Disney alerte sur la fréquentation : le tourisme vers les États-Unis fléchit



Mardi 3 Février 2026


Le 2 février 2026, Disney publie ses résultats du premier trimestre de l’exercice fiscal 2026, clos le 27 décembre 2025. Disney met alors noir sur blanc une inquiétude : la fréquentation internationale dans ses parcs domestiques devient un facteur de risque pour les prochains mois, au moment même où la baisse des arrivées étrangères vers les États-Unis se confirme dans les indicateurs sectoriels et où l’administration de Donald Trump multiplie les exigences de contrôle à l’égard des voyageurs.



Disney face au signal d’alerte : la fréquentation étrangère chute

Disney n’emploie pas de formule spectaculaire, mais le message est clair pour les marchés. Dans sa communication investisseurs du 2 février 2026, Disney explique s’attendre à une croissance seulement modeste de la rentabilité de sa division « Experiences » au trimestre suivant, en citant explicitement des « vents contraires » liés à la fréquentation internationale dans ses parcs domestiques. Le détail compte, car Disney s’appuie d’ordinaire sur un mix de clientèle où les visiteurs étrangers pèsent lourd en recettes additionnelles. Disney rappelle aussi qu’il « continue de surveiller la fréquentation internationale » et qu’il ajuste sa stratégie en conséquence, signe que l’incertitude est jugée persistante par Disney et non passagère.

L’alerte de Disney intervient pourtant dans un trimestre favorable. Le segment « Experiences » de Disney affiche un chiffre d’affaires record de 10,0 milliards de dollars et un résultat opérationnel de 3,3 milliards de dollars. Disney souligne aussi une hausse de 1 % de la fréquentation domestique et une progression de 4 % de la dépense par visiteur. Ce couple « fréquentation quasi stable + dépense en hausse » est précisément ce qui inquiète Disney : si la fréquentation baisse côté international, Disney doit compenser davantage par le prix, les services et la dépense sur site, au risque d’atteindre des limites commerciales dans le loisir.

Disney et le tourisme vers les États-Unis : une baisse confirmée

Le contexte sectoriel renforce la prudence de Disney. Le tableau de bord de U.S. Travel Association indique que les voyages entrants « overseas » ont reculé de 1,3 % en décembre 2025 sur un an, après une baisse de 3,5 % en novembre, et que l’année 2025 s’achève sur un recul de 2,5 %, avec un niveau « significativement » inférieur à l’avant-pandémie. Quand le tourisme international ralentit, Disney perd une partie de la clientèle la plus rentable, celle qui planifie longtemps à l’avance, achète des séjours, et consomme davantage par visite, donc celle qui stabilise le parc sur les périodes creuses.

Disney observe une baisse des visiteurs internationaux dans ses parcs aux États-Unis, et donc réoriente ses efforts marketing vers les consommateurs américains faute de visibilité sur la demande étrangère. Reuters rapporte en effet que Disney a mis l’accent sur le marché domestique et relie le recul des touristes étrangers à des politiques d’immigration plus strictes, ce qui contribue à la baisse de fréquentation internationale.

La nouveauté, pour Disney, tient à la façon dont les politiques publiques se transforment en variables de demande. Parmi les mesures qui inquiètent le secteur du tourisme, une proposition de modification du processus d’autorisation de voyage pour les pays dispensés de visa, via l’ESTA, a cristallisé l’attention. Selon une notice publiée au Federal Register en décembre 2025, l’agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP) prévoit d’exiger des voyageurs concernés la communication des identifiants de réseaux sociaux utilisés au cours des cinq dernières années, ainsi que d’autres informations à « forte valeur » pour le contrôle. Reuters précise que la proposition inclut aussi la collecte de toutes les adresses e-mail utilisées sur dix ans et des informations détaillées sur la famille proche. Dans un communiqué du 15 décembre 2025, U.S. Travel Association avertit que cette proposition pourrait avoir un « effet dissuasif » sur les voyages vers les États-Unis. Pour Disney, l’enchaînement est direct : si l’entrée devient perçue comme plus intrusive, la décision de séjour de loisir, plus substituable qu’un déplacement d’affaires, peut basculer au profit d’autres destinations, ce qui accentue la baisse de fréquentation des parcs.

 

François Lapierre