Exportations françaises : le décrochage face à l’Allemagne inquiète les entreprises



Lundi 19 Janvier 2026


Les exportations françaises restent nettement inférieures à celles de l’Allemagne. Un rapport du Sénat met en lumière des fragilités structurelles qui pèsent sur la compétitivité des entreprises, malgré un environnement international pourtant porteur.



Exportations : un écart qui pénalise la compétitivité des entreprises françaises

Les exportations constituent un levier central de croissance pour les entreprises. Pourtant, en 2024, les exportations françaises se sont limitées à 645 milliards d’euros, soit près de deux fois moins que celles de l’Allemagne. Ce différentiel s’explique d’abord par le nombre d’acteurs engagés à l’international. La France compte environ 136 000 entreprises exportatrices, contre près de 300 000 outre-Rhin. Cette base plus étroite limite mécaniquement la capacité des entreprises françaises à gagner des parts de marché à l’étranger.

Pour les dirigeants, cette situation traduit un problème de structure. Les exportations françaises reposent essentiellement sur de grands groupes déjà internationalisés, tandis que de nombreuses PME restent dépendantes du marché intérieur. Résultat : les volumes exportés progressent lentement et manquent de régularité, ce qui réduit les effets d’échelle et fragilise la compétitivité globale des entreprises françaises face à leurs concurrentes européennes.

Fiscalité, organisation publique et stratégie : les leviers à activer

Le rapport sénatorial souligne également le poids des coûts supportés par les entreprises françaises. Impôts de production, charges sociales et complexité administrative renchérissent les prix à l’export. Dans un contexte de concurrence accrue, ces surcoûts sont souvent répercutés dans les tarifs, ce qui affaiblit les exportations françaises sur les marchés les plus disputés.

Face à ce constat, le Sénat plaide pour une action publique plus lisible et plus stratégique. Malgré l’existence de dispositifs comme la Team France Export, l’accompagnement reste jugé trop fragmenté pour créer un véritable choc d’exportations. Les sénateurs recommandent notamment une meilleure coordination de l’action de l’État et une approche plus collective, inspirée des modèles allemand et italien, afin de permettre aux entreprises françaises d’exporter plus facilement, plus vite et à plus grande échelle.

Adélaïde Motte