Après la Cop28, quelles perspectives économiques ?



Jeudi 14 Décembre 2023


La 28e Conférence des Parties (COP28) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s'est tenue à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre 2023, marque un tournant décisif dans la lutte contre le changement climatique. Cet événement crucial a réuni des dirigeants mondiaux, des experts en climat et des acteurs économiques pour évaluer les progrès de l'Accord de Paris et définir des actions concrètes pour un avenir durable. Les décisions prises lors de cette conférence auront des répercussions significatives sur les politiques énergétiques et économiques mondiales, influençant ainsi directement les cadres et les entreprises.



Un accord "quasiment historique"

Qualifiée d'accord "quasiment historique" par François Gemenne, expert du GIEC, la COP28 a marqué un tournant historique avec l'adoption d'un accord ambitieux visant à accélérer la transition vers une économie bas carbone. Cet accord, fruit de négociations intensives, met l'accent sur la réduction drastique de la dépendance mondiale aux énergies fossiles. Il prévoit des mesures concrètes pour diminuer la production de charbon, de pétrole et de gaz, tout en triplant la capacité mondiale d'énergie renouvelable d'ici 2030. Cette décision représente un changement significatif pour les industries énergétiques, qui doivent désormais orienter leurs entreprises vers des solutions énergétiques plus durables et innovantes.

L'accord de la COP28 souligne également l'importance cruciale du financement dans la lutte contre le changement climatique. Il appelle à un renforcement des investissements dans l'adaptation et la résilience climatique, ouvrant ainsi de nouvelles voies pour le développement économique durable. Cette orientation vers des investissements verts crée des opportunités inédites pour les entreprises, les incitant à innover dans les technologies propres et à adopter des pratiques commerciales respectueuses de l'environnement. Pour les entreprises, cela signifie une réévaluation des stratégies d'investissement et une adaptation aux nouvelles réalités du marché mondial, où la durabilité devient un critère essentiel de réussite économique.

Des réactions mitigées

Les réactions à l'issue de la COP28 ont été variées. D'un côté, de nombreux politiciens et groupes écologistes ont salué les engagements pris, considérant qu'ils constituent un pas en avant significatif dans la lutte contre le changement climatique. Le Secrétaire général des Nations Unies a ainsi déclaré : « Cette COP28 est un jalon crucial pour notre avenir commun ». D'un autre côté, certains acteurs économiques et industriels ont exprimé des inquiétudes quant aux défis et aux coûts associés à la transition rapide vers des énergies renouvelables.

Ce n'est pas pour autant que l'accord de la COP28 fait consensus, particulièrement parmi les militants écologistes. L'accord, conclu entre des politiques qui avaient d'abord en tête les intérêts économiques de leur pays, leur semble bien trop faible pour les enjeux auxquels ils se consacrent. Jean-Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, parle d'un tête en-deçà de ses attentes, et même au-delà de ses craintes, avec une absence de la sortie des énergies fossiles, puisqu'il est seulement question d'une transition.

Adélaïde Motte
Dans cet article : accord cop28 dubaï écologie