60 milliards de plus : les majors du pétrole, grandes gagnantes de la guerre en Iran ?



Lundi 9 Mars 2026


La guerre déclenchée autour de l’Iran a provoqué un choc immédiat sur les marchés financiers mondiaux. Tandis que les grandes places boursières reculaient sous l’effet de l’incertitude géopolitique, un secteur a connu l’effet inverse : celui du pétrole. En l’espace de quelques séances, les grandes compagnies pétrolières occidentales ont vu leur valeur boursière progresser nettement.



ExxonMobil et Chevron tirent la hausse de la Bourse

Entre le 20 février et le 9 mars 2026, la capitalisation cumulée des cinq principales majors occidentales — ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies et BP — est passée d’environ 1 430 milliards de dollars à près de 1 490 milliards, soit près de 60 milliards de dollars de valeur créée.

La plus grande contribution à cette hausse provient des groupes américains. ExxonMobil, premier groupe pétrolier coté au monde, a vu son action progresser d’environ 147 dollars le 20 février à près de 156 dollars le 9 mars, soit une hausse d’environ 6 %. La capitalisation du groupe est ainsi passée d’environ 615 milliards de dollars à près de 630 milliards, représentant à elle seule près d’un quart de la hausse totale observée dans le secteur.

Le mouvement est similaire pour Chevron. Le titre, qui évoluait autour de 184 dollars fin février, s’est rapproché des 189 dollars début mars. La capitalisation du groupe est passée d’environ 360 milliards de dollars à près de 370 milliards, soit près de 10 milliards de dollars supplémentaires.

Ces deux sociétés expliquent à elles seules près de la moitié de la progression totale de la valeur boursière des majors.

Les groupes pétroliers européens suivent la tendance

Les majors européennes ont également bénéficié du rebond du pétrole, même si leurs capitalisations sont plus modestes.
Chez Shell, l’action cotée à Londres est passée d’environ 29,5 livres fin février à près de 31 livres début mars. Cette progression d’environ 5 % s’est traduite par une augmentation de la capitalisation d’environ 190 milliards à près de 200 milliards de dollars, soit près de 10 milliards de valeur supplémentaire.

La dynamique est comparable pour TotalEnergies. L’action du groupe français, qui évoluait autour de 63 euros le 20 février, a progressé jusqu’à 66–67 euros au début du mois de mars. La capitalisation du groupe est ainsi passée d’environ 165 milliards de dollars à près de 172 milliards, soit un gain d’environ 7 milliards.

Enfin, BP, dont la valorisation est plus faible depuis plusieurs années, a enregistré une progression plus limitée mais néanmoins significative. L’action est passée d’environ 4,80 livres à près de 4,95 livres, faisant progresser la capitalisation du groupe d’environ 100 milliards à un peu plus de 103 milliards de dollars.

Une réaction classique des marchés

L’épisode rappelle un schéma bien connu dans l’histoire des marchés énergétiques. Chaque crise géopolitique au Moyen-Orient tend à provoquer un déplacement des capitaux vers les valeurs pétrolières, considérées comme les principales bénéficiaires d’un pétrole plus cher.

Mais ces gains restent étroitement liés à l’évolution de la situation géopolitique. Si les tensions se stabilisent et que les flux pétroliers reprennent normalement, les prix du brut pourraient rapidement retomber — et avec eux les valorisations des producteurs. Pour l’heure, une chose est certaine : en quelques jours seulement, la guerre en Iran a déjà ajouté près de 60 milliards de dollars à la valeur boursière des majors pétrolières. 

 

François Lapierre