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Santé en Afrique : les nouvelles technologies ont-elles un rôle à jouer?




Mercredi 13 Octobre 2010


Les nouvelles technologies et notamment les télécoms aideront-elles l’Afrique à juguler son état sanitaire dramatique ? On rêve depuis longtemps de faire effectuer un saut quantique au système de santé africain en s’appuyant massivement sur les nouvelles technologies, tout simplement pour faire accéder aux soins, une large population très disséminée sans multiplier des centres médicaux à l’infini. Derrière cette idée de bon sens une utopie se cache t-elle où l’expérience peut-elle être tentée sous certaine conditions ?



Santé en Afrique : les nouvelles technologies ont-elles un rôle à jouer?
Une note commune du programme Santé et Environnement de l’Ifri (Institut Français des Relations Internationales) et du cabinet de conseil BearingPoint met en perspective les enjeux dans le domaine de la santé des technologies de l’information et de la communication sur le continent. Cette note est basée sur les travaux des équipes Emerging Markets de BearingPoint et à fait l’objet d’une « révision par les pairs » (peer review).

Comme on le sait, l’Afrique tout entière est affectée par de nombreuses pathologies sur un très large territoire et le manque de ressources pour y remédier s’y fait particulièrement sentir. Selon BearingPoint, les dépenses de santé s’élèvent seulement à 51 milliards de dollars en 2010 pour l’ensemble du continent (soit un peu plus de 50 dollars en moyenne par habitant – contre par exemple 3 000 dollars en France). Ce faible montant à l’échelle d’un continent de 965 millions d’habitants résulte de trois grands enjeux à relever pour faire de cette belle idée une réalité. Il s’agit des trois grandes pénuries de la santé en Afrique : une structure financière solide, un personnel compétent en nombre suffisant et le support d’infrastructures adaptées.

Ces différents enjeux sont les défis des prochaines années. Plusieurs solutions peuvent être apportées par les technologies de l’information et de la communication qui, si elles ne permettent pas de résoudre tous les problèmes, constituent un axe particulièrement novateur pour tenter d’y répondre. Ces réponses doivent s’appuyer sur l’essor des TICs en Afrique avec notamment, dans l’industrie des télécoms, la téléphonie mobile qui est passée de 120 millions d’abonnées en 2005 à 375 millions en 2008. De plus, la croissance du marché de l’internet en Afrique a été deux fois plus importante que celle enregistrée au niveau mondial.

Cet essor des TICs contrebalance les pénuries telles que l’absence de compétences de proximité et les freins plus largement liés aux réalités du continent. En particulier, les nouvelles technologies peuvent améliorer l’échange de données et la communication à distance : les patients ont la possibilité, avant de se déplacer, de se renseigner sur l’horaire du dispensaire, la disponibilité du médicament ou encore de demander des conseils au médecin. Il existe aussi des expérimentations pour promouvoir une micro-assurance maladie via un mobile couplé à des suivis hebdomadaires moyennent un faible montant à payer mensuellement. Parallèlement, les opérateurs peuvent proposer des solutions liées à la télémédecine qui peuvent compenser certains manques (téléradiologie au Mali, télédermatologie en Egypte, télépédiatrie au Mali, Sénégal et Niger). L’e-learning est aussi un autre champ d’action possible des TICs qui permettent d’améliorer la qualité et l’accessibilité de l’information relative à la santé via par exemple comme en Ouganda, un réseau de téléphonie cellulaire et des terminaux mobiles.

Concernant les infrastructures de santé, les opérateurs et équipementiers ont également un rôle à jouer. La GSM Association Development Fund a ainsi un service de « phones for health » pour renforcer le maillage médical au Rwanda ou en Tanzanie. Mais aussi, la mise en réseau d’un hôpital peut aider à améliorer la gestion des carnets de santé (Afrique du Sud et Maghreb) et la chaîne logistique du médicament.

Si les enjeux autour de la santé demeurent critiques en Afrique, les TICs peuvent apporter des solutions en compensant le manque de ressources techniques et humaines, en favorisant des solutions nouvelles comme les échanges de données permettant de concentrer les investissements médicaux et l’expertise sur certains sites. Cette mutualisation des moyens permet au final, un gain de productivité significatif. La question de financement reste cependant entière.

La note de l’Ifri et de BearingPoint livre une analyse complète des défis et illustre des enjeux clés dans les années à venir, associés au secteur de la santé et des TICs en Afrique.

Source: Bearing Point

Télécharger la note complète sur le site de l'IFRI

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