Grève Leboncoin : tensions inédites au sein de la plateforme



Mercredi 18 Mars 2026


Pour la première fois de son histoire, Leboncoin fait face à une grève de ses salariés ce mercredi 18 mars 2026. Derrière ce mouvement social inédit, les tensions internes s’accumulent depuis plusieurs mois. Entre réorganisation, télétravail réduit et inquiétudes sur les conditions de travail, la mobilisation révèle un malaise profond au sein de l’une des plateformes les plus utilisées en France.



Ce mercredi 18 mars 2026, Leboncoin connaît un événement sans précédent. En effet, les salariés de Leboncoin se mobilisent pour une grève nationale, une première dans l’histoire de la plateforme, relève HuffPost. Alors que Leboncoin emploie environ 1 500 salariés en France, ce mouvement traduit une montée des tensions internes dans un contexte de transformations profondes de l’entreprise.


Une grève Leboncoin inédite portée par des revendications sociales

La grève chez Leboncoin s’inscrit dans un contexte de contestation sociale structuré. En effet, ce mouvement est porté par une intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT et Solidaires Informatique, selon Le Parisien. Pour la première fois, Leboncoin voit ses salariés se mobiliser collectivement, ce qui marque une rupture avec son histoire sociale jusqu’ici relativement stable.

Les revendications exprimées par les salariés de Leboncoin s’appuient sur des critiques précises. Les syndicats dénoncent notamment « une succession de décisions qui fragilisent durablement l’organisation du travail », selon l’intersyndicale. Par ailleurs, ils pointent une augmentation de la charge de travail ainsi que des risques psychosociaux, et les salariés de Leboncoin évoquent des changements rapides dans l’organisation interne, ce qui alimenterait un climat d’incertitude croissante.


Leboncoin face à des tensions internes depuis 2024

Depuis le rachat du groupe en 2024 par des fonds d’investissement, la situation chez Leboncoin s’est progressivement tendue. En effet, les salariés de Leboncoin dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail depuis cette opération. La stratégie mise en place depuis 2024 est perçue comme plus orientée vers la rentabilité, avec des impacts directs sur les équipes.

Par ailleurs, la réduction du télétravail constitue un point central de la grève chez Leboncoin. Les représentants syndicaux évoquent « le recul du télétravail, une pression accrue sur les équipes sans compensation », selon la CFDT. L’introduction d’outils de suivi de l’activité est également contestée et ces dispositifs, jugés intrusifs par les salariés de Leboncoin, alimentent les tensions. De ce fait, la combinaison de ces facteurs contribue à un sentiment de perte d’autonomie et de dégradation du cadre de travail.


Une mobilisation Leboncoin encore limitée mais symbolique

Malgré l’ampleur médiatique de cette grève, la participation reste mesurée selon la direction de Leboncoin. Celle-ci affirme que « moins de 10% des collaborateurs se sont déclarés grévistes ». Néanmoins, ce chiffre ne remet pas en cause la portée symbolique du mouvement, puisqu’il s’agit d’une première historique pour la plateforme.

La grève Leboncoin se traduit également par des actions visibles sur le terrain : un rassemblement est ainsi prévu devant le siège parisien de l’entreprise. Cette mobilisation vise à alerter à la fois la direction et l’opinion publique sur les enjeux sociaux internes, et pourrait marquer le début d’un dialogue social plus conflictuel au sein de Leboncoin, alors même que l’entreprise traverse une phase de transformation stratégique.


Jehanne Duplaa