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Air France : l’État prêt à alléger la dette, un signal fort pour les marchés




Jeudi 15 Janvier 2026


L’État envisage d’effacer une partie de la dette d’Air France héritée du Covid. Derrière cette décision budgétaire, un enjeu clé pour les marchés : renforcer le bilan d’un groupe redevenu rentable et sécuriser sa trajectoire financière dans un secteur aérien encore volatil.



Allègement de la dette d’Air France : un ajustement financier ciblé

L’allègement envisagé par l’État porte sur un montant pouvant atteindre 727,8 millions d’euros de créances publiques liées aux aides accordées pendant la crise sanitaire. Intégrée au projet de loi de finances pour 2026, cette mesure permettrait à Bercy d’abandonner tout ou partie de ces créances, sous réserve de validation parlementaire. Pour Air France, l’enjeu est clair : alléger un passif hérité d’un choc exogène exceptionnel.

Sur le plan strictement financier, cette remise de dette améliorerait immédiatement la structure bilancielle du groupe Air France-KLM. Fin septembre 2025, la dette nette s’élevait encore à 7,8 milliards d’euros. Une réduction de près de 730 millions d’euros renforcerait les ratios d’endettement, faciliterait l’accès au financement et offrirait davantage de marges de manœuvre dans un contexte de taux durablement plus élevés qu’avant la pandémie.

Un choix stratégique de l’État actionnaire

Cette décision s’inscrit dans la logique d’un État actionnaire soucieux de la compétitivité de ses actifs stratégiques. Air France est redevenue bénéficiaire depuis 2022, mais reste exposée à des risques structurels : volatilité du prix du carburant, pression concurrentielle accrue et exigences croissantes en matière d’investissements environnementaux. En effaçant une partie de la dette, l’État réduit le poids du passé et sécurise la capacité du groupe à investir.

Pour les investisseurs et les observateurs du secteur, le message est double. D’un côté, l’État confirme qu’il ne laissera pas fragiliser un acteur clé du transport aérien européen. De l’autre, cette opération rappelle que certaines aides publiques peuvent, à terme, se transformer en soutien durable au bilan. Un précédent scruté de près dans un contexte où la discipline budgétaire de l’État français reste sous tension, mais où la stabilité financière des grands groupes stratégiques demeure une priorité assumée.


Dans cet article : air france, dette



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