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Embargo russe, les paysans français inquiets




Mardi 19 Août 2014


La Russie a mis en place des mesures de restriction sur les produits agroalimentaires de l’Union européenne en réaction aux sanctions prises par les occidentaux. Dans un communiqué la Confédération paysanne s’inquiète des conséquences de cette situation et interroge le principe de la production dédiée à l’exportation.



Les analystes économiques et géopolitiques ont largement commenté la réplique russe face aux sanctions occidentales. En mettant en place un embargo sur les produits agroalimentaires de l’Union européenne, Moscou a choisi de frapper là où les européens sont les plus fragiles, c’est à dire sur le malaise social et les inquiétudes des agriculteurs.
 
Par communiqué, la Confédération paysanne a commenté cette situation en s’inquiétant des conséquences à court et moyen termes : « Suite aux mesures de représailles prises par les occidentaux dans le cadre de la crise ukrainienne, la Russie a mis en place un embargo sur les produits issus de l'agroalimentaire. Cet embargo concerne entre autre l'Union européenne, et ses produits : la viande, les produits laitiers et les fruits et légumes. L'ensemble de ces produits, privé de débouchés à l'export, va donc se retrouver sur le marché intérieur avec des conséquences négatives sur les filières concernées. »

« Vocation exportatrice de la France »

Plus loin les paysans n’hésitent pas à critiquer la politique de la France et la vision des autorités européennes du secteur primaire. Selon les auteurs du texte, « La vocation exportatrice de la France que nos dirigeants, sous couvert de compétitivité accrue, nous vendent comme la seule voie d'avenir possible pour notre agriculture, montre là toute l'étendue de ses limites. En effet, comment peut-on imaginer construire un système de développement agricole sur des marchés soumis à autant d'aléas ? Quand ce modèle fonctionne, les rentrées de devises sont saluées mais quand il ne fonctionne plus, ce sont les paysans qui trinquent. Qui s'en soucie ? »

Dans sa volonté de déstabilisation, la Russie aurait pu choisir des secteurs qui représentent plus en termes d’intérêts financiers. La particularité du secteur agroalimentaire, le nombre d’emplois et la fragilité du secteur, ont convaincu les autorités du pays qu’il s’agissait d’un moyen de pression plus efficace que l’automobile ou le luxe par exemple.
 
 
 

Joseph Martin





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