Carnets du Business


           

Knowledge management: Charlotte Fillol nous répond




Lundi 14 Décembre 2009


Devenir une entreprise apprenante et gérer les connaissances comptent parmi les principaux défis actuels des firmes. Si certaines entreprises mettent en place des politiques de knowledge management, certaines questions essentielles sont laissées en suspens : Comment devenir une entreprise apprenante ? Quel rôle pour le knowledge management ? Comme piloter la connaissance ? Charlotte Fillol nous explique comment les entreprises peuvent répondre aux nouveaux défis de gestion des processus d’apprentissage et de knowledge management.



Knowledge management: Charlotte Fillol nous répond
CdB: Pouvez-vous nous définir les notions clés de votre ouvrage : le "knowledge management" et "l’entreprise apprenante" ?

C.F. : Ces deux notions sont étroitement liées : le knowledge management, traduit par gestion des connaissances en français, est un outil managérial, une politique au service du développement de l’entreprise apprenante. L’entreprise apprenante consiste en une organisation favorisant les processus d’apprentissage individuel ou organisationnel ainsi que le développement des connaissances et compétences. Le knowledge management, en proposant des actions organisationnelles, technologiques, sociales, constitue un appui essentiel de l’entreprise apprenante.


CdB: Comment expliquez-vous la place croissante de ces politiques dans la stratégie d’entreprise ?

C.F : Depuis quelques années, nous assistons au développement de l’économie de la connaissance, du savoir. En d’autres termes, la maîtrise de la connaissance et des compétences devient un facteur de performance et d’avantage compétitif. Dans ce contexte, acquérir, gérer et mobiliser ses connaissances plus rapidement que les concurrents devient source d’avantage concurrentiel. L’objectif final est de ne pas ‘réinventer la roue’, d’innover plus rapidement que son concurrent ou encore de transmettre les connaissances aux jeunes embauchés. L’évolution de la pyramide démographique rend cette problématique essentielle.


CdB : Concrètement, qu’est-ce qu’une politique de knowledge management ?

C.F : Une politique de knowledge management a donc pour objectif de systématiser différents processus : l’acquisition, la gestion, la capitalisation et la diffusion des connaissances au sein d’une entreprise. Pour cela, deux approches complémentaires peuvent être mobilisées : une approche essentiellement sociale, favorisant l’échange d’expérience au sein de communauté, de groupe, entre les membres ; ou bien une approche plus technologique, davantage fondée sur la mise en place de bases de données, de gestion électronique de document. Les modalités et finalités de ces deux stratégies étant différentes, une réflexion en amont des objectifs et des ressources de la politique de knowledge management doit être menée.


CdB : Vous spécifiez les limites de ceux types de politiques.

C.F : Il est important de préciser clairement aux managers les attentes réalistes d’une politique de knowledge management, qu’elle mobilise l’approche sociale ou technologique. L’approche sociale est foncièrement chronophage et nécessite un investissement important des acteurs, elle assure un partage efficace et contextualisé de connaissances peu formalisables et d’expériences. A contrario, l’approche technologique assure une diffusion et une capitalisation rapide, à un coût peu élevé, mais uniquement de connaissances formalisées. L’expérience et le savoir-faire, pourtant essentiels pour la compétitivité, en sont écartés. On constate que les deux politiques développent des processus différents, avec un type et une qualité de connaissances variables.


CdB: En quoi cet ouvrage trouve-t-il des applications dans la pratique ?

C.F.: Cet ouvrage est effectivement issu de mon travail de recherche doctorale, cependant il est retrace précisément une étude empirique, de cinq études de cas, au sein du groupe EDF. Au final, il propose une grille d’analyse globale de l’entreprise apprenante, en intégrant l’ensemble des aspects organisationnels, technologiques et humains. En présentant des pistes de réflexion sur l’émergence, l’instrumentalisation et le pilotage de l’entreprise apprenante, cette étude s’adresse tant aux managers désireux d’impulser une dynamique d’apprentissage dans leur entreprise qu’aux enseignants et chercheurs souhaitant une grille de lecture du concept d’entreprise apprenante.

Charlotte FILLOL, "L'entreprise apprenante et son instrumentalisation: le knowledge management en question", chez l'Harmattan

La Rédaction

Dans cet article : charlotte fillol




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