L’influence de Facebook sur le recrutement



Lundi 8 Décembre 2014


L’Agence Nationale de la recherche (ANR) vient de publier le résultat d’une enquête sur l’influence de Facebook dans le recrutement. Il s’avère que les recruteurs consultent les profils pour se faire une idée des candidats.



« En octobre 2014, 1,32 milliard de personnes étaient membres du réseau social Facebook. Tous ces utilisateurs ont dû un jour créé leur "profil", et rendre ainsi publiques certaines de leurs informations personnelles. Quels peuvent être les risques engendrés par la publication de ce type de données sur internet et sur les réseaux sociaux en particulier ? C'est sur ces questions que s'est penché, le projet ESPRI, financé par l'ANR en 2010 dans le cadre du programme Contenus Numériques et Interactions » commence l’Agence Nationale de la recherche par communiqué.
 
Assez logiquement, l’enquête démontre que les recruteurs utilisent les profils Facebook pour se faire une idée sur les candidats à un poste.

Vie professionnelle, vie privée et discrimination

« Les nouvelles techniques et notamment l'utilisation d'Internet comme plateforme d'interactions sociales pose de manière nouvelle les problèmes de vie privée : comment réguler ces problèmes lorsque la cession de données personnelles est le produit d'interactions sociales sur des plateformes numériques dont les services et l'économie reposent sur l'exploitation de ces données ? » résume le communiqué.

Afin de mieux appréhender la situation, les chercheurs « ont mis en place une méthode de travail interdisciplinaire, qui associait les sciences humaines et sociales, l'économie, le droit et la sociologie afin d'analyser les modalités et les conséquences de l'exposition de soi sur internet en réalisant une analyse comportementale des pratiques des offreurs et des utilisateurs de réseaux sociaux. L'un des cas concrets examinés était l'influence du contenu des profils Facebook sur le processus de recrutement. »

Résultat, « la première vague de tests, effectués entre « Thomas Marvaux » (né à Brive-la-Gaillarde et parlant italien) et « Stéphane Marcueil » (né à Marrakech et parlant arabe), a appuyé leur hypothèse : de mars à septembre 2012, sur 230 candidatures envoyées, Thomas Marvaux a obtenu 21,3% de réponses « positives » (invitant à poursuivre le processus d'embauche), tandis que Stéphane Marcueil n'en a obtenu que 13,4%. Le déploiement du nouvel affichage des profils Facebook en décembre 2012 a confirmé leur supposition : ce nouvel affichage reléguait la langue parlée dans une section moins visible du profil, ce qui a eu pour effet d'améliorer les performances du faux candidat né à Marrakech et parlant arabe. »

Joseph Martin