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Entre obligations extra-financières et attentes sociétales, le rôle croissant des conseils ESG dans l’évolution des entreprises




Jeudi 26 Février 2026


Longtemps perçues comme des sujets périphériques, les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) occupent désormais une place centrale dans le pilotage des entreprises. Sous l’effet conjugué du renforcement réglementaire — notamment avec l’entrée en vigueur progressive de la CSRD —, des attentes accrues des investisseurs et des clients, et d’une sensibilité sociétale plus forte aux impacts des organisations, l’ESG devient un levier structurant de transformation.

Dans ce contexte, le recours à un accompagnement spécialisé permet aux entreprises de passer d’une approche déclarative à une démarche structurée, mesurable et intégrée à la stratégie globale.



Pourquoi l’ESG devient un sujet de pilotage

@depositphotos
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La montée en puissance de l’ESG s’explique d’abord par un cadre réglementaire plus exigeant. La directive CSRD impose à un nombre croissant d’entreprises européennes de publier des informations extra-financières normalisées, auditables et comparables. Cette évolution transforme le reporting ESG en un exercice de conformité structurant, impliquant des choix méthodologiques, des arbitrages et une mobilisation transversale des fonctions internes. Dans ce contexte, de nombreuses organisations choisissent de consulter un cabinet conseil ESG afin de sécuriser leur interprétation des textes, structurer leur dispositif et anticiper les exigences d’audit.

Au-delà de la réglementation, les marchés jouent un rôle moteur. Les investisseurs intègrent de plus en plus les critères ESG dans leurs décisions d’allocation de capital, non seulement pour répondre à leurs propres obligations, mais aussi pour mieux apprécier les risques et la capacité de création de valeur à long terme. De leur côté, les clients — notamment dans les relations B2B — attendent des engagements crédibles, documentés et démontrables de la part de leurs partenaires, ce qui renforce la nécessité d’un pilotage rigoureux.

Enfin, l’ESG devient un enjeu de réputation et de gestion des risques. Risques climatiques, sociaux, opérationnels ou de conformité : l’identification et l’anticipation de ces facteurs extra-financiers contribuent directement à la résilience des modèles économiques. L’ESG ne relève donc plus uniquement de la communication ou de la responsabilité sociétale, mais bien d’un pilotage stratégique intégré aux décisions d’investissement, de développement et de transformation.


Les étapes d’une démarche ESG bien cadrée

Face à la complexité des exigences et à la diversité des référentiels, une démarche ESG efficace repose sur une méthode structurée. L’intervention d’un acteur externe permet souvent d’apporter un cadre, une objectivité et une cohérence d’ensemble.

La première étape consiste en un diagnostic initial. Il s’agit d’évaluer le niveau de maturité ESG de l’entreprise, d’analyser les pratiques existantes, les données disponibles et les écarts par rapport aux exigences réglementaires et aux attentes des parties prenantes. Ce diagnostic sert de base factuelle pour la suite de la démarche.

Vient ensuite la phase de priorisation, généralement formalisée à travers une analyse de double matérialité. Celle-ci permet d’identifier les enjeux ESG significatifs à la fois du point de vue des impacts de l’entreprise sur son environnement et de leurs effets financiers sur la performance et la pérennité de l’organisation. Cette étape est déterminante pour éviter une dispersion des efforts et concentrer les ressources sur les sujets à plus forte valeur ajoutée.

Enfin, la priorisation débouche sur l’élaboration d’un plan d’action structuré. Celui-ci définit des objectifs clairs, des actions opérationnelles, des échéances et des responsabilités. Un cabinet spécialisé peut accompagner cette phase en aidant à traduire les enjeux ESG en feuille de route pragmatique, alignée avec la stratégie globale et les contraintes opérationnelles.


Gouvernance, données, indicateurs : ce qui fait la différence

Au-delà de la définition d’objectifs, la réussite d’une démarche ESG repose sur sa mise en œuvre effective. Trois dimensions apparaissent déterminantes : la gouvernance, la qualité des données et le pilotage par les indicateurs.

La gouvernance ESG doit être clairement définie. Cela implique une répartition explicite des rôles entre les instances dirigeantes, les fonctions opérationnelles et les équipes chargées du reporting. L’implication du management et, le cas échéant, du conseil d’administration, est un facteur clé pour inscrire l’ESG dans les processus de décision et d’arbitrage.

La question des données est tout aussi centrale. La CSRD et les standards européens exigent des informations fiables, traçables et documentées. De nombreuses entreprises doivent donc structurer leurs systèmes de collecte, fiabiliser leurs processus et parfois faire évoluer leurs outils. L’accompagnement externe permet d’identifier les données pertinentes, de définir des procédures et d’anticiper les enjeux d’audit.

Enfin, les indicateurs et KPI ESG jouent un rôle de pilotage. Ils permettent de suivre les progrès, d’évaluer l’efficacité des actions engagées et d’alimenter le dialogue avec les parties prenantes. Un bon dispositif d’indicateurs ne se limite pas au reporting : il soutient la prise de décision et l’amélioration continue. Dans cette logique, certaines entreprises cherchent à développer une stratégie ESG cohérente, articulant exigences réglementaires et performance opérationnelle.


Résultats attendus : conformité, performance et résilience

Une démarche ESG structurée vise en premier lieu la conformité réglementaire. Elle permet de répondre aux obligations de reporting, de réduire les risques de non-conformité et de sécuriser les relations avec les régulateurs, les investisseurs et les partenaires commerciaux.

Mais les bénéfices vont au-delà. En intégrant les enjeux ESG dans la stratégie, les entreprises peuvent améliorer leur performance globale : optimisation des ressources, meilleure gestion des risques, attractivité accrue auprès des talents et des clients, et capacité renforcée à anticiper les évolutions de marché.

Enfin, l’ESG contribue à la résilience des organisations. En identifiant les vulnérabilités extra-financières et en structurant des réponses adaptées, les entreprises se dotent d’outils pour faire face à des environnements économiques, réglementaires et sociétaux de plus en plus incertains.


À mesure que les obligations extra-financières se renforcent et que les attentes sociétales évoluent, l’ESG s’impose comme un sujet de pilotage à part entière. Le rôle des conseils spécialisés ne consiste pas à « sur-promettre », mais à apporter méthode, cohérence et lisibilité dans des démarches souvent complexes. À l’avenir, l’enjeu pour les entreprises sera d’aller au-delà du reporting pour faire de l’ESG un véritable levier de transformation durable, capable de soutenir leur performance et leur capacité d’adaptation sur le long terme.


Jean-Baptiste Giraud

Dans cet article : entreprise, ESG



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