La croissance mondiale menacée par l'escalade au Moyen-Orient
La croissance économique mondiale traverse une nouvelle zone de turbulences. Dans son dernier rapport Global Economic Prospects publié jeudi, la Banque Mondiale révise drastiquement à la baisse ses prévisions pour 2026, anticipant désormais une expansion de seulement 2,5% contre 2,9% précédemment estimé. Une dégradation directement imputable au conflit qui oppose les États-Unis et Israël à l'Iran depuis fin février, plongeant l'économie planétaire dans son ralentissement le plus marqué depuis la pandémie de COVID-19.
L'institution de Washington pointe du doigt les conséquences économiques majeures du conflit géopolitique. La fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran, passage stratégique pour un cinquième des échanges pétroliers et gaziers mondiaux, a déclenché une flambée des prix énergétiques sans précédent depuis 2022. Le baril de Brent devrait ainsi atteindre en moyenne 94 dollars en 2026, soit une hausse vertigineuse de 36% par rapport aux niveaux de 2025.
L'institution de Washington pointe du doigt les conséquences économiques majeures du conflit géopolitique. La fermeture du détroit d'Ormuz par Téhéran, passage stratégique pour un cinquième des échanges pétroliers et gaziers mondiaux, a déclenché une flambée des prix énergétiques sans précédent depuis 2022. Le baril de Brent devrait ainsi atteindre en moyenne 94 dollars en 2026, soit une hausse vertigineuse de 36% par rapport aux niveaux de 2025.
Deux tiers des économies mondiales touchées par les révisions
L'ampleur de la révision frappe par sa systématicité. Les économistes de la Banque Mondiale ont revu à la baisse les perspectives de croissance pour les deux tiers des pays de la planète. Les économies émergentes et en développement subissent de plein fouet le choc externe, leur expansion prévue chutant à 3,6% en 2026, contre 4,4% l'année précédente. Selon Al Jazeera, il s'agit du niveau le plus bas depuis la pandémie pour ces économies.
Les révisions les plus spectaculaires concernent naturellement les pays du Golfe Persique. Les Émirats Arabes Unis voient leurs perspectives s'effondrer de 6,2% en 2025 à seulement 2,4% en 2026, très loin des 5% initialement prévus en janvier. L'ensemble de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord accuse une chute de 2,7 points de pourcentage, ramenant sa croissance attendue à 1,6% contre 4% l'an passé.
Les révisions les plus spectaculaires concernent naturellement les pays du Golfe Persique. Les Émirats Arabes Unis voient leurs perspectives s'effondrer de 6,2% en 2025 à seulement 2,4% en 2026, très loin des 5% initialement prévus en janvier. L'ensemble de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord accuse une chute de 2,7 points de pourcentage, ramenant sa croissance attendue à 1,6% contre 4% l'an passé.
Retour des tensions inflationnistes malgré le ralentissement
Parallèlement au ralentissement de l'activité économique, les tensions inflationnistes se cristallisent à nouveau. L'inflation mondiale devrait bondir à 4% en 2026, contre 3,3% en 2025, alimentée par la hausse des cours énergétiques et des matières premières agricoles. Les prix des engrais, produits dérivés du pétrole, s'envolent, créant un effet domino sur l'ensemble de la chaîne alimentaire mondiale.
Face à la résurgence inflationniste, les banques centrales durcissent leur politique monétaire. La Banque Centrale Européenne a ainsi relevé ses taux directeurs de 25 points de base à 2,25%, malgré un contexte de ralentissement économique. The Guardian souligne que la croissance européenne pourrait être limitée à moins de 1% en 2026.
Vers une récession mondiale dans le scénario pessimiste
L'institution dirigée par Ajay Banga alerte sur les risques de détérioration supplémentaire. Dans un scénario pessimiste où les perturbations énergétiques s'aggraveraient et s'accompagneraient de tensions financières majeures, la croissance mondiale pourrait s'effondrer à 1,3% seulement. L'inflation grimperait alors jusqu'à 4,4%, créant un cocktail explosif de stagflation.
« Une escalade renouvelée des hostilités ou des perturbations plus prolongées des flux de matières premières pourraient encore faire grimper les prix des matières premières, intensifier les pressions inflationnistes et l'insécurité alimentaire, déclencher un stress financier et réduire la croissance », prévient le rapport. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint, souligne la rapidité avec laquelle « les perspectives pourraient se détériorer si les pressions énergétiques et financières se renforcent mutuellement ».
« Une escalade renouvelée des hostilités ou des perturbations plus prolongées des flux de matières premières pourraient encore faire grimper les prix des matières premières, intensifier les pressions inflationnistes et l'insécurité alimentaire, déclencher un stress financier et réduire la croissance », prévient le rapport. Ayhan Kose, économiste en chef adjoint, souligne la rapidité avec laquelle « les perspectives pourraient se détériorer si les pressions énergétiques et financières se renforcent mutuellement ».
Une géographie contrastée des impacts économiques
Les répercussions varient considérablement selon les zones géographiques et les structures économiques. Les États-Unis, grands producteurs d'énergie, maintiennent leurs perspectives à 2,2% pour 2026, bénéficiant d'une relative résilience face au choc pétrolier. La Chine voit sa croissance révisée de 4,4% à 4,2%, tandis que l'Inde conserve son statut de locomotive mondiale avec 6,6% d'expansion attendue, malgré un ralentissement par rapport aux 7,7% de 2025.
L'Afrique subsaharienne figure parmi les victimes collatérales du conflit, particulièrement vulnérable à la hausse des prix alimentaires due aux pénuries d'engrais. La zone euro, déjà fragilisée par ses difficultés structurelles, ne devrait croître que de 0,8% en 2026 contre 1,4% l'année précédente.
L'Afrique subsaharienne figure parmi les victimes collatérales du conflit, particulièrement vulnérable à la hausse des prix alimentaires due aux pénuries d'engrais. La zone euro, déjà fragilisée par ses difficultés structurelles, ne devrait croître que de 0,8% en 2026 contre 1,4% l'année précédente.
Une « décennie perdue » pour les pays en développement
Au-delà des impacts conjoncturels, la Banque Mondiale tire la sonnette d'alarme sur les conséquences structurelles pour les pays en développement. L'institution évoque une « décennie perdue » pour ces économies, dont près de la moitié n'ont pas réussi depuis 2019 à réduire l'écart de revenus avec les nations prospères. À la fin de 2026, un quart des économies en développement devraient être moins riches qu'avant la pandémie.
L'endettement public constitue un facteur aggravant majeur. Depuis 2010, la dette publique globale dans les économies en développement a bondi de moins de 40% du PIB à plus de 70%. Indermit Gill, chef économiste de l'institution, souligne que « plus un pays est déjà endetté, plus les coûts d'emprunt de la dette supplémentaire bondissent ».
L'endettement public constitue un facteur aggravant majeur. Depuis 2010, la dette publique globale dans les économies en développement a bondi de moins de 40% du PIB à plus de 70%. Indermit Gill, chef économiste de l'institution, souligne que « plus un pays est déjà endetté, plus les coûts d'emprunt de la dette supplémentaire bondissent ».