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Mercosur : le report qui protège les entreprises européennes d’un afflux à bas coûts




Vendredi 19 Décembre 2025


Le report à janvier de la signature de l’accord Mercosur change immédiatement la perspective pour les entreprises européennes. En suspendant l’ouverture du marché, l’Union européenne évite, au moins temporairement, un afflux massif de produits latino-américains à bas coût, redouté par de nombreuses filières.



Le report du Mercosur, acté le 18 décembre 2025 à Bruxelles, a une conséquence directe pour le tissu économique européen : il empêche, à court terme, une libéralisation commerciale susceptible de déséquilibrer plusieurs marchés. Pour de nombreuses entreprises, notamment dans l’agroalimentaire, la transformation et la distribution, la signature de l’accord aurait signifié une arrivée rapide de produits sud-américains à des prix nettement inférieurs aux standards européens.

Cette crainte ne se limite pas au secteur agricole. L’ouverture prévue par le Mercosur aurait favorisé des importations produites avec des coûts salariaux, environnementaux et réglementaires plus faibles. Le report agit donc comme un amortisseur économique, en maintenant un cadre concurrentiel plus stable pour les entreprises européennes.

Mercosur : un soulagement temporaire pour l’équilibre des filières

Pour les entreprises françaises et européennes, le Mercosur posait un problème de visibilité stratégique. Une libéralisation rapide aurait contraint de nombreux acteurs à revoir leurs modèles économiques, parfois dans l’urgence. Le report offre un délai précieux. Il permet aux entreprises de préserver leurs positions sur le marché intérieur sans subir immédiatement une guerre des prix difficilement soutenable.

Ce répit souligne aussi une réalité plus large : la compétitivité européenne repose sur des normes élevées, qui ont un coût. En l’absence de simplification des réglementations françaises, l’ouverture des frontières aurait mécaniquement favorisé les importations à bas coût au détriment de la production locale. En repoussant l’accord, l’Union européenne évite donc une déstabilisation brutale de ses chaînes de valeur.

Pour le monde des affaires, le message est clair. Le report du Mercosur n’est pas seulement politique, il est aussi économique. Il confirme que la question du libre-échange ne peut plus être traitée indépendamment de ses effets concrets sur les entreprises, les marges et l’emploi. À court terme, les sociétés européennes échappent à une concurrence accrue. À moyen terme, elles restent dans l’attente d’un choix stratégique clair de Bruxelles.

Adélaïde Motte




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