Carnets du Business


           

Rossignol, entre relocalisation et diversification




Mardi 3 Septembre 2013


L’acquisition par le fonds norvégien Altor de 80 % de l’entreprise anciennement détenu par le fonds d'investissement australien Macquarie vient appuyer la stratégie de la marque de ski française qui entend développer son activité dans le domaine du textile. Après une phase de relocalisation en France et une progression positive de ses résultats, Rossignol s’oriente vers une activité dessaisonnée. La cession a été planifiée pour l’automne 2013, sous réserve d’acceptation des autorités de la concurrence.



La phase de relocalisation

Crédit photo : Dbenbenn
Crédit photo : Dbenbenn
Rossignol a fait état de bons résultats lors de l’exercice clos en mars 2013, avec un chiffre d’affaires d’environ 208 millions d’euros et surtout un résultat net de 5 millions d’euros (contre 3 millions en 2011). Il y a cinq ans, le fonds d’investissement Macquarie avait acquis Rossignol à Quicksilver pour une centaine de millions d’euros. Si son chiffre d’affaires était alors plus important, l’entreprise qui compte Dynastar, les fixations Look et les chaussures de ski Lange parmi ses actifs, possédait une dette de 300 millions d’euros. Dès 2009 la société a connu une phase de restructuration avec des suppressions de postes (200 emplois en France et 400 dans le monde). Parallèlement, une phase de relocalisation se met en place : au début 60 000 paires de skis sont réalisées à Sallanches en Haute-Savoie, sur les 900 000 paires produites par an, et aujourd’hui ce sont 300 000 paires qui sont produites sur le site. Les deux autres tiers de la production étant produits à Artès en Espagne et en Chine. Désormais 700 personnes travaillent en France (pour 1200 personnes dans le monde). Mais cette relocalisation ne doit pas faire oublier la réduction drastique des effectifs qu’a subie Rossignol ; il y avait encore 600 employés à Sallanches en 1998, il n’y en a plus que 180 aujourd’hui. Mais c’est aussi parce que le travail a changé. Autrefois par exemple, l’affinage du noyau en bois du ski était principalement réalisé de manière manuelle. Aujourd’hui ce sont des machines qui réalisent pour la plus grande partie le procédé.
 
Par ailleurs, l’accent a été placé sur les produits fabriqués en France comme un argument marketing, puisque les skis possèdent tous l’incrustation du macaron « Born in Chamonix Mont-Blanc » qui est aussi un gage de qualité pour les consommateurs. Le potentiel de la marque française a donc intéressé le fonds Altor, qui a notamment participé à la croissance d’Helly Hansen (une marque norvégienne de vêtements à destination d’un usage nautique). Une synergie intéressante, puisque Rossignol souhaite développer ses activités dans le secteur du textile réintégrées depuis 2012 au sein de ses activités.

Une ambition dans le domaine du textile

L’Australien Macquarie et le Norvégien Altor sont alors en discussion exclusive afin de céder 80 % de Rossignol au profit du second fonds. L’entreprise française réalise 90 % de son chiffre d’affaires sur le matériel de ski. Cette acquisition se caractérise comme un élément stratégique de la marque favorisant la réalisation d’une nouvelle phase de développement davantage axée sur le secteur du textile. L’objectif est de diversifier les activités d’hiver vers d’autres, moins dépendantes des saisons que les sports d’hiver. Les conditions du secteur du ski font en effet beaucoup fluctuer les productions en fonction des aléas météorologiques. Cette orientation ne signifie pas pour autant un abandon de son cœur de métier. En plus du développement des textiles outdoor, Rossignol a pour ambition de se positionner sur le marché des raquettes de tennis ou des vélos dans un avenir proche. Bruno Cercley, président du groupe Rossignol, projette d’ailleurs de réaliser un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros pour la seule activité textile d’ici cinq à six ans.

La rédaction





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