Booking contraint de modifier ses clauses après l’enquête de la DGCCRF



Vendredi 30 Janvier 2026


Le 29 janvier 2026, Booking a officiellement modifié ses conditions contractuelles avec les hôteliers français. Cette décision intervient après une enquête approfondie de la DGCCRF, déclenchée face à des clauses accusées de restreindre la concurrence et la liberté tarifaire.



Booking et la remise en cause de clauses contestées par la DGCCRF

Depuis plusieurs années, Booking occupe une place centrale dans la réservation d’hôtel sur Internet. Or, selon la DGCCRF, certaines clauses imposées par Booking créaient un déséquilibre manifeste au détriment des hôteliers. En particulier, la plateforme était accusée de limiter la capacité des établissements à proposer de meilleurs prix ailleurs que sur Booking, notamment sur leur propre site Internet.

Ainsi, l’administration a considéré que ces clauses portaient atteinte à la liberté commerciale et à la concurrence. Selon la DGCCRF, les conditions générales de Booking comportaient des stipulations « manifestement déséquilibrées au détriment des hôteliers français », comme l’a indiqué l’autorité dans un communiqué officiel.

Dans ce cadre, Booking a reçu une mise en demeure formelle. L’entreprise disposait d’un délai pour revoir ses pratiques. À défaut, elle s’exposait à une sanction financière particulièrement lourde. La DGCCRF avait en effet fixé une échéance au 31 décembre 2025, assortie d’une menace d’astreinte pouvant atteindre 69,35 millions d’euros par jour, selon des informations reprises par l’AFP. Cette pression réglementaire a pesé lourd dans la décision de Booking de revoir ses clauses.

Booking face à l’obligation de modifier ses pratiques contractuelles

Confronté à cette injonction, Booking a choisi de modifier ses contrats plutôt que de contester frontalement la procédure. Les nouvelles clauses, entrées en vigueur le 29 janvier 2026, visent à rééquilibrer la relation entre la plateforme de réservation et les hôtels partenaires. Désormais, les hôteliers ne peuvent plus être empêchés de proposer sur leur propre site Internet des tarifs ou des conditions plus avantageuses que ceux affichés sur Booking.

Cette évolution répond directement aux critiques formulées par la DGCCRF. L’administration reprochait à Booking d’utiliser son poids sur le marché de la réservation en ligne pour verrouiller la concurrence. Selon l’autorité, ces pratiques limitaient artificiellement la capacité des hôtels à attirer une clientèle directe, sans passer par Internet et par l’intermédiaire de la plateforme.

Par ailleurs, Booking s’est engagé à clarifier certaines clauses relatives au référencement, à la résiliation et à la modification unilatérale des contrats. Selon des informations publiées par le ministère de l’Économie, ces ajustements doivent permettre une meilleure lisibilité pour les hôteliers. La DGCCRF a toutefois précisé qu’elle resterait vigilante quant à l’application concrète de ces engagements, soulignant que le simple changement de clause ne suffit pas sans effets réels sur le terrain.

François Lapierre