Défaillances d’entreprises : pourquoi la France a connu une année noire en 2025



Lundi 9 Février 2026


Les défaillances d’entreprises ont atteint en 2025 un niveau inédit depuis plus d’une décennie. Derrière ce record se dessinent des fragilités structurelles longtemps masquées, un tissu productif affaibli et des perspectives 2026 encore étroitement dépendantes du coût du capital et de l’énergie.



Défaillances d’entreprises : la fin des amortisseurs met à nu les fragilités

L’explosion des défaillances d’entreprises en 2025 s’inscrit d’abord dans une logique de rattrapage. Après plusieurs années de soutien public massif, la normalisation économique a exposé des structures qui survivaient sous perfusion. Selon les analyses bancaires publiées début 2026, la disparition progressive des aides Covid a révélé des bilans dégradés, une trésorerie insuffisante et une rentabilité trop faible pour absorber un environnement plus contraint.

Ce choc est amplifié par la remontée rapide des taux d’intérêt et la persistance de coûts énergétiques élevés. Pour de nombreuses entreprises, en particulier les PME, le renchérissement du crédit a pesé sur la capacité de financement du cycle d’exploitation comme sur les investissements. Dans les secteurs à marges étroites, notamment le bâtiment, le commerce et certains services, l’ajustement s’est traduit par une vague de cessations d’activité, faute de pouvoir répercuter intégralement les hausses de charges.

Défaillances d’entreprises : un tissu économique fragilisé malgré les créations

Si les défaillances d’entreprises progressent fortement, les créations continuent paradoxalement d’augmenter. Ce contraste nourrit une lecture trompeuse de la conjoncture. Une part majoritaire des nouvelles entreprises relève du régime de la micro-entreprise, souvent limitée à une activité individuelle faiblement capitalisée. Ces structures contribuent peu à l’investissement productif, à l’emploi durable ou à la montée en gamme de l’économie.

Dans ce contexte, les perspectives pour 2026 reposent sur un arbitrage délicat. Une stabilisation des taux et une détente durable sur l’énergie pourraient freiner la dynamique des défaillances d’entreprises. À l’inverse, un maintien de conditions financières strictes prolongerait le mouvement de sélection économique déjà engagé. Pour les acteurs du business, l’enjeu n’est plus seulement conjoncturel : il s’agit désormais de distinguer les entreprises capables de s’adapter d’un tissu entrepreneurial de plus en plus fragmenté et vulnérable.

Adélaïde Motte