Carnets du Business


           

Le prix du carburant est un danger pour les entreprises du bâtiment, alerte la Capeb




Vendredi 3 Avril 2026


La hausse du prix du carburant frappe massivement les artisans du bâtiment : 92% des entreprises sont déjà impactées selon la Capeb. Cette crise menace la survie du secteur et pousse la profession à réclamer des mesures d'urgence au gouvernement.



Une crise du carburant qui frappe de plein fouet le secteur du bâtiment

La flambée du prix du carburant menace directement la survie des entreprises artisanales du bâtiment. Selon une étude exclusive de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), 92% des artisans sondés déclarent avoir été impactés par la hausse du prix du pétrole depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Cette situation, qui fait écho aux difficultés déjà traversées lors de la crise ukrainienne, place aujourd'hui le secteur face à un mur économique.

L'impact de la hausse du carburant dépasse le simple coût à la pompe. Les entreprises du secteur font face à une augmentation généralisée de leurs charges d'exploitation, avec des conséquences directes sur leur rentabilité. La consultation du réseau Capeb met en évidence un impact immédiat sur les coûts de déplacement, particulièrement sensibles pour des métiers où la mobilité entre chantiers constitue une nécessité quotidienne.
Pour illustrer cette réalité, Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, donne des exemples concrets : une pelle de 20 tonnes consommant en moyenne 20 litres par heure voit ses coûts augmenter de 6 euros par heure de travail avec une hausse de 0,30 € du GNR. Plus frappant encore, une entreprise ayant fait remplir deux cuves de 5 000 litres a dû payer 3 000 € de plus que le montant prévu lors de sa commande, passée seulement quelques jours plus tôt.

Une répercussion en cascade sur les matériaux de construction

La crise du carburant ne se limite pas aux véhicules et engins de chantier. Elle entraîne une véritable réaction en chaîne sur l'ensemble des matériaux de construction. D'après l'étude de la Capeb, 65% des répondants déclarent avoir reçu des avis de hausse des tarifs de leurs fournisseurs. Cette situation résulte notamment du coût du transport et des difficultés pour mobiliser certains transporteurs, plusieurs acteurs du secteur réduisant temporairement leur activité.
Les matériaux les plus concernés par ces hausses incluent :
  • Les dérivés du pétrole (hausse maximale de 15%)
  • Le bois et produits dérivés (certains panneaux isolants affichent +13% en moyenne)
  • Le béton, le cuivre, le PVC et le zinc
Ces augmentations peuvent atteindre entre 2,5% et 20% pour certaines familles de produits, créant une pression intenable sur les marges des artisans. Près d'un quart des entreprises ont également reçu des alertes de leurs fournisseurs concernant des risques ponctuels de rupture d'approvisionnement, notamment pour la laine de verre, le bois ou le placo. Cette escalade des coûts pèse directement sur les marges, fragilise les devis et entretient une forte incertitude sur les chantiers. Pour les entreprises du bâtiment, qui travaillent souvent avec des devis établis plusieurs semaines à l'avance, l'impossibilité d'anticiper ces fluctuations devient un véritable casse-tête économique. 50% des entreprises perçoivent déjà un impact sur leur activité, même si celui-ci n'est pas encore mesuré précisément.

Des mesures d'urgence réclamées par la profession

Face à cette situation critique, la Capeb demande au gouvernement "un geste fort" en baissant la TVA sur les travaux de rénovation de 10% à 5,5%. Cette mesure représenterait selon l'organisation "à peu près 2 milliards de chiffres d'affaires en plus et à peu près 10 000 emplois qui peuvent être sauvés". La profession réclame également la réactivation du comité de crise interministériel dédié au bâtiment, créé lors de la guerre en Ukraine.
L'État devrait aussi mettre en place un "accompagnement" concernant les hausses des prix du pétrole pour permettre aux entreprises "d'absorber l'augmentation du gasoil non routier". La Capeb exige notamment le plafonnement des taxes sur les carburants par le rétablissement de la "TICPE flottante", afin d'éviter la double peine pour les entreprises : hausse du prix des carburants et application de la TVA non récupérable pour certains carburants.

Adélaïde Motte

Dans cet article : bâtiment, carburant, entreprise



Recherche

Rejoignez-nous
Twitter
Rss
Facebook

L'actualité de la RSE



L'actualité économique avec le JDE






2ème édition, revue et augmentée