Mercedes menacé d'exclusion du marché américain par une législation anti-chinoise
L'industrie automobile mondiale traverse une période de turbulences géopolitiques d'une ampleur inédite. Mercedes-Benz, fleuron du luxe automobile germanique, pourrait se retrouver dans une position des plus inconfortables sur le marché américain. Une proposition de loi bipartisane soumise au Congrès des États-Unis, conçue pour endiguer l'influence chinoise dans le secteur automobile, risque de frapper de plein fouet le constructeur de Stuttgart en raison d'une structure actionnariale que personne, il y a encore dix ans, n'aurait imaginé problématique.
Cette législation, baptisée Motor Vehicle Modernization Act of 2026, vise en premier lieu à barrer la route aux constructeurs automobiles entretenant des liens avec des gouvernements jugés adversaires par Washington. Le paradoxe est saisissant : Mercedes-Benz, entreprise européenne au prestige centenaire et alliée historique des États-Unis, pourrait devenir l'une des premières victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine.
Cette législation, baptisée Motor Vehicle Modernization Act of 2026, vise en premier lieu à barrer la route aux constructeurs automobiles entretenant des liens avec des gouvernements jugés adversaires par Washington. Le paradoxe est saisissant : Mercedes-Benz, entreprise européenne au prestige centenaire et alliée historique des États-Unis, pourrait devenir l'une des premières victimes collatérales de la guerre commerciale sino-américaine.
Un arsenal législatif aux conséquences potentiellement dramatiques
Le projet de loi porté par le représentant républicain Brett Guthrie, élu du Kentucky, se distingue par l'étendue de ses ambitions. Le texte prévoit d'interdire pendant cinq ans la fabrication, la vente ou l'importation de véhicules pour tout constructeur ayant des « intérêts directs ou indirects » avec des gouvernements étrangers qualifiés d'adversaires — parmi lesquels figurent explicitement la Chine, la Russie et la Corée du Nord. Le seuil fatidique est fixé à 15 % : au-delà de ce niveau de participation d'entités contrôlées par ces États, les exemptions prévues par la loi cessent de s'appliquer, quand bien même le constructeur concerné aurait ancré depuis des décennies une activité industrielle sur le sol américain.
Selon les sources interrogées par CNBC, le libellé actuel de la proposition demeure suffisamment flou pour autoriser diverses interprétations. Plusieurs juristes spécialisés et anciens conseillers en politique industrielle estiment toutefois que la rédaction en vigueur pourrait conduire, sans amendement préalable, à une interdiction effective de Mercedes-Benz sur le territoire américain.
Selon les sources interrogées par CNBC, le libellé actuel de la proposition demeure suffisamment flou pour autoriser diverses interprétations. Plusieurs juristes spécialisés et anciens conseillers en politique industrielle estiment toutefois que la rédaction en vigueur pourrait conduire, sans amendement préalable, à une interdiction effective de Mercedes-Benz sur le territoire américain.
Une structure actionnariale complexe qui pose problème
La vulnérabilité de Mercedes-Benz tient à l'architecture même de son capital. BAIC, constructeur automobile contrôlé par l'État chinois, détient aujourd'hui 9,98 % des parts du groupe Mercedes-Benz AG, faisant de lui le premier actionnaire individuel du constructeur allemand. La situation se complique avec la présence de Li Shufu, milliardaire et fondateur de Geely, qui possède 9,69 % supplémentaires via sa société d'investissement Tenaciou3 Prospect Investment. Cumulées, ces deux participations représentent 19,67 % du capital de Mercedes-Benz Group AG — un niveau qui dépasse largement le seuil des 15 % inscrit dans le texte législatif.
Cette configuration, fruit d'investissements stratégiques conduits au cours de la dernière décennie dans un tout autre climat économique et diplomatique, place désormais Mercedes dans une posture précaire face aux nouvelles priorités géopolitiques de Washington. L'ironie est cruelle : une entreprise allemande, dont les relations avec les États-Unis remontent à l'après-guerre, se verrait sanctionnée en raison de prises de participation chinoises parfaitement légales au moment de leur réalisation.
Cette configuration, fruit d'investissements stratégiques conduits au cours de la dernière décennie dans un tout autre climat économique et diplomatique, place désormais Mercedes dans une posture précaire face aux nouvelles priorités géopolitiques de Washington. L'ironie est cruelle : une entreprise allemande, dont les relations avec les États-Unis remontent à l'après-guerre, se verrait sanctionnée en raison de prises de participation chinoises parfaitement légales au moment de leur réalisation.
Un impact économique considérable sur l'emploi américain
Les conséquences d'une éventuelle exclusion de Mercedes-Benz du marché américain iraient bien au-delà des simples statistiques de ventes. Elles menaceraient l'existence même d'un tissu industriel patiemment construit sur trois décennies. L'usine de Tuscaloosa, en Alabama, en est le symbole le plus éloquent. Depuis le lancement de sa production en 1997, ce site a assemblé plus de cinq millions de véhicules — principalement des SUV et crossovers destinés aux marchés nord-américain et mondial. Une seconde installation, en Caroline du Sud, dédiée aux véhicules utilitaires, complète ce dispositif manufacturier. Ensemble, ces deux sites emploient directement plus de 10 000 personnes, auxquelles s'ajoutent les milliers d'emplois indirects générés par l'écosystème de fournisseurs et sous-traitants gravitant autour de ces pôles industriels. En 2025, Mercedes-Benz a écoulé 303 200 voitures particulières et 12 400 véhicules utilitaires sur le sol américain, confirmant le caractère stratégique de ce marché pour le groupe.
Une interdiction entraînerait mécaniquement l'arrêt ou la réorientation de la production dans ces usines, privant l'Alabama et la Caroline du Sud de recettes fiscales substantielles et de milliers d'emplois qualifiés. Les fournisseurs locaux, dont l'activité repose en grande partie sur les commandes de Mercedes, seraient exposés à un effet domino dévastateur. Stephen Ezell, vice-président de l'Information Technology and Innovation Foundation, résume cette contradiction avec une précision chirurgicale : « Si Mercedes devait être inclus dans le projet de loi, je pense que ce serait une conséquence involontaire qui pourrait entraîner des pertes d'emplois et de profits. »
Une interdiction entraînerait mécaniquement l'arrêt ou la réorientation de la production dans ces usines, privant l'Alabama et la Caroline du Sud de recettes fiscales substantielles et de milliers d'emplois qualifiés. Les fournisseurs locaux, dont l'activité repose en grande partie sur les commandes de Mercedes, seraient exposés à un effet domino dévastateur. Stephen Ezell, vice-président de l'Information Technology and Innovation Foundation, résume cette contradiction avec une précision chirurgicale : « Si Mercedes devait être inclus dans le projet de loi, je pense que ce serait une conséquence involontaire qui pourrait entraîner des pertes d'emplois et de profits. »