Pétrole : le coup de bluff de Donald Trump excite les marchés



Vendredi 3 Avril 2020


Sur Twitter, Donald Trump a assuré que l’Arabie saoudite et la Russie discutait d’une éventuelle baisse de la production. Le temps que la Russie démente l’information, le prix du baril a augmenté de 40%. Signe de l’extrême tension et de la guerre des prix qui se joue.



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Le coup de poker n’a pas fonctionné mais il a excité les marchés financiers. « Je viens de parler à mon ami MBS (le prince héritier Mohammed Ben Salmane, NDLR) d'Arabie Saoudite, qui s'est entretenu avec le président russe Poutine. (…) J'espère et je m'attends à ce qu'ils réduisent d'environ dix millions de barils de pétrole, et peut-être nettement plus jusqu'à 15 millions de barils. Ce serait une excellente nouvelle pour tout le secteur pétrolier et gazier » a écrit sur les réseaux sociaux Donald Trump. Une annonce qui a immédiatement fait sauter les cours du pétrole avec des hausses du brut allant jusqu’à 40% pour le Brent de mer du Nord.

Mais en réalite, les tensions qui se jouent dans le secteur sont loin d’être terminées. La Russie et l’Arabie Saoudite refusent depuis des semaines de diminuer la production pour compenser leurs pertes, quitte à plomber les autres producteurs, Etats-Unis en tête. La Russie s’est empressée de démentir, assurant ne pas avoir eu d’échanges avec l’Arabie Saoudite. « La chute de la demande de pétrole provoquée par la pandémie de coronavirus, combinée à une guerre des prix sauvage, laisse donc l'industrie pétrolifère en très mauvaise posture, voire même en mode de survie, selon plusieurs analystes » commente CNews .

Mais la situation du secteur est également handicapée par les supputations excessives de commentateurs qui annoncent la fin d’une ère concernant le pétrole. Annoncée depuis des années sans que cela se concrétise dans les faits, les arguments habituels sont portés par les circonstances exceptionnelles que nous rencontrons. Pourtant, quand le confinement n’aura rien apporté de fondamental dans le développement des énergies alternatives. Et quand l’activité économique reprendra, la demande de pétrole repartira à la hausse. D’autant que les niveaux d’endettement records des États devraient avoir un impact à moyen terme sur les investissements nécessaires pour la transition énergétique. 

Joseph Martin