Le 4 mars 2026, à Bruxelles, la Commission européenne a présenté un nouveau plan pour soutenir l’Europe industrielle et répondre à la concurrence mondiale. Cette stratégie, résumée sous l’expression « Made in Europe », vise à renforcer l’industrie européenne et à réduire les dépendances aux importations, notamment venues de Chine. Dans ce contexte géopolitique et économique tendu, l’Europe veut relancer sa base industrielle, soutenir ses entreprises et orienter davantage les investissements publics vers la production locale.
Bruxelles veut renforcer l’industrie européenne face à la Chine
L’Europe cherche désormais à rééquilibrer son modèle industriel. La Commission européenne a dévoilé un projet législatif baptisé « Industrial Accelerator Act » visant à renforcer l’industrie européenne et réduire la dépendance du continent aux importations chinoises, explique Reuters. L'Europe souhaite soutenir ses capacités industrielles, sécuriser certaines chaînes d’approvisionnement et favoriser une production plus locale dans plusieurs secteurs stratégiques.
Concrètement, l’Europe veut introduire des exigences de contenu local dans les marchés publics et dans certaines subventions industrielles. Ainsi, les projets financés par des fonds publics devront intégrer davantage de composants produits en Europe. Cette orientation concerne plusieurs branches clés de l’industrie européenne, notamment l’aluminium, le ciment, l’acier, mais aussi des technologies industrielles majeures comme les éoliennes, les batteries, l’hydrogène ou les véhicules électriques.
Un plan de réindustrialisation pour soutenir l’industrie
L’objectif affiché par l’Europe dépasse la simple protection industrielle, puisque ce plan vise aussi une véritable stratégie de réindustrialisation du continent. Depuis plusieurs années, l’Europe s’inquiète de la perte progressive de ses capacités industrielles face à l’Asie et aux États-Unis, et l’industrie représente aujourd’hui environ 14 % du produit intérieur brut européen.
Cependant, Bruxelles souhaite inverser cette tendance : « Notre objectif est clair : ramener l'industrie à 20 % du PIB européen d'ici 2035 », a déclaré Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne. Ainsi, l’Europe veut stimuler les investissements industriels, renforcer les chaînes de valeur et soutenir la production locale dans les secteurs stratégiques.
Par ailleurs, l’Europe entend mobiliser son puissant levier économique : la commande publique. Les marchés publics européens représentent environ 2 000 milliards d’euros par an. Dès lors, l’Europe pourrait orienter une partie de ces dépenses vers des entreprises produisant sur le territoire européen. Cette stratégie vise à soutenir directement l’industrie européenne et à stimuler les capacités de production sur le continent.
Marchés publics et investissements au cœur du « Made in Europe »
Dans ce cadre, l’Europe envisage plusieurs mécanismes concrets pour soutenir son industrie. Par exemple, certains projets industriels financés par l’argent public pourraient devoir inclure une proportion minimale de composants produits en Europe. Dans certains cas, cette part pourrait atteindre 70 %, notamment pour certaines technologies industrielles comme les véhicules électriques.
De plus, l’Europe prévoit un contrôle renforcé des investissements étrangers dans les secteurs industriels jugés stratégiques. Ainsi, certains investissements dépassant 100 millions d’euros pourraient déclencher un examen approfondi afin de protéger les intérêts industriels européens. Cette mesure vise notamment à éviter des acquisitions jugées sensibles dans des secteurs industriels clés.
Néanmoins, ce projet européen suscite déjà des débats parmi les États membres. En effet, certains gouvernements craignent que ces règles industrielles renforcées puissent alimenter des tensions commerciales ou provoquer des mesures de rétorsion. La Commission européenne devra donc négocier avec les États membres et le Parlement européen avant toute adoption définitive du texte.