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Energie : le gouvernement dévoile des aides étendues




Vendredi 22 Mai 2026


Le gouvernement a annoncé un plan d'aides de 710 millions d'euros pour faire face à la crise énergétique, portant l'effort total à 1,2 milliard d'euros. Ces mesures ciblent les secteurs les plus vulnérables et introduisent de nouveaux dispositifs pour les aides à domicile et les fonctionnaires.



Le gouvernement dévoile un plan d'aides de 710 millions d'euros face à la crise énergétique

Face aux répercussions économiques persistantes de la crise au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté, jeudi 21 mai, un arsenal de mesures d'une ampleur inédite pour soutenir les secteurs les plus exposés à la flambée des prix de l'énergie. Cette batterie de dispositions chiffrée à 710 millions d'euros  s'inscrit dans un effort budgétaire global de 1,2 milliard d'euros, destiné à amortir les effets d'une instabilité géopolitique dont les conséquences économiques s'approfondissent de mois en mois.

« Notre obsession, c'est que le pays doit tourner », a martelé le chef du gouvernement lors de cette première conférence de presse depuis son installation à Matignon. Une séquence qu'il a lui-même qualifiée de « changement d'échelle et d'ampleur », à la mesure d'un conflit qui s'éternise et dont le choc énergétique continue de peser sur les ménages comme sur les entreprises.

Prolongation et extension des aides sectorielles existantes

Le dispositif retenu privilégie une approche résolument ciblée, écartant toute baisse générale de la fiscalité sur les carburants. Les secteurs déjà accompagnés voient leurs aides reconduites pour trois mois supplémentaires, jusqu'à la fin du mois d'août.
Les pêcheurs conservent ainsi un soutien de 30 à 35 centimes par litre de gazole, tandis que les agriculteurs maintiennent leur aide de 15 centimes par litre pour le gazole non routier. Le secteur du bâtiment et des travaux publics bénéficie quant à lui de la reconduction d'une aide de 20 centimes par litre, et les transporteurs voient leur guichet forfaitaire prolongé, pour un coût mensuel estimé à 55 millions d'euros.
Une extension notable mérite d'être soulignée : dans le BTP, le dispositif d'aide s'élargit désormais aux entreprises de moins de 50 salariés, contre un seuil de 20 salariés jusqu'alors. Selon le ministre délégué aux PME Serge Papin, cette mesure concernera 30 000 entreprises supplémentaires, renforçant significativement le périmètre de l'intervention publique dans ce secteur particulièrement exposé.

De nouveaux bénéficiaires intègrent le périmètre d'intervention

L'innovation majeure de ce plan réside dans l'extension des aides à des catégories professionnelles jusqu'alors exclues, mais dont l'activité implique une dépendance structurelle à la mobilité. Les aides à domicile verront ainsi leurs indemnités kilométriques revalorisées de manière pérenne — une mesure équivalant, selon la ministre de la Santé Stéphanie Rist, à une prise en charge de 20 centimes par litre d'essence. Un dispositif de leasing automobile social, spécifiquement conçu pour ces professionnels, sera par ailleurs déployé avec l'objectif affiché « d'aider ces professionnels à accéder aux voitures électriques sans apport, avec un loyer cible de 50 à 90 euros par mois », selon les termes de la ministre.
Le secteur public bénéficie également de ce rééquilibrage. Le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel a annoncé une majoration des indemnités de déplacement pour les fonctionnaires utilisant leur véhicule personnel, effective du 1er juin au 31 décembre. Cette revalorisation, équivalant à 20 centimes par litre de carburant, concernera notamment les enseignants remplaçants, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et les agents hospitaliers contraints à des déplacements réguliers.

Renforcement significatif des dispositifs d'aide directe

Le gouvernement a par ailleurs décidé de doubler le plafond de la prime carburant employeur, qui passe de 300 à 600 euros par an et par salarié. Entièrement défiscalisée et désocialisée, cette prime voit simultanément ses conditions d'attribution simplifiées. « Nous souhaitons donner la liberté aux entreprises de soutenir leurs salariés », a justifié Serge Papin, soulignant la dimension volontariste du mécanisme.
L'aide destinée aux « gros rouleurs » fait également l'objet d'un doublement, portant son montant mensuel de 50 à 100 euros. Sous conditions de ressources, ce soutien continuera de cibler trois millions de Français modestes. La plateforme de demande ouvrira ses portes le 27 mai, selon les informations de Public Sénat.
Dans le secteur des transports, le ministre Philippe Tabarot a annoncé la création d'un bonus écologique dédié aux chauffeurs de taxi, applicable à compter du 1er octobre. Cette aide à l'achat, pouvant atteindre 5 500 euros, sera réservée aux véhicules électriques assemblés au sein de l'Espace économique européen et dont le prix de vente n'excède pas 65 000 euros.

François Lapierre




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