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Philippe Moity, directeur d'Interoute: les TIC unifiées, prolongement du ‘cloud'




Jeudi 16 Décembre 2010


Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur le “Cloud Computing”, mais pas forcément par des entreprises de télécommunications. Or, aujourd’hui, le réseau est incontournable. Si hier, les logiciels étaient installés sur les ordinateurs, avec un support pas toujours facile voire quasi inexistant, aujourd’hui, nous utilisons des applications et des services informatiques hébergés sur des serveurs distants, mis à jour quotidiennement.



La localisation des serveurs n’importe plus, seul compte la disponibilité et l’accessibilité. Qui se préoccupe de savoir où sont hébergés les sites web d’Amazon, de Google ou de You Tube ? Ce qui s’applique à Internet, lieu d’échange planétaire, peut s’appliquer à l’entreprise, lieu d’échange à son échelle. L’atout d’Internet est sa dimension qui permet un accès universel, c’est aussi sa faille car il est difficile de prévoir le trafic.

L’entreprise qui souhaite virtualiser ses services doit étudier l’option de créer son propre nuage. C’est souvent possible dans son réseau WAN. Pour transformer son WAN en Cloud, et permettre un accès distant à tous les usagers, il faut intégrer son WAN dans un réseau IP-MPLS. Ainsi, il bénéficie des garanties de service et de capacité inhérentes à MPLS. Avec un réseau suffisamment grand, les utilisateurs distants ressentiront la même qualité de service que ceux qui travaillent depuis le site central.

Dans les entreprises multi-sites, la latence n’est plus un problème. La performance s’améliore avec des réseaux IP-MPLS étendus plus rapides que n’importe quel autre mode d’accès.

Côté coût, il est plus avantageux de faire héberger ses serveurs. Même quand l’entreprise utilise un VPN étendu sécurisé type IP-MPLS, le fait d’avoir ses serveurs «au coeur réseau » peut être cinq à dix fois moins coûteux que d’en avoir plusieurs « en péripherie du réseau », répartis dans le monde entier.

Grâce aux services IT unifiés, une fois l’infrastructure virtuelle mise en place, l’entreprise n’est pas obligée d’avoir des serveurs dédiés dans un lieu précis. Plus besoin de se rendre dans son data centre pour vérifier son bon fonctionnement : avec un serveur virtuel bien dimensionné, les entreprises bénéficient d’une connectivité entre les différents data centres. Suivant la taille du fournisseur de services, un hébergement multi-sites avec une grande connectivité sera proposé pour assurer le fonctionnement à 100% de l’infrastructure et des communications.

Il s’agit donc d’une alternative plus rapide, plus économique et plus souple pour les entreprises, au lieu d’investir dans des infrastructures d’hébergement (bâtiments ou salles). Les quelques grands noms de fournisseurs qui n’ont pas fait le choix du Cloud n’offrent pas les services additionnels que certains tiennent pour acquis, comme les sauvegardes en continu, la récupération après désastre et les centres d’exploitation disponibles 24H/24, 7j/7, 365j/an pour définir et récupérer les éléments qui ne sont pas utilisés au jour le jour.

Il est recommandé de regarder de près les différentes solutions proposées et les engagements de services (SLA). Le cloud computing n’est pas nouveau, mais son évolution naturelle va vers l’utilisation massive d’Internet dans les réseaux d’entreprise IP/MPLS. En voyant que les communications fixes et mobiles sont déjà partiellement Cloud, et que des plateformes SIP sont utilisées pour unifier les infrastructures, on peut dire que le concept de Services IT unifiés bat son plein, regroupant trois paramètres : la connectivité unifiée pour accéder à l’information et la transporter dans les réseaux, la communication unifiée pour transmettre voix, données et multimédia en temps réel et l’hébergement unifié (Unified Computing) pour intégrer les applications de l’utilisateur.

A chaque Directeur Informatique appartient la décision d’adhérer ou non au modèle, et de voir s’il lui permet de centraliser ses systèmes et de gérer l’information plus simplement, plus économiquement, plus rapidement et plus sûrement. Nous aimons tous le progrès, lorsqu’il nous facilite la vie. Internet, la téléphonie mobile et l’iPod en sont de bons exemples.

Aussi, les communications unifiées vont bien plus loin que la simple intégration de fonctions collaboratives de dernière génération comme la gestion de présence, la multiconférence, la vidéoconférence et la messagerie instantanée. Le concept "d'unification” prend tout son sens avec un réseau réparti sur le territoire et contrôlé par le même fournisseur depuis les tuyaux et la fibre jusqu’aux applications.

Philippe Moity, directeur d'Interoute: les TIC unifiées, prolongement du ‘cloud'
Philippe Moity
Directeur d'Interoute

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