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En 2010, les investissements directs étrangers (IDE) en Europe dépassent les niveaux d’avant crise




Mercredi 1 Juin 2011


Etude Ernst & Young: un rebond qui ne se vérifie pas sur le nombre d’emplois créés par les IDE, en baisse de 40% depuis 5 ans...

L’année 2010 marque une forte reprise des investissements étrangers en Europe comme le montrent les résultats de la 9ème étude annuelle d’Ernst & Young consacrée à l’attractivité du marché européen (European Attractiveness Survey). Outre l’analyse des investissements internationaux en Europe réalisés en 2010, cette étude s’appuie sur une enquête menée auprès de 812 dirigeants du monde entier, interrogés sur leurs projets d’investissement à l’international dans les dix prochaines années.



Le nombre d’implantations internationales a augmenté de 14 % en Europe, passant de 3303 en 2009 à 3757 en 2010. Les investissements en provenance de l’étranger ont progressé dans la majorité des 43 pays européens concernés par l’étude. Les créations d’emploi directement imputables à ces investissements ont augmenté en conséquence de 10%, atteignant le nombre de 137 337.
Les investissements en provenance des pays d’Asie (et plus particulièrement la Chine, l’Inde, la Corée du sud ou encore le Japon) ont significativement développé leurs investissements en Europe. Les investissements effectués par la Corée du sud sont une bonne illustration de la dynamique d’investissements de la zone Asie en Europe. La Corée du sud a été en 2010 à l’origine de 67 projets et de 4% du total des emplois créés (soit 5 147 emplois).
Marc Lhermitte, Associé et responsable de l’étude d’Ernst & Young commente « Après une chute significative des investissements au pire de la crise, les investisseurs font un retour en force en Europe, dans le sillage des États-Unis. Par ailleurs, les investisseurs des pays en forte croissance, principalement chinois et indiens, ont été nombreux à choisir, en 2010, de s’implanter dans l’un des 43 pays européens. Reste pour l’Europe à conserver cet élan, dans un environnement international toujours plus concurrentiel ».

Le Royaume-Uni et la France en tête, l’Allemagne challenger !

Le Royaume-Uni et la France restent les premières économies européennes les plus attractives, avec respectivement 728 et 562 projets d’IDE, soit une hausse de 7 % et 6 %. Mais l’Allemagne s’est particulièrement distinguée en 2010, avec une progression de 34 %, elle a attiré 560 projets et se trouve désormais en position de défier la France pour la deuxième place.
Les pays d’Europe centrale et orientale ont également vu les investissements progresser fortement en 2010. La hausse à deux chiffres en Russie, Pologne, Hongrie et dans les pays baltes est le reflet de la forte reprise économique dont bénéficie la région et de la capacité de celle-ci à attirer toujours plus de projets.

A contrario, le Portugal, la Grèce et l’Espagne ont enregistré un déclin du nombre de projets, la Russie ravissant à l’Espagne sa place de quatrième pays européen d’accueil des IDE. L’Irlande, quant à elle, confirme sa compétitivité sur le long terme, sa politique en matière de fiscalité et de main d’œuvre hautement qualifiée se traduisant par une hausse de 36 % des projets d’IDE en 2010.

Automobile et énergies renouvelables sont les principaux secteurs bénéficiaires des IDE en 2010

Les secteurs affectés en 2009 par la crise ont bénéficié d’un très net rebond des IDE en 2010. Dans le secteur automobile, les investissements ont été multipliés par deux, pour représenter 25 % des emplois générés par des projets d’IDE en Europe. Dans les services aux entreprises et l’informatique, la hausse a été de 15 %, soit une progression des créations d’emploi de 65 %. Dans le même temps, l’Europe a attiré 204 projets dans le domaine des énergies renouvelables, enregistrant ainsi une augmentation de 29 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, l’embellie n’a pas été générale : les secteurs de l’alimentaire (-11%), de la pharmacie (-12%), des minéraux (-9%) et des télécoms (-10%) — qui s’étaient pourtant mieux comportés en 2009, comparativement — ont accusé une diminution du nombre de projets en 2010.

Mark Otty, Area Managing Partner d’Ernst & Young pour l’Europe, le Moyen-Orient, l’Inde et l’Afrique commente, « Cette capacité de l’Europe à continuer d’attirer les investisseurs dans un large éventail de secteurs -de l’automobile aux services, en passant par les cleantechs- est la preuve que son attrait ne faiblit pas ».

Les Etats-Unis, premiers investisseurs en Europe avec 26% du total des projets d’IDE et 28% des emplois créés.

La reprise des investissements provenant des Etats-Unis, avec un nombre record de 972 projets annoncés, a largement tiré la croissance des investissements étrangers en Europe en 2010. En matière de projets d’investissement intra-européens, on note une forte progression du Royaume-Uni, de la Suisse et des Pays-Bas. Enfin, à l’extérieur de l’Europe, la hausse la plus sensible est à mettre au crédit de l’Inde et de la Corée du Sud (32 et 148 % respectivement).

Quelles perspectives pour 2011 ?

A l’instar de la confiance qui revient en Europe, les 812 dirigeants internationaux du panel font part d’un certain optimisme quant aux perspectives d’investissement en Europe. Le nombre d’entreprises désireuses d’investir cette année a augmenté de 5 % cette année, tandis que le pourcentage des entreprises déclarant n’avoir aucun projet de ce type a baissé de 6 %. « Un tiers des dirigeants interrogés a déclaré son intention d’investir en Europe cette année. La moitié d’entre eux envisage de développer des activités existantes et un quart d’investir dans une acquisition ou une joint-venture. Les investisseurs pensent que les secteurs de l’informatique et des technologies propres seront les fers de lance de la croissance européenne dans les deux années à venir », indique Marc Lhermitte.
Les dirigeants interrogés ont confirmé que la Chine restait le pays le plus attractif, devant l’Europe occidentale. Pour les trois années à venir, ils renouvellent leur confiance vis-à-vis de l’Europe, anticipant que l’Europe occidentale rejoindra la Chine au premier rang. L’Inde et le Brésil marquent aussi quelques points en termes de confiance de la part des investisseurs.

Lorsqu’ils sont interrogés sur la ville capable d’occuper selon eux le premier rang mondial dans le domaine de l’innovation, la réponse des dirigeants interpelle davantage. Sur le long terme, Londres est la seule ville européenne à figurer à leur palmarès des dix villes les plus innovantes.
Mark Otty conclut en ces termes : « Dorénavant, l’Europe en tant que destinataire des investissements étrangers est en concurrence avec les économies à forte croissance. Celles-ci mènent de front la recherche de nouveaux investissements et les investissements en interne pour favoriser la croissance. Pour rester attractive, l’Europe doit poursuivre une politique économique compétitive tout en investissant dans la formation d’une main-d’œuvre très qualifiée et à la pointe de l’innovation. »


Source: E&Y

Méthodologie

L’étude d’Ernst & Young sur l’attractivité du marché européen en 2011 s’appuie sur une méthodologie originale en deux parties qui reflète :

D’une part, ce qui attire véritablement les investisseurs étrangers en Europe. Notre évaluation de la réalité des IDE en Europe est fondée sur l’European Investment Monitor d’Ernst & Young. Cette base de données permet un suivi des projets d’IDE ayant abouti à la création de nouvelles entreprises et/ou de nouveaux emplois. Le parti pris d’exclure les investissements de portefeuille, les fusions et les acquisitions permet de mettre en évidence la réalité des investissements des entreprises étrangères dans les activités de fabrication ou de services sur le continent.

D’autre part, l’attractivité de l’Europe et de ses concurrents telles qu’elle est perçue par les investisseurs étrangers. Cette attractivité est la combinaison de l’image du pays/de la zone, de la confiance des investisseurs et de la perception de la capacité du pays/de la zone à offrir les conditions les plus avantageuses aux IDE. L’enquête téléphonique menée par l’Institut CSA entre janvier et février 2011 a porté sur un panel représentatif de 812 décisionnaires du monde entier.

Les Cdb




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