Carnets du Business


           

La formation supérieure au management, une « industrie » comme une autre ?

Fenêtre sur l’enseignement supérieur et la recherche en management




Lundi 10 Février 2014


Les Ecoles de management françaises sont-elles préparées sur le plan managerial au passage d’une logique de co-opétition pratiquement consubstantielle à l’organisation de leur filière (mutualisation historique sur le recrutement) à des logiques d’intégration horizontale destinées à faire émerger de nouveaux établissements partant à la conquête du monde avec bien souvent de nouvelles marques ? L’effet compétitif en est-il à coup sûr garanti ?




La formation supérieure au management, une « industrie » comme une autre ?
Par Tamym Abdessemed, Directeur Académique et de la Recherche d'ICN Business School

Depuis quelques années, l’enseignement supérieur au management français est en bouleversement profond, et il semble que le phénomène s’accélère résolument depuis deux ou trois années … Mise en route de fusions importantes entre Ecoles, absorptions d’Ecoles ou de programmes notamment bachelors, des recompositions, des déclassements d’Ecole par pertes d’accréditations nationales ou internationales. Rien ne sera donc plus comme avant et c’est peu de le dire !

L’enseignement du management sous forte pression concurrentielle

Il semble en effet que le sage et protégé système des écoles de commerce franco-françaises fortement territorialisé, à dominante consulaire, s’est littéralement emballé par sa confrontation externe aux référentiels internationaux mais aussi en raison de sa dynamique concurrentielle propre. Après une dizaine d’années d’ascension collective des Ecoles de management françaises (rappelons-nous le FT titrant il y a quelques années « French domination » en évoquant les Masters pré-expérience en management, domination plus relative aujourd’hui du reste) et d’internationalisation rapide par l’obtention des accréditations internationales pour lesquelles elles étaient peut-être les moins préparées, les institutions semblent anticiper une concurrence exacerbée qui les poussent à agir tous azimuts.

La France, après une décennie de réformes, de fusions universitaires, et d’ouverture de ses écoles aux standards internationaux, serait-elle devenue championne du changement, malgré la réputation conservatrice qu’on lui prête volontiers ?

Une course à la taille désormais engagée … mais avec quelle performance ?

Les économistes industriels et les stratèges nous enseignent que dans un oligopole, lorsque la pression concurrentielle s’accroît, lorsque le secteur présente un fort mouvement de globalisation, et lorsqu’il est à forte intensité capitalistique (investissements, marque, …), alors immanquablement on observe un mouvement de concentration intense avec un effet boule de neige relativement rapide et prévisible, parfois un peu abusivement assimilé à du mimétisme. Le secteur de la formation supérieure au management serait-il donc une « industrie » comme une autre ? Nos Ecoles sont-elles devenues des entreprises éducatives conduites par des actionnaires comme les autres ? Derrière cette question, en filigrane, se pose celle de savoir s’il y a un lien entre la taille des institutions et leur compétitivité, et ce débat en induit immédiatement  un autre sur les critères de performance eux-mêmes.

Mais donner une définition à la performance dans un secteur aussi complexe que celui de l’éducation n’est pas aisé : empruntant au bien public comme au service marchand, présentant aussi la particularité que ses « clients » sont à la fois les recruteurs et les formés, sa complexité se retrouve dans des « business models » mêlant toutes les lignes de financement possibles (consulaires, publics, privés, entreprises, fondations, anciens, réponse à des appels d’offre, ….). L’impératif de maîtrise budgétaire se conjugue à des critères d’excellence académique devenus précis et à des classements (rankings) puissants et influents faisant émerger des critères dominants. Si la taille peut indéniablement conférer une consistante dans une activité de matière grise (rappelons-nous qu’il y a vingt ans, certaines Ecoles avaient 15 à 20 professeurs permanents !), elle n’est sans soulever un certain nombre de questions difficiles parce qu’aux réponses assez ambivalentes.

La Rédaction





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