Automobile : l’incernable reprise du secteur dans l’après confinement



Lundi 17 Aout 2020


Les chiffres sont difficiles à analyser dans des circonstances vraiment exceptionnelles. Alors que toutes les statistiques soulignent un rebond, en déduire une remise sur les rails du secteur est encore largement hâtif.



Creative Commons - Pixabay
En regardant les mêmes chiffres, tous n’y voient pas les mêmes signaux. « A l’échelle mondiale, la bonne nouvelle pour les industriels émane de Chine. Le marché numéro un, celui qui donne le la de la santé de la filière, avec ses 25 millions de voitures vendues en 2019 (presque un tiers du total), a affiché une progression de 16,4 % en juillet 2020. Il s’agit de la quatrième hausse mensuelle d’affilée après les chutes brutales de février et mars consécutives au confinement du pays » rapporte Le Monde .

Mais après une telle dégringolade, le « rebond » n’efface pas les pertes. D’ailleurs, à l’échelle de l’année, les chiffres sont loin de s’approcher d’une compensation. « Certes, le secteur automobile chinois accuse encore un repli de 12,7 % de ses ventes depuis le début de l’année, mais cette série positive est une première depuis 2018 et beaucoup espèrent qu’elle mettra un coup d’arrêt au cycle baissier qui affectait le marché national ces deux dernières années. Le sujet est d’importance pour les grands équipementiers de rang international, très dépendants de l’appétit d’achat des automobilistes de l’ex-empire du Milieu. L’industrie française appartient à ce club, avec quatre entreprises majeures : Valeo, Faurecia, Michelin et Plastic Omnium » appuie Le Monde.

Mais à l’image des analyses concernant l’électrique, les commentaires ne dissimulent pas les désirs de ceux qui les émettent. Car alors que les 50 000 véhicules électriques vendus en Europe en juillet sont applaudis parce qu’ils représentent 4% des parts de marché contre 2% en 2019, on est encore loin du choc de la transition. Même en France où depuis début 2020, 6% des voitures vendues étaient électriques (contre 1,9% en 2019), il n’est pas évident de se réjouir quand on compare ces résultats aux soutiens de l’État et aux investissements massifs qui ont été effectués pour cette transition qui n’a pas commencé. 

Joseph Martin