Carburant : le patron de U appelle pétroliers et État à réduire leurs marges



Jeudi 2 Avril 2026


Face à la flambée des prix du carburant, le patron de U dénonce l'hypocrisie d'un système où distributeurs et État se renvoient la responsabilité. Alors que les enseignes vendent déjà à prix coûtant, l'État engrange des recettes record pour financer l'électrification, ignorant les difficultés quotidiennes des Français.



Carburant : une crise qui révèle l'interdépendance planétaire des prix

La flambée des prix du carburant illustre parfaitement cette réalité d'un monde fini et interconnecté où tout dépend de tout. Dominique Schelcher, patron de Coopérative U, tire la sonnette d'alarme : les distributeurs vendent déjà leur essence à prix coûtant pour rester compétitifs. Dans cette configuration tendue, il lance un appel direct aux pétroliers pour qu'ils prennent sur leurs marges afin de soulager les consommateurs.

Les enseignes de grande distribution naviguent en eaux troubles. Dominique Schelcher l'affirme sans détour : « Le prix coûtant, on y est déjà. On veut être au mieux dans le match des prix donc on serre nos marges ». Cette stratégie de compression maximale des bénéfices révèle l'ampleur de la pression concurrentielle qui s'exerce sur le secteur.

Face à cette situation d'urgence, les distributeurs indépendants se trouvent désavantagés par rapport aux géants intégrés comme TotalEnergies, qui contrôlent l'ensemble de la chaîne, de la production à la distribution. Cette verticalisation permet une maîtrise des marges sur l'amont que ne possèdent pas les autres acteurs du marché.

L'appel aux pétroliers : une redistribution nécessaire

Le patron de Coopérative U ne mâche pas ses mots concernant les compagnies pétrolières : « Je lance un appel aux pétroliers pour qu'ils prennent sur leurs marges pour qu'ils vendent à tous les distributeurs moins chers ». Cette demande s'appuie sur le constat que les producteurs réalisent actuellement des « surmarges » substantielles qu'ils pourraient réduire pour rendre le carburant plus accessible.

Cette sollicitation s'inscrit dans une logique de partage de l'effort face à une crise qui touche l'ensemble de la société. Les pétroliers, positionnés en amont de la chaîne de valeur, disposent de leviers d'action que n'ont plus les distributeurs, déjà contraints de vendre à prix coûtant pour maintenir leur compétitivité.

Au-delà des questions tarifaires, c'est la disponibilité même du carburant qui inquiète. Les stocks actuels ne résisteront pas indéfiniment à la perturbation des approvisionnements mondiaux. Cette perspective d'une pénurie programmée transforme la question des prix en enjeu secondaire face au risque de rupture d'approvisionnement.

Adélaïde Motte
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