PER : la collecte de l'épargne retraite atteint un niveau record en 2025



Mardi 17 Février 2026


Le Plan d’épargne retraite (PER) confirme en 2025 son installation durable dans le paysage bancaire français. Avec 12,7 millions de titulaires et 141,1 milliards d’euros d’encours à fin septembre, le PER s’impose comme un produit stratégique pour les réseaux de banque et d’assurance, au cœur des enjeux de collecte, de marge et de fidélisation.



Le PER dépasse 141 milliards d’euros d’encours

Au 30 septembre 2025, le PER totalise 141,1 milliards d’euros d’encours, selon le ministère de l’Économie et des Finances. À la même date, le PER compte « près de 12,7 millions de titulaires », précise le ministère. Ces chiffres confirment la montée en puissance continue du plan dans les bilans des établissements distributeurs.

La dynamique est significative. Les encours du PER progressent d’environ 19 % sur un an, entre septembre 2024 et septembre 2025. Cette croissance traduit à la fois une hausse des cotisations nouvelles et un effet marché sur les supports en unités de compte. En conséquence, le PER devient un vecteur majeur de collecte longue.
 

Le PER individuel, moteur principal de la collecte retraite

Le PER individuel constitue aujourd’hui le cœur du marché. Avec 82,4 milliards d’euros d’encours, il capte l’essentiel des flux d’épargne retraite. Cette domination s’explique par sa flexibilité : ouverture à titre personnel, liberté de versement, arbitrages possibles entre fonds en euros et unités de compte, et sortie en capital ou en rente au moment de la retraite.

Pour les banques, le PER individuel représente un produit à forte valeur ajoutée. Il permet d’ancrer la relation patrimoniale dans la durée. En effet, les montants investis sont bloqués jusqu’à l’âge de départ à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation. Cette caractéristique renforce la stabilité des encours dans le temps.

En parallèle, les PER d’entreprise, qu’ils soient collectifs ou obligatoires, contribuent également à la progression globale. Les 31,7 milliards d’euros d’encours des PER collectifs et les 27,1 milliards d’euros des PER obligatoires témoignent d’une diffusion progressive du plan dans les entreprises. Toutefois, c’est bien l’initiative individuelle qui porte la croissance la plus visible.

Un PER porté par la pression démographique et fiscale

Le succès du PER s’inscrit dans un contexte structurel. Le vieillissement de la population et les interrogations sur le niveau futur des pensions incitent les ménages à renforcer leur épargne retraite. Le PER répond à cette demande par une combinaison d’avantages fiscaux et de souplesse à la sortie.

Le mécanisme est connu des professionnels de la fiscalité. Les cotisations volontaires versées sur un PER peuvent être déduites du revenu imposable, dans des plafonds définis par la réglementation. Cette déductibilité immédiate constitue un levier puissant pour les contribuables fortement imposés. En contrepartie, les sommes seront fiscalisées à la sortie, selon le mode de récupération choisi.

 

Aurélien Lacroix