Allemagne : Renault n'a plus le droit de vendre ses Clio et Mégane



Lundi 9 Février 2026


Le 6 février 2026, un tribunal régional allemand siégeant à Munich a ordonné la suspension de la vente de certains modèles Renault en Allemagne. Cette décision judiciaire, immédiatement contestée par Renault, concerne directement deux voitures emblématiques du groupe, la Clio et la Mégane. À l’origine de cette interdiction, un litige de brevets intenté par l’entreprise américaine Broadcom, qui accuse le constructeur automobile d’utiliser une technologie protégée sans licence valide.



Renault interdit de vendre certaines voitures en Allemagne

La décision rendue par le tribunal régional de Munich constitue un événement rare dans le secteur automobile européen. Elle impose à Renault de suspendre la vente de voitures Renault Clio et Mégane sur le marché allemand, au motif d’une violation présumée de droits de propriété intellectuelle. Contrairement à des interdictions liées à des rappels de sécurité ou à des normes environnementales, cette mesure repose exclusivement sur un différend de brevets, selon les informations rapportées par Reuters.

Le cœur du litige porte sur l’utilisation de connexions Ethernet embarquées dans les véhicules. Ces technologies de communication interne, devenues standards dans les architectures électroniques modernes, permettent l’échange de données entre les différents systèmes de la voiture. Broadcom affirme détenir des brevets couvrant ces technologies et estime que Renault ne disposerait pas de la licence nécessaire pour les exploiter. Le tribunal allemand a jugé cet argument suffisamment sérieux pour ordonner une interdiction de vente, sous réserve toutefois de conditions strictes.

Le tribunal a exigé que Broadcom verse une caution de plusieurs millions d’euros afin que la décision puisse être appliquée. Selon Reuters, cette exigence vise à protéger Renault contre les conséquences financières d’un arrêt des ventes qui pourrait être annulé en appel. Tant que cette caution n’est pas versée, la vente de voitures Renault en Allemagne peut, en pratique, se poursuivre.

Clio et Mégane : des modèles stratégiques au cœur du conflit

Le choix des modèles concernés par l’interdiction n’est pas anodin. La Clio et la Mégane figurent parmi les voitures Renault les plus diffusées en Europe. Elles jouent un rôle central dans la stratégie commerciale du constructeur, notamment en Allemagne, où le marché est à la fois très concurrentiel et structurant en termes d’image industrielle. Une suspension durable de leur vente fragiliserait la position de Renault face aux constructeurs allemands, mais aussi face à ses concurrents européens et asiatiques.

Selon Auto Plus, Renault conteste non seulement l’interprétation du tribunal, mais également la validité même du brevet invoqué par Broadcom. Le groupe a engagé plusieurs procédures visant à faire annuler ce brevet, estimant qu’il ne répondrait pas aux critères de nouveauté ou qu’il relèverait de technologies devenues standards dans l’industrie. Cette stratégie de contre-attaque judiciaire est classique dans les conflits de propriété intellectuelle, mais elle souligne l’intensité des enjeux économiques associés à la vente de ces voitures Renault.

Pour Renault, les conséquences potentielles de cette interdiction de vente en Allemagne sont multiples. À court terme, une application effective de la décision pourrait perturber les réseaux de distribution, créer de l’incertitude chez les concessionnaires et retarder les livraisons de voitures Renault aux clients allemands. À moyen terme, un précédent juridique défavorable pourrait être invoqué dans d’autres pays européens, même si les systèmes judiciaires nationaux restent indépendants. Renault a réagi rapidement pour contenir ces risques. « Nous contestons vigoureusement cette décision et nous allons faire appel sans délai », a déclaré le groupe dans un communiqué cité par Reuters.


 

Paolo Garoscio