Carnets du Business


           
Louis Bernard
Louis Bernard est le fondateur de Layer Cake, un cabinet de formation spécialisé dans les... En savoir plus sur cet auteur

Les notes sont inutiles. Passons à autre chose.




Mercredi 10 Octobre 2012


Le chiffrage des performances des élèves est une habitude culturelle en France.
Dans d’autres pays comme la Grande-Bretagne, cette pratique a quasiment disparu.



Le système actuel a de beaux jours devant lui, ses défenseurs sont nombreux. L’argument massue est que la notation sur 20 permet au professeur de « garder une vue d’ensemble sur les progrès de ses élèves » (Docan 2006). Les notes sont pour les élèves l’équivalent d’un salaire dans le monde du travail pour les employés. Elles récompensent leurs mérites, permettent le passage dans la classe supérieure, l’accès a des études dites « prestigieuses » et l’estime de leurs parents. Un système chiffré, avec une moyenne, serait la garantie de l’objectivité. Le problème est que rien n’est moins objectif que l’attribution d’une note. Quiconque a déjà noté un paquet de copies sait bien qu’il est sujet à des variations de jugement selon certains critères (milieu social, comportement en classe, présentation générale des candidats, sourire d’une candidate, insolence d’un autre, qualité des copies précédentes…). Pourquoi sinon continuons-nous à anonymiser les copies du bac ? Pourquoi, quand le chiffrage est exprimé de 0 à 20, 80% des notes données sont-elles comprises entre 8 et 12 ?
 
En clair, la notation fonctionne mieux s’il l’on est un bon élève : il est agréable d’être le premier de la classe. Et il est légitime de rechercher un jugement « objectif » de ses capacités. L’idée de se positionner favorablement par rapport au autres dans un « ranking » et constamment la dans la vie de tous les jours. Cette mentalité de besoin de bons résultats scolaire joue partie prenante dans le fonctionnement du système de notation. Recevoir les meilleures notes est un prestige pour l’élève car il obtient une position de supériorité au sein de sa classe.
 
En revanche s’il l’on n’est pas, de prime abord, un bon élève, une notation sévère peut entraîner des élèves moyens dans une spirale descendante. C’est l’un des gros scandale de l’enseignement à la française : 20% des élèves sortent sans qualification. Si l’objectif de l’enseignement est d’augmenter les connaissances de celui qui le suit, la notation serait contre-productive : Selon Camille Neveux,  « C’est à travers les notes, que beaucoup jugent subjectives et aléatoires, que le malaise se cristallise chez les lycéens français. Dans beaucoup de cas, les notes pénalisent les élèves au lieu de leur donner le gout du travail ». De deux choses l’une : soit un cinquième des enfants sont nuls et tant pis pour eux, soit on peut se poser la question de ce qui les fait décrocher.
 





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