudite. Le chef de file de l’Islam wahhabite est en effet le fer de lance d’un mouvement virulent d’opposition au Qatar, sur tous les fronts&nbsp;: économique, politique et diplomatique. Parmi les principaux griefs reprochés à l’émirat gazier, son émancipation sur la scène internationale, sa relative neutralité face à l’Iran, et sa proximité supposée avec les Frères Musulmans, dont l’idéologie fait figure de repoussoir pour les intégristes wahhabites saoudiens. <br />  &nbsp; <br />  Désireux de faire «&nbsp;payer&nbsp;» au Qatar ces trois griefs, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu toute relation avec le Qatar le 5 juin 2017, le plaçant de facto en situation de blocus. Plus d’un an après le début de cette initiative quelque peu improvisée, le résultat est sans appel&nbsp;: après quelques sueurs froides les premières semaines, le Qatar s’est adapté à la situation et a même transformé cette crise en opportunité de renforcement de ses relations à l’international. <br />  &nbsp; <br />  <strong>Une offensive diplomatique tous azimuts</strong> <br />  &nbsp; <br />  Le Qatar ne pouvant pas compter sur son environnement proche pour entretenir des relations normales de «&nbsp;bon voisinage&nbsp;», il est allé chercher ailleurs les partenaires dont il a besoin. Puisque la sécurité est le premier impératif, c’est du côté des Etats-Unis que le Qatar lorgne pour dissuader ses voisins d’en venir aux mains à son encontre. Depuis plusieurs années, le petit émirat multiplie les exercices militaires et les accords de coopération bilatéraux avec les Etats-Unis, en plus de signer un certain nombre de contrats d’armements. Objectif affiché de Doha&nbsp;: devenir membre observateur de l’OTAN à moyen terme et, dans l’idéal, accueillir une base de l’OTAN sur son sol, en plus de la base américaine déjà sur place. <br />  &nbsp; <br />  Mais à l’instar de la plupart des pays du Golfe, Doha fait également en sorte de soigner ses relations avec l’éternel rival russe. Si les deux pays ont été longtemps à couteaux tirés sur le dossier syrien, ils se sont spectaculairement rapprochés depuis le début de la crise en juin 2017. Une raison essentielle à cela&nbsp;: Iran, Qatar et Russie concentrent à eux trois la moitié des réserves de gaz mondiales. Ces trois pays ont donc toutes les raisons de s’entendre. Et les ressources du Qatar proviennent encore à 75% de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Du côté de la Russie, le Qatar représente l’opportunité de contourner la volonté européenne de ne plus dépendre du gaz russe, tout en concurrençant la filière hydrocarbure saoudienne sur son terrain. Mais en jouant à la fois la Russie et les Etats-Unis contre l’Arabie Saoudite, Doha se lance dans une partie extrêmement serrée, à l’équilibre instable. C’est précisément pour cette raison que le partenariat avec la France est maintenu et soigneusement entretenu. <br />  &nbsp; <br />  <strong>La France et le soft power&nbsp;</strong> <br />  &nbsp; <br />  Dans la continuité d’une politique étrangère démarrée sous le général de Gaulle, la France a toujours constitué un choix partenarial à part, en raison de prises de position sur les grands dossiers internationaux, à la fois distinctives et généralement plus nuancées. De plus la France, au même titre que les États-Unis et la Russie, est l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle a toujours représenté pour le Qatar un allié de poids sur la scène internationale. Reçu en grande pompe par Emmanuel Macron à plusieurs reprises, l’émir du Qatar renforce ainsi son influence au sein de la sphère diplomatique internationale. <br />  &nbsp; <br />  La France n’est évidemment pas dupe des intentions du Qatar, mais l’ensemble est vu comme un jeu gagnant-gagnant. Il est de notoriété publique que le Qatar est un bon client des entreprises françaises. Via la Qatar Investment Authority, le Qatar est aussi un grand investisseur sur le territoire national&nbsp;: près de 25 milliards d’euros annuels dans des secteurs aussi variés que le sport, le luxe, l’immobilier ou les médias. Il serait pourtant inexact de penser que le Qatar ne fait qu’acheter une «&nbsp;recommandation&nbsp;» française. Historiquement et culturellement, le Qatar est plus francophile qu’anglophile. <br />  &nbsp; <br />  A commencer par l’émir du Qatar, parfaitement francophone, qui a d’ailleurs tenu à répondre aux questions des journalistes en français, lors d’une conférence de presse organisée peu de temps après un déjeuner en tête à tête avec Emmanuel Macron. En outre, le Qatar compte près de 200.000 citoyens parlant français. Depuis octobre 2012, il est d’ailleurs membre associé de l’Organisation internationale de la Francophonie. La même année, le français a été réintroduit dans l’enseignement public. Les plus hautes autorités de l’Etat ont bien souvent fait appel à des précepteurs français pour l’éducation de leurs enfants. Si l’émir actuel est diplômé de l’Académie royale militaire de Sandhurst au Royaume-Uni, l’un de ses fils a lui réalisé une partie de sa scolarité à l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr en Bretagne. Deux autres sont actuellement au lycée Voltaire de Doha. HEC Paris, à l’instar d’autres écoles françaises prestigieuses, a ouvert une structure d’enseignement au Qatar. <br />  &nbsp; <br />  En matière d’éducation comme ailleurs, l’idée du Qatar est de favoriser la diversité des approches, et de ne plus reposer exclusivement sur les modèles, les écoles et les partenaires anglo-saxons. Compte tenu de la réputation de ses écoles et universités, du pragmatisme de sa diplomatie et de son réseau d’entreprises multinationales, la France est de longue date un partenaire tout indiqué pour accompagner la montée en puissance du Qatar sur la scène internationale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Rayonnement culturel de la France et « soft power » :  doit-on changer de paradigme ?</title>
   <pubDate>Fri, 08 Mar 2013 12:05:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>La Rédaction</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Analyses &amp; points de vue]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Longtemps la France a rayonné à travers le monde par sa langue, sa diplomatie, ses arts et sa culture, renforçant son influence par l’image et l’autorité qu’elle renvoyait aux autres nations. Ce « soft power » qui ne portait alors pas encore ce nom s’est essoufflé avec le temps, bousculé par une mondialisation qui a redistribué les cartes entre grandes puissances. Raison de plus pour ne pas négliger notre « diplomatie culturelle », mais à condition de ne plus l’envisager sous son seul aspect étatique.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/5299481-7907783.jpg?v=1362741764" alt="Rayonnement culturel de la France et « soft power » :  doit-on changer de paradigme ?" title="Rayonnement culturel de la France et « soft power » :  doit-on changer de paradigme ?" />
     </div>
     <div>
      Les «&nbsp;diplomaties culturelles&nbsp;» sont mises en place par les Etats pour assurer leur image et promouvoir leurs «&nbsp;valeurs&nbsp;» à travers le monde. En France, cette stratégie d’influence culturelle repose sur une politique universitaire et scientifique et sur les instituts français et les Alliances françaises à l’étranger. Si cette diplomatie culturelle a permis pendant longtemps de maintenir&nbsp; une relative influence sur le monde, aujourd’hui, à la suite de coupes budgétaires incessantes, l’Etat français n'a assurément plus les moyens de ses ambitions. La seule Agence pour l'enseignement français à l'étranger représente 56,9&nbsp;% des crédits alloués par l'Etat à la diplomatie culturelle et d'influence (1). Avec une enveloppe budgétaire annuelle d’environ 250 à 300 millions d’euros pour les actions culturelles, il paraît évident que la diplomatie culturelle française ne peut plus briller durablement à l’étranger par les seuls moyens publics. <br />  &nbsp; <br />  Faute de financement, la France doit-elle renoncer pour autant à ses ambitions de rayonnement culturel&nbsp;ou est-il temps d’établir de nouveaux réseaux d’influence et de diplomatie culturelle, au-delà du Quai d’Orsay et du ministère de la Culture&nbsp;? C’est à une véritable révolution culturelle que l’Etat doit accepter de se résoudre. La France reste en effet&nbsp; un des rares pays au monde à avoir - depuis André Malraux - un ministère de la Culture, et à considérer les affaires culturelles comme une mission quasi régalienne. Le risque étant, comme les dernières décennies l’ont démontré, de transformer les artistes en fonctionnaires et de scléroser la création par un art sous perfusion étatique, au détriment des artistes eux-mêmes. <br />  &nbsp; <br />  Or le succès d’un artiste ou d’un auteur ne saurait dépendre de la seule politique culturelle de l’Etat mais doit pouvoir, s’il veut se confirmer durablement et mondialement,&nbsp; s’appuyer sur des mécènes, des maisons d’éditions, des producteurs, des galeristes ou des salles de vente ayant une portée internationale et capables de le soutenir à l’étranger. Pour mener une telle politique, la France dispose d’ailleurs de solides atouts… dans le secteur privé. Nos compatriotes ignorent par exemple que le deuxième éditeur mondial est le Français Hachette,&nbsp;dirigé par Arnaud Nourry qui en a fait le premier éditeur de Grande-Bretagne et d’Australie, le deuxième d’Espagne et le cinquième des Etats-Unis. Un succès dont l’ensemble du monde francophone de l’édition – écrivains compris – bénéficie très concrètement. Ainsi, lors du bras de fer qui a opposé les éditeurs français à Google après que la société américaine ait décidé de numériser les ouvrages francophones stockés dans les bibliothèques américaines, seule la détermination d’Hachette et sa connaissance du marché américain ont permis d’aboutir à un accord permettant de préserver les intérêts des écrivains et des éditeurs français. Preuve que le secteur privé peut contribuer au rayonnement culturel, Arnaud Nourry a démontré en cette occasion à quel point il était stratégique de préserver l’écosystème de l’édition française et ses auteurs contemporains&nbsp;: «&nbsp;le patrimoine de demain, c’est la création d’aujourd’hui. » (2). <br />  &nbsp; <br />  Dès lors, ne serait-il pas grand temps en France de s’affranchir d’une politique culturelle par trop&nbsp; inféodée aux organismes étatiques&nbsp;? Cela permettrait peut-être de mobiliser les énergies et les vecteurs de rayonnement culturels là où ils se trouvent naturellement&nbsp;: auprès des artistes, des professionnels de l’art, des organismes professionnels, des instituts et des fondations privés. Autant de relais vivants et dynamiques prêts à défendre la «&nbsp;marque France&nbsp;» et l’exception culturelle française à l’international. C’est justement la démarche que poursuit depuis près de 60 ans le Comité Colbert (3), qui fédère 75 maisons de luxe et 13 instituts culturels&nbsp;: œuvrer au rayonnement international de l’art de vivre français, partie intégrante de la culture française. En mettant en avant le savoir-faire et l’esprit français des grandes maisons qui la composent, cet organisme indépendant participe au rayonnement culturel, et de facto économique de la France de par le monde bien plus efficacement que des instituts qui n’ont que leur légitimité étatique à faire valoir, faute de réels moyens. Enracinés dans un patrimoine, le luxe français porte en lui des valeurs d’esthétisme, d’art de vivre et d’excellence qui transcendent les clivages entre public, privé, lui conférant une légitimité et une force de frappe qui rallie tous les suffrages. <br />  &nbsp; <br />  C’est ainsi que le Comité Colbert (4) a initié une collaboration active entre les marques de luxe et les services douaniers, une coopération public-privé exemplaire et efficace pour combattre la contrefaçon endémique qui mine des pans entiers de l'économie française en produisant à bas coût des copies qui détériorent gravement dans le monde l’image de ces entreprises d'excellence. <br />  &nbsp; <br />  Hélas, le Comité Colbert demeure encore une exception dans le paysage économique et culturel français et tout reste encore à faire pour que l’ensemble des acteurs qui participent à la création artistique et au rayonnement culturel français, trouvent leur juste place pour influencer et peser durablement au-delà de nos frontières. &nbsp;A part le cas exceptionnel du Musée du Louvre, mondialement connu et&nbsp; capable de capitaliser sur sa «&nbsp;marque&nbsp;» jusqu’au fin fond des sables d’Abu Dabi (5), on constate que la culture française doit rivaliser d’imagination pour peser durablement à l’échelle mondiale. La voie d’avenir serait de s’engager davantage sur des initiatives conjuguant les synergies entre public et privé, organismes étatiques et entreprises marchandes, comme la diplomatie culturelle américaine a d’ailleurs su le faire depuis des décennies, assurant son image en s’appuyant sur des fondations privées puissantes et généreuses. <br />  &nbsp; <br />  Pour rayonner à l’étranger, l’art et la création doivent préalablement réussir à s’exprimer et s’épanouir sur leur marché domestique. Or, si la France possède un patrimoine culturel incomparable, elle est loin d’offrir aux artistes les conditions optimales pour créer et atteindre la notoriété mondiale qu’ils méritent. Lors de la dernière convention nationale organisé le Syndicat national des maisons de ventes volontaires (Symev), George-Philippe Vallois, président du Comité professionnel des galeries d'art relevait combien les acteurs nord-américains du marché de l’art «&nbsp;excellent à réa­liser des actions associant musées, auctioneers et galeristes pour promouvoir de nouveaux artistes&nbsp;» (6). Exemple&nbsp;: à New York, il n’est pas rare de voir un musée, une galerie et une maison de vente agir ensemble pour promouvoir le travail d’un créateur et faire découvrir ses œuvres en organisant de concert une rétrospective publique, une exposition privée ainsi qu’une vente aux enchères. Ce type de&nbsp; démarche dynamique de décloisonnement entre public et privé,&nbsp; par les synergies qu’elle développe, porte immédiatement ses fruits et contribue au rayonnement culturel de l’ensemble des acteurs. <br />  &nbsp; <br />  Nous en sommes hélas encore loin. L’abandon du projet de fondation d’art contemporain que l’industriel et grand collectionneur François Pinault souhaitait créer dans les anciennes usines Renault de l’île Seguin pour abriter ses collections a démontré les oppositions administratives et politiques que l’initiative privée en matière culturelle pouvait encore provoquer en France. En chassant ainsi son plus zélé et généreux mécène en matière d’art contemporain (7), la France a terni son image dans le monde de l’art et découragé sans doute d’autres initiatives ambitieuses. Le projet de la fondation Pinault était pourtant l'occasion de rééquilibrer le poids mutuel du secteur public et du secteur privé dans le domaine des arts. <br />  &nbsp; <br />  De même comment ne pas se désoler des levées de bouclier que provoquent systématiquement les projets visant à permettre aux universités françaises de se rapprocher – et de bénéficier des financements – du monde de l’entreprise&nbsp;? Une attitude d’autant plus suicidaire que, dans la bataille que se livrent à l’échelle mondiale les grandes écoles et les universités, seules celles qui auront noué des partenariats stratégiques avec des entreprises et des centres de recherches auront demain les moyens financiers et humains leur permettant de prétendre occuper la tête du classement de Shanghai (8). La première université française n'arrive qu'en 37e position de ce classement dont les campus anglo-américains trustent les 19 premières places. Il serait temps d'en tirer les conclusions qui s'imposent… <br />  &nbsp; <br />  Aujourd’hui l'Etat doit comprendre qu’il ne pourra plus assurer le rayonnement culturel français aux quatre coins du monde sans s’engager résolument dans une démarche innovante de complémentarité associant les institutions publiques avec l’ensemble des professionnels et des artistes qui font vivre quotidiennement cette culture à travers leur métiers et leur passion. <br />  &nbsp; <br />  <strong>C.D.</strong> <br />   <br />   <br />  <em><strong>Notes&nbsp;:</strong></em> <br />  &nbsp; <br />  (1) <em>Projet de loi de finances pour 2013 : Action extérieure de l'État : diplomatie culturelle et d'influence</em>, consultable sur <a class="link" href="http://www.senat.fr/rap/a12-150-2/a12-150-2.html">http://www.senat.fr/rap/a12-150-2/a12-150-2.html</a>  <br />  &nbsp; <br />  (2) Voir les auditions de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation du 25/11/09&nbsp;: <a class="link" href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cedu/09-10/c0910016.asp">http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cedu/09-10/c0910016.asp</a>  <br />  &nbsp; <br />  (3) <a class="link" href="http://www.comitecolbert.com/rapport_d_activite.html">Rapport d'activité Comité Colbert</a>  <br />  &nbsp; <br />  (4) <a class="link" href="http://www.comitecolbert.com/assets/files/paragraphes/fichiers/19/Lutte%20CC%20contrefa%C3%A7on_dp_2012.pdf">La lutte contre la contrefaçon du Comité Colbert / campagne 2012</a>  <br />  &nbsp; <br />  (5) «&nbsp;<em>Abu Dhabi : des chantiers qui mêlent culture et business</em>&nbsp;», <a class="link" href="http://www.journaldunet.com/economie/expert/53025/abu-dhabi---des-chantiers-qui-melent-culture---business.shtml">Journal du Net</a>, 19/12/12 <br />  &nbsp; <br />  (6) <em>La Revue du Symev</em>, n°5 - Spécial “Convention 2012” - novembre-décembre 2012, téléchargeable sur www.symev.org. <br />  &nbsp; <br />  (7) <em>«&nbsp;Fondation Pinault, l'art français pénalisé&nbsp;»,</em> <a class="link" href="http://www.liberation.fr/tribune/0101529007-fondation-pinault-l-art-francais-penalise">Libération</a>, 13/05/05 <br />  &nbsp; <br />  (8) Voir <a class="link" href="http://www.shanghairanking.com/ARWU2012.html">www.shanghairanking.com/ARWU2012.html</a>  <br />  
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   <title>Révolutions arabes : les diplomaties de puissance à rude épreuve</title>
   <pubDate>Wed, 05 Sep 2012 15:16:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal Chaigneau</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[International]]></dc:subject>
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   Le point faible des diplomaties de type « réaliste » aura sans conteste été l’absence de prévision des révolutions arabes. Une approche dominante des relations avec le monde arabe a été infirmée : l’approche définissant les alliances politiques sous le seul prisme des intérêts stratégiques. Cette approche caractérise les dynamiques russe et chinoise jusqu’à présent et a été l’une des composantes des politiques étrangères européennes et américaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/4696975-7015897.jpg?v=1346854536" alt="Révolutions arabes : les diplomaties de puissance à rude épreuve" title="Révolutions arabes : les diplomaties de puissance à rude épreuve" />
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      Côté européen, la diplomatie française s’adapte assez vite en renversant le paradigme dominant incarné par le soutien inconditionnel au régime de Ben Ali et en accélérant les remaniements au Quai d’Orsay. La diplomatie américaine, elle, n’a pas renoué avec la doctrine réaliste kissingérienne depuis l’arrivée de Barack Obama à la présidence. Elle reste basée sur le principe du «&nbsp;<em>democratic enlargement</em>&nbsp;», mais préconise un retrait de la «&nbsp;hard power&nbsp;» et un abandon de la diplomatie de la canonière, au profit d’une diplomatie publique active où interviennent également les acteurs non-gouvernementaux. <br />   <br />  Les facteurs de soulèvement dans le monde arabe étaient&nbsp; présents depuis assez longtemps&nbsp;: échec des stratégies de développement, blocage du développement, confiscation du pouvoir politique et de l’appareil d’État, aggravation des inégalités sociales et captation de la vie politique par les forces politiques au pouvoir. <br />   <br />  Ce dernier facteur semble déterminant pour expliquer la stabilité des systèmes politiques. Dans le cas de l’Egypte, les mouvements de contestation parviennent, dès 2002, à gagner la société civile et l’espace investi par les associations de défense de causes (advocacy associations) et les syndicats professionnels, mais les réformes constitutionnelles de 2005 et la main mise sur l’appareil d’Etat garantissent le maintien au pouvoir des alliances patronnées par le Parti National Démocrate (PND). Si 2005 est l’année de l’ouverture, 2010&nbsp; y est celle de la récupération du pouvoir. Le cas tunisien est différent&nbsp;: un système sans ouverture politique, mais capitalisant la réussite économique et l’élargissement du spectre de la classe moyenne… jusqu’aux lendemains de la crise financière mondiale. La conclusion quasi unanime, avant le 14 janvier 2011, est la suivante&nbsp;: la contestation peut gagner la société civile mais l’Etat est demeuré impénétrable, verrouillé par l’alliance des familles gouvernantes,&nbsp; des bureaucraties et des milieux d’affaires. <br />   <br />  Deux inconnues ont bouleversé cette dernière conclusion&nbsp;: la constitution des masses virtuelles à l’aide des nouvelles technologies de communication (facebook, twitter, etc&nbsp;…) compensant l’interdiction des mouvements physiques de masse et la rapidité de l’effet de contagion. Mais cela n’aura pas suffi à expliquer le phénomène révolutionnaire. En arrière plan, une maturation politico-idéologique s’est imposée à travers deux mutations&nbsp;: le dépassement du clivage entre la composante &nbsp;islamiste&nbsp; et la composante &nbsp;moderniste&nbsp;(libérale, marxiste, etc.) de l’opposition et la recherche d’objectifs consensuels, l’instauration d’un nouveau contrat social et le passage de la doctrine de la révolution violente à celle de la désobéissance civile. <br />  Le déroulement du processus révolutionnaire dépend de plusieurs facteurs. Le concept clé est celui de la capacité à atteindre le niveau de la mobilisation intersectorielle. Les révolutions sont dans de nombreux cas parties de la périphérie&nbsp;: Sidi Bouzid en Tunisie, Benghazi en Libye, Deraa en Syrie. La capacité à atteindre la capitale est un élément déterminant, mais demeure difficile d’accès en Libye, problématique dans le cas syrien où les partisans de&nbsp; Bachar el-Assad ripostent par une mobilisation de plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues de Damas, fin mars 2011. <br />   <br />  L’un des éléments déterminant l’issue du processus révolutionnaire est la position de l’armée. Dans le cas de la Tunisie, elle se désolidarise du pouvoir contesté et du parti hégémonique. En Egypte, elle donne son Rais en victime expiatoire mais conserve le pouvoir à travers le Conseil supérieur des forces armées. Dans le cas syrien, l’armée constitue le principal rempart de la famille au pouvoir et de la communauté Alaouite. Le cas libyen est intermédiaire&nbsp;: face au ralliement d’un grand nombre d’officiers supérieurs&nbsp; à la révolution, le pouvoir s’appuie sur une dualité militaire armée sous-équipée/garde «&nbsp;présidentielle&nbsp;» surarmée. <br />  Peut-on en déduire qu’il existe une échelle pour classer le degré d’intolérance des dirigeants arabes, ou du moins une typologie distinguant les plus modérés (Moubarak), des cyniques sanguinaires (Assad), des autistes (Kadhafi)&nbsp;? Ne s’agit-il pas davantage une question de moyens de coercition&nbsp;et de dynamique des rapports de force&nbsp;?&nbsp; <br />  
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      <img src="https://www.carnetsdubusiness.com/photo/art/default/4696975-7015898.jpg?v=1346854501" alt="Révolutions arabes : les diplomaties de puissance à rude épreuve" title="Révolutions arabes : les diplomaties de puissance à rude épreuve" />
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      Les sociétés politiques arabes post-révolutionnaires ont encore un profil peu identifiable. Un regard superficiel peut porter à privilégier le scénario de la vague islamiste. Or la stratégie politique des Frères musulmans égyptiens (le Parti de la justice et de la liberté)&nbsp; s’est appuyée sur une constante&nbsp;: l’alliance avec les autres familles politiques et la rupture avec les salafites (le Parti Annour). Autre point déterminant&nbsp;: la famille politique majoritaire est élue davantage sur un discours socio-économique et éthique et manie avec prudence les référents religieux, ce qui explique un glissement «plus&nbsp;à droite&nbsp;» de l’électorat des circonscriptions les plus conservatrices. Il en est de même du mouvement Ennahda en Tunisie, dont le pari est de concilier la modernité libérale à la doctrine islamique et de mettre en avant la problématique du développement. <br />   <br />  Les partis vainqueurs des élections font face à un soupçon principal&nbsp;: le soupçon de continuité avec l’ancien régime et de réhabilitation de son élite politique. La période de transition relativement longue pose un problème essentiel&nbsp;: celui de la croissance négative de l’économie et de la baisse du rythme des investissements étrangers alors que les hésitations se multiplient en matière de gouvernance économique. <br />   <br />  Les zones de crise actuelles sont, sans conteste,&nbsp; la Libye et la Syrie. La gestion de la crise libyenne met en perspective de multiples approches. La fenêtre d’opportunité de l’intervention étrangère dans le conflit libyen est ce bref moment qui sépare les brigades de Kadhafi des principales villes de l’Est&nbsp;: la décision politique d’une intervention coercitive politique puis militaire est prise en temps contraint avec deux piliers initiaux&nbsp;: d’une part, les diplomaties des pays du Golfe, déterminantes au sein de la Ligue des États arabes définissant les grands principes et offrant la légitimité politique, d’autre part, l’axe franco-britannique, capable d’élaborer une intervention dite «&nbsp;post-américaine&nbsp;» qui, dans les faits, s’appuie sur le soutien des États-Unis. <br />   <br />  À&nbsp; la sortie de crise, et si l’on excepte l’Émirat du Qatar, deux États se disputent l’ultime légitimité auprès des révolutionnaires libyens&nbsp;: la France et la Turquie. <br />   <br />  Deux puissances sont en porte-à –faux&nbsp;: la Russie et la Chine, toutes deux bénéficiaires d’importants contrats sous Kadhafi, écartées par le Conseil national de transition qui affirme ouvertement privilégier les puissances amies. <br />   <br />  Dans le même temps, la prévalence de l’argument humanitaire et&nbsp; explique la non-opposition russe et chinoise à la résolution 1973 qui a pour objectif la «&nbsp;protection des civils&nbsp;».&nbsp; C’est l’application extensive de cette dernière par les forces de l’OTAN et le glissement au «&nbsp;<em>regime change</em>&nbsp;» qui suscite&nbsp; ex post leur hostilité et «&nbsp;justifie» leur double veto&nbsp; concernant la Syrie, en dépit du désastre humanitaire, des exactions des forces de répression du régime et du positionnement des opinions publiques arabes. <br />  Mais, en même temps qu’elle démontre son effectivité, la diplomatie russe perd en légitimité dans l’opinion arabe. L’issue ne saurait être, pour le Kremlin, que de s’ériger en parrain d’un compromis historique capable de mener à une transition démocratique différente dans son processus de ce qu’ont connu les sociétés égyptienne et tunisienne. <br />   <br />  En termes de conséquences régionales, les dynamiques actuelles du monde arabe interférent sur l’équation sécuritaire de deux États pivots de la région&nbsp;: l’Arabie et Israël. <br />   <br />  L’Arabie agit à contre cycle des révolutions arabes. Elle a accueilli l’ex-président Ben Ali. Elle a critiqué les États-Unis pour avoir abandonné le Maréchal Moubarak&nbsp;; elle est militairement et diplomatiquement intervenue au Yémen. Enfin, elle a coordonné l’action du Conseil de Coopération du Golfe pour réprimer les manifestations à Bahreïn qu’elle estimait téléguidées par l’Iran pour faire tomber la dynastie sunnite des Al Khalifa dans un pays majoritairement chiite. <br />   <br />  Quant à Israël, son environnement stratégique a rarement été aussi préoccupant. <br />   <br />  Quelque soit le prochain régime égyptien, il devra prendre ses distances d’avec Israël pour assoir sa légitimité politique intérieure. <br />   <br />  En Syrie, les autorités de Tel-Aviv se satisfaisaient d’un dictateur immobile, sur le Golan notamment. L’idéal&nbsp; eut été pour la diplomatie israélienne le maintien d’un «&nbsp;Assad affaibli&nbsp;», c’est-à-dire contraint de casser son soutien au Hezbollah d’Hassan Nasrala au Liban. <br />   <br />  Si l’on ajoute l’incertitude stratégique iranienne, on comprendra la sensibilité actuelle de la nouvelle donne&nbsp; sécuritaire pour Israël.
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