Budget 2026 : la surtaxe des grandes entreprises, un choix budgétaire assumé par l’exécutif



Lundi 19 Janvier 2026


Le Budget 2026 acte le maintien de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Après plusieurs scénarios étudiés, le gouvernement a confirmé une mesure fiscale structurante pour les finances publiques, avec un rendement nettement supérieur aux hypothèses initiales et des conséquences directes pour les groupes soumis à l’impôt sur les sociétés.



La surtaxe intégrée durablement au Budget 2026

La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est reconduite sans modification majeure dans le Budget 2026, a annoncé le gouvernement. Alors que des arbitrages intermédiaires prévoyaient une réduction progressive du dispositif, le texte final conserve le niveau de prélèvement appliqué en 2025. Cette orientation vise à sécuriser des recettes fiscales rapidement mobilisables, selon Le Monde.

Sur le plan strictement budgétaire, le rendement attendu est estimé à environ 8 milliards d’euros. Ce montant constitue l’un des principaux leviers de financement du Budget 2026 et se révèle bien supérieur aux attentes. À titre de comparaison, les premières projections évoquaient un produit limité à 4 milliards d’euros, sur la base d’une surtaxe allégée. Le choix final traduit une priorité donnée à la consolidation budgétaire, plutôt qu’à la baisse de la fiscalité pesant sur les grandes entreprises.

Un rendement fiscal déterminant pour l’équilibre des comptes publics

Le maintien de la surtaxe repose sur son poids financier dans l’architecture du Budget. Selon le gouvernement, la contribution exceptionnelle des grandes entreprises représente à elle seule plusieurs points de recettes fiscales supplémentaires. Sud Ouest rapporte que ces 8 milliards d’euros sont jugés indispensables pour contenir le déficit public sans recourir à des coupes budgétaires immédiates.

Cette décision s’inscrit également dans un contexte macroéconomique contraint. La croissance modérée et la progression des charges de l’État limitent les marges de manœuvre fiscales. Dans ce cadre, la surtaxe apparaît comme une solution ciblée, concentrée sur les entreprises disposant des capacités contributives les plus élevées.

CVAE et fiscalité des entreprises : des arbitrages défavorables

Le maintien de la surtaxe s’est accompagné d’un autre choix structurant pour la fiscalité des entreprises : l’abandon de la baisse programmée de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la CVAE. Cette suppression partielle figurait parmi les engagements initiaux du gouvernement, mais elle a été écartée lors des arbitrages finaux du Budget 2026.

Selon Capital, cette décision résulte d’un calcul budgétaire strict. La diminution de la CVAE aurait entraîné une perte de recettes incompatible avec les objectifs de redressement des comptes publics. En conséquence, le gouvernement a privilégié le maintien de la surtaxe, considérée comme plus rentable à court terme, tout en concentrant l’effort fiscal sur les grandes entreprises plutôt que sur l’ensemble du tissu économique.

 

François Lapierre