Carnets du Business


           

​Pourquoi Bouygues a refusé la proposition d’Altice




Mercredi 24 Juin 2015


Le refus de Bouygues à la proposition d’Altice, le propriétaire de SFR a soulagé le gouvernement et l’Elysée. Au-delà des raisons stratégiques, les dommages collatéraux sur l’emploi et le risque d’une position dominante dans un secteur ultra concurrentiel ont pesé dans la balance.



Bouygues a refusé la proposition d’Altice. Les dix milliards mis sur la table n’ont rien changé, la maison-mère de Numericable-SFR n’a pas convaincu. Malgré les difficultés que rencontre le groupe Bouygues avec sa filiale télécom, le groupe a fait savoir qu’il comptait s’occuper lui-même de l’avenir de la société. Pas une surprise puisque Martin Bouygues avait déclaré à plusieurs reprises ne pas être vendeur, la déclaration de refus a cependant été un vrai soulagement pour beaucoup.

Au-delà de cette explication, le groupe a estimé qu’un rachat par Altice déséquilibrerait ce secteur ultra concurrentiel. « Aucune réponse pleinement satisfaisante n'est apportée par Altice sur ce sujet essentiel qui serait étudié en détail par l'Autorité de la concurrence » explique un communiqué qui estime que le refus du gendarme de la concurrence. « Et pour illustrer sa capacité à rester indépendant, le groupe de BTP souligne que Bouygues Telecom a les moyens de retrouver à l'horizon 2017 une marge d'Ebitda de 25% minimum, son niveau de 2011, avant la guerre des prix qui a suivi l'arrivée de Free » ajoute l’agence d’informations Reuters.
 

Emplois en danger

En cette période où les emplois sont devenus rares, une telle opération a beaucoup inquiété. En effet continue Reuters,  « les ambitions d'Altice et de son patron Patrick Drahi se sont vite heurtées aux réticences du gouvernement français qui redoutait qu'un rachat de Bouygues Telecom n'entraîne d'importantes suppressions de postes ainsi qu'une baisse des investissements dans les réseaux très haut débit. »

Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, avait expliqué mardi aux députés craindre pour l’emploi : « il est à peu près évident qu'il y aura des destructions d'emploi à cause de cette opération. C'est ce qu'on appelle joliment des synergies. »

Enfin, s’interroge Europe 1 , « En a-t-on vraiment fini des tentatives de regroupement entre opérateurs ? » Etant donné l’ultra concurrence du marché rien n’est moins certain, répond la radio.

Joseph Martin





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