La fin des grands centres commerciaux américains



Mardi 13 Mai 2014


Véritable emblème du mode de vie américain, les grands centres commerciaux sont aujourd’hui victimes de la crise économique et ferment leurs portes les uns après les autres aux Etats-Unis. Leur abandon progressif pourrait aussi être représentatif de la fin d’un modèle de consommation.



(Wikimedia)
Lieux de flâneries pour les familles américaines et des rencontres pour la jeunesse suburbaine, les centres commerciaux font partie intégrante du mode de vie américain depuis la naissance de la société de consommation dans les années 1950. C’est entre-autres leur adoption par les adolescents, porteurs de ce nouveau style de vie, qui a fait leur popularité et leur succès aux États-Unis. Mais les immenses centres commerciaux qui parsèment le pays connaissent de plus en plus de difficultés économiques ; ils ferment un peu partout sur tout le territoire, notamment en raison de leur incapacité à s’aligner sur les prix et le large choix du e-commerce.

La disparition des centres commerciaux est également encouragée par leur abandon par les adolescents américains. Selon la 27ème étude semestrielle du cabinet Piper Jaffray sur le comportement des adolescents américains, leur fréquentation des centres commerciaux a en effet baissé de 30% en dix ans. L’étude souligne que les jeunes se retrouvent maintenant dans les restaurants et non plus dans les centres commerciaux. Victimes de la crise et d’une baisse de leur pouvoir d’achat, les adolescents réduisent probablement leur dépendance et leur addiction aux marques de vêtements à la mode.

On assiste ainsi à la fin d’un modèle de commerce qui a participé au développement des banlieues blanches américaines et grandement contribué au consumérisme massif façon « american way of life », ainsi qu’à sa diffusion dans le monde entier. Mais il est possible d’imaginer quaprès sa mort, le mall ressuscitera et réussira à combiner sa fonction commerciale avec un ancrage local, une dimension communautaire, voir culturelle pour devenir un vrai vecteur d’urbanité. Après avoir davantage favorisé la dimension mercantile que la dimension urbaine, il pourra ainsi se transformer en véritable lieux d’échanges et de polarité urbaine.

Axelle Baudry