Le 6 janvier 2026, la Chine a annoncé un durcissement immédiat de ses contrôles à l’exportation vers le Japon. Sont désormais interdits les biens à double usage, civils en apparence mais susceptibles de renforcer les capacités militaires japonaises. Cette décision intervient alors que Tokyo accélère son réarmement et que Pékin durcit sa posture sécuritaire régionale.
La Chine transforme le contrôle des exportations en outil sécuritaire
La nouvelle réglementation chinoise repose sur une logique extensive. Pékin interdit toute exportation de biens, technologies ou logiciels pouvant bénéficier directement ou indirectement à l’armée japonaise. Selon le ministère chinois du Commerce, cette mesure répond à des impératifs de sécurité nationale et s’inscrit dans le cadre du contrôle des biens sensibles, une pratique que la Chine affirme conforme aux standards internationaux.
Toutefois, l’absence de liste officielle des produits concernés crée une incertitude majeure. Les entreprises japonaises, notamment dans l’électronique avancée, la robotique et l’aéronautique, peinent à identifier les chaînes d’approvisionnement désormais menacées. D’après Reuters, la Chine conserve volontairement une définition large du renforcement militaire, ce qui permet une application flexible et potentiellement extensive de l’interdiction.
Les terres rares, levier central de la pression chinoise
Derrière les biens à double usage, la question des terres rares occupe une place centrale. Ces matériaux sont indispensables à la production d’aimants de haute performance, de capteurs et de moteurs utilisés dans les systèmes d’armes modernes. Or, plus de 70 % des importations japonaises de terres rares proviennent de Chine, selon Channel News Asia, ce qui confère à Pékin un pouvoir de contrainte considérable.
Les conséquences économiques potentielles sont lourdes. Des analystes estiment qu’un blocage prolongé pourrait entraîner une perte d’environ 660 milliards de yens pour l’économie japonaise sur trois mois, soit près de 4,2 milliards d’euros. L’industrie de défense japonaise, fortement dépendante de ces matériaux stratégiques, se retrouverait en première ligne, avec des risques de retards de production et de hausse des coûts.
Un signal politique adressé à Tokyo et à l’alliance américaine
La décision chinoise ne se limite pas à une logique industrielle. Pékin critique ouvertement les positions japonaises sur Taïwan et son alignement croissant avec la stratégie américaine dans la région. Selon l’agence officielle Xinhua, certaines déclarations japonaises sont perçues comme une remise en cause directe du principe d’une seule Chine, considéré comme non négociable par les autorités chinoises.
À Tokyo, la réponse a été ferme. Le gouvernement japonais a dénoncé une décision jugée incompatible avec les pratiques commerciales internationales et a déposé une protestation diplomatique officielle. Le secrétaire général du cabinet japonais, cité par Reuters, a qualifié la mesure d’absolument inacceptable, soulignant qu’elle cible spécifiquement le Japon. Dans le même temps, Tokyo étudie des solutions de diversification industrielle afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, un chantier stratégique qui nécessitera des investissements lourds et du temps.

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