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Rachat de Warner Bros : Netflix sortirait victorieux




Mercredi 17 Décembre 2025


Le 16 décembre 2025 marque une étape clé dans le rachat de Warner Bros Discovery. Le conseil d’administration du groupe s’oriente vers le rejet de l’offre hostile de Paramount, estimée à près de 99,7 milliards d’euros, au profit d’une transaction négociée avec Netflix.



Rachat de Warner Bros : deux architectures d’opération radicalement opposées

Sur le plan strictement transactionnel, le rachat proposé par Paramount repose sur une logique classique de prise de contrôle hostile. L’offre, intégralement en numéraire, valorise Warner Bros Discovery à environ 27,6 euros par action, selon Reuters. Cette approche vise à maximiser l’attractivité immédiate pour les actionnaires, tout en transférant le risque d’exécution vers l’acquéreur. Toutefois, la structure financière soulève de fortes interrogations. L’opération combine des apports en fonds propres et un recours massif à la dette, ce qui accroît mécaniquement le levier post-transaction.

À l’inverse, le rachat négocié avec Netflix s’inscrit dans une logique plus progressive. L’accord porte sur des actifs stratégiques et valorise Warner Bros Discovery autour de 66,2 milliards d’euros en fonds propres, pour une valeur totale avoisinant 76 milliards d’euros, selon Reuters le 15 décembre 2025. Netflix a confirmé que cette offre restait inchangée malgré l’initiative de Paramount. « Notre position sur l’accord avec Warner Bros Discovery demeure ferme », a indiqué un porte-parole de Netflix, cité par Reuters.

Le rôle déterminant du conseil et du financement

Dans cette opération de rachat, la position du conseil d’administration de Warner Bros apparaît décisive. Selon Reuters, les administrateurs s’apprêtent à recommander formellement aux actionnaires de rejeter l’offre hostile de Paramount. Ce choix reflète une lecture prudente des risques financiers et réglementaires. En matière de fusions-acquisitions, la capacité à sécuriser le financement constitue un critère central, au-delà de la valorisation affichée.
Le retrait d’Affinity Partners, le fonds de Jared Kushner, a accentué les doutes sur la solidité de l’offre Paramount. AP News a confirmé que le fonds ne participerait plus au financement de l’opération. « Affinity Partners ne soutiendra plus l’offre », selon une source citée par l’agence. Ce désengagement affaiblit la crédibilité du montage financier et renforce la perception d’un rachat plus risqué pour Warner Bros, notamment en cas de retournement de la bourse ou de durcissement des conditions de crédit.

Un cas d’école

Pour les observateurs spécialisés en fusions-acquisitions, cette séquence constitue un cas d’école. Certes, l’offre de Paramount propose une prime significative par rapport à l’accord Netflix. Cependant, la bourse tend à intégrer le risque d’exécution, le niveau d’endettement et la probabilité de validation réglementaire. Selon Fortune, la bataille pourrait s’étirer sur plusieurs mois, ce qui pèserait sur la valeur actionnariale à moyen terme.
Dans ce contexte, le rachat par Netflix apparaît comme une transaction défensive mais sécurisée. Le groupe de streaming privilégie une intégration industrielle maîtrisée, compatible avec ses flux de trésorerie et son modèle économique. Pour Warner Bros, cette option réduit l’exposition aux aléas financiers et limite les risques post-acquisition. « Le conseil estime que l’accord avec Netflix offre une meilleure visibilité stratégique », a indiqué une source proche du dossier citée par Reuters.

François Lapierre




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