1er mai : l'Assemblée nationale étudie la possibilité de pouvoir travailler ce jour-là



Vendredi 10 Avril 2026


L'Assemblée nationale examine ce vendredi une proposition de loi permettant aux salariés volontaires de travailler le 1er mai dans certains commerces de proximité. Un projet qui divise syndicats et politique autour de ce symbole des luttes ouvrières.



1er mai : vers un assouplissement historique du jour férié le plus symbolique

Le 1er mai pourrait bientôt ne plus être totalement chômé. Ce vendredi 10 avril, l'Assemblée nationale examine une proposition de loi explosive qui permettrait aux salariés volontaires de certains commerces de travailler durant cette journée emblématique des luttes sociales. Un projet de loi porté par Gabriel Attal et le groupe Renaissance qui divise profondément le paysage politique et syndical français.

Actuellement, le Code du travail est formel : le 1er mai est un jour férié et chômé. Si les artisans boulangers ou fleuristes peuvent ouvrir leur établissement, ils ne peuvent faire appel à leurs employés sous peine d'une amende de 750 à 1 500 euros par salarié concerné. Cette règle stricte pose des difficultés économiques croissantes à ces commerces de proximité, particulièrement sollicités lors de cette fête printanière.

La proposition de loi vise spécifiquement les « commerces de bouche de proximité » et certains établissements culturels. Sont concernés : Les boulangeries et pâtisseries Les fleuristes et jardineries Les primeurs et boucheries Les cinémas et théâtres En revanche, la grande distribution et les magasins d'outillage restent exclus du dispositif. Les salariés volontaires bénéficieraient d'une rémunération doublée, et leur refus de travailler ne pourrait constituer ni une faute ni un motif de licenciement. Gabriel Attal a même lancé une pétition ayant recueilli 15 000 signatures et adressé un courrier à 42 000 professionnels concernés.

Les enjeux économiques qui motivent le changement

Pour les défenseurs du texte, la situation actuelle crée une « absurdité économique ». Les fleuristes voient leur chiffre d'affaires amputé lors d'une des journées les plus lucratives de l'année, tandis que les boulangers doivent refuser une clientèle importante. L'U2P, syndicat d'artisans et petits entrepreneurs, y voit « une opportunité de gain de pouvoir d'achat » et plaide pour sortir d'une « situation archaïque ».

La Confédération française de la Boucherie-Charcuterie soutient également cette évolution, estimant qu'elle répond aux attentes des professionnels et de leur clientèle. Dans un contexte économique tendu, ces commerces de proximité cherchent à optimiser leurs revenus sans compromettre les droits de leurs salariés.

Les huit confédérations syndicales françaises dénoncent unanimement cette « remise en cause du 1er mai ». Sophie Binet (CGT) et Marylise Léon (CFDT) pointent les risques de dérive du supposé volontariat. « Dans une petite structure, il n'y aura pas véritablement de choix pour le salarié », argue la dirigeante de la CFDT, rappelant les dérives observées sur le travail du dimanche.

Adélaïde Motte