Le 14 janvier 2026, l’Organisation internationale du Travail a lancé une alerte claire. Dans un contexte de diffusion accélérée de l’IA, l’institution estime que les jeunes travailleurs figurent parmi les plus exposés aux recompositions en cours. Si le chômage mondial semble globalement stable, cette stabilité masque, selon l’OIT, des déséquilibres profonds liés à la qualité du travail et à l’impact différencié de l’IA sur les jeunes actifs.
Une alerte sur des risques structurels
Selon l’OIT, l’IA transforme déjà l’organisation du travail, notamment dans les secteurs à forte intensité de tâches routinières. Or, ces emplois concernent souvent les jeunes en début de carrière. Ainsi, même si le chômage mondial reste relativement stable, l’Organisation internationale du Travail souligne que l’IA pourrait accentuer les difficultés d’insertion professionnelle. En effet, de nombreux jeunes occupent des postes plus facilement automatisables, ce qui accroît leur exposition au chômage à moyen terme. Par ailleurs, l’OIT insiste sur le fait que cette dynamique touche plus durement les économies émergentes, où les systèmes de protection sont moins robustes.
Dans ses prévisions pour 2026, l’OIT observe que le taux de chômage mondial demeure autour de 5 %. Toutefois, derrière ce chiffre, l’organisation identifie une pénurie persistante d’emplois décents. Cette situation concerne en priorité les jeunes, souvent cantonnés à des contrats précaires. « Son ampleur potentielle justifie une vigilance étroite », a déclaré un responsable de l’OIT, cité par BFMTV, en référence à l’impact de l’IA sur le chômage des jeunes. Ainsi, l’intelligence artificielle apparaît comme un facteur aggravant de fragilités déjà existantes.
Le diagnostic de l’OIT
L’analyse de l’OIT ne se limite pas au volume d’emplois détruits ou créés par l’IA. L’organisation met également en avant la dégradation de la qualité du travail. En effet, même lorsque l’IA ne supprime pas directement des postes, elle modifie les conditions d’emploi, souvent au détriment des jeunes. Salaires plus faibles, horaires instables et protection sociale réduite caractérisent de nombreux emplois accessibles aux nouvelles générations. Dans ce contexte, le chômage des jeunes ne se mesure pas seulement en taux, mais aussi en perspectives professionnelles limitées.
Selon les projections publiées par l’OIT et relayées par RFI, près d’un jeune sur cinq dans le monde n’est ni en emploi, ni en formation, ni en études. Ce chiffre illustre l’ampleur du défi. Par conséquent, l’IA risque d’accentuer cette marginalisation si les politiques publiques ne s’adaptent pas. « La stabilité du chômage mondial masque une grave pénurie de travail de qualité », souligne un rapport de l’OIT, cité par Sud Ouest. Ainsi, l’organisation appelle à anticiper les effets de l’IA plutôt qu’à les subir.
Réponses politiques face au chômage des jeunes
Face à ces constats, l’Organisation internationale du Travail plaide pour des réponses coordonnées. D’une part, l’OIT insiste sur l’investissement massif dans la formation, afin d’adapter les compétences des jeunes aux besoins induits par l’IA. D’autre part, elle recommande de renforcer les cadres réglementaires pour éviter une précarisation accrue du travail. Selon l’OIT, l’IA peut aussi créer des opportunités, à condition que les jeunes disposent des outils nécessaires pour en bénéficier.
Toutefois, l’organisation met en garde contre une approche uniquement technologique. L’IA, rappelle l’OIT, n’est pas neutre socialement. Sans politiques actives de l’emploi, elle pourrait accentuer le chômage des jeunes et creuser les inégalités. Ainsi, l’OIT appelle les États à intégrer l’impact de l’IA dans leurs stratégies pour l’emploi des jeunes, en combinant innovation, protection sociale et dialogue social. Cette alerte vise à éviter que la transition numérique ne se traduise par une génération sacrifiée.

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