Carnets du Business


           

Stellantis revoit sa stratégie commerciale pour défendre ses parts de marché




Jeudi 29 Janvier 2026


Le 28 janvier 2026, Stellantis officialise une décision stratégique qui rompt avec la ligne suivie depuis plusieurs années. Sur le marché français, mais aussi plus largement en Europe, le constructeur automobile annonce une intensification des baisses de prix sur plusieurs modèles clés. Ce choix, assumé par la direction, vise à relancer les ventes après un recul commercial enregistré en 2025. Pour Stellantis, l’enjeu dépasse la simple politique tarifaire : il s’agit d’un repositionnement stratégique structurant.



Stellantis revoit sa doctrine face à l’érosion des volumes

La nouvelle stratégie de Stellantis traduit un constat lucide. Le groupe automobile a vu ses ventes de voitures et utilitaires reculer de 6,8 % en France en 2025, selon Reuters. Cette baisse intervient dans un contexte de normalisation post-crise, marqué par la fin des pénuries et le retour d’une concurrence accrue sur les prix. Dès lors, Stellantis estime que la priorité n’est plus la maximisation des marges unitaires, mais la reconquête des volumes commerciaux.

« Cette année, chez Stellantis on a décidé d’être plus agressif commercialement. On baisse les prix, on repositionne certaines marques. On fait le pari, on a besoin de retrouver des volumes », a déclaré Xavier Duchemin, directeur de Stellantis France, cité par Reuters. Cette prise de parole marque une rupture claire avec la stratégie de « pricing power » défendue jusqu’ici par le groupe, fondée sur la rareté de l’offre et la montée en gamme.

Une stratégie prix intégrée à une logique industrielle et commerciale globale

Le groupe agit sur des modèles à fort potentiel de volume, essentiels à la rentabilité industrielle des usines européennes. L’Opel Corsa est désormais affichée à partir de 15 900 euros, tandis que la Fiat Pandina passe sous le seuil symbolique des 10 000 euros, selon les informations de Reuters. Ces repositionnements permettent d’augmenter mécaniquement les cadences de production, dans un contexte où la saturation des capacités représente un risque économique majeur.

D’un point de vue stratégique, Stellantis assume désormais un arbitrage clair. Selon Zonebourse, le nouveau directeur général du groupe, Antonio Filosa, privilégie la croissance des volumes plutôt que la préservation maximale des marges. Ce choix répond à une réalité de marché : la pression concurrentielle s’intensifie, notamment face aux constructeurs asiatiques et aux marques low cost, très offensives sur les segments d’entrée de gamme automobile.

En outre, cette stratégie vise à protéger la position globale de Stellantis sur ses marchés clés. La France demeure le premier marché européen du groupe, tant en volumes qu’en image. En abaissant ses prix, Stellantis entend éviter un décrochage commercial qui fragiliserait l’ensemble de sa chaîne de valeur, de la production à la distribution. À moyen terme, la reconquête des volumes doit aussi permettre de mieux amortir les investissements massifs engagés dans l’électrification et la transformation industrielle.

Une inflexion stratégique lourde de conséquences pour le modèle économique

Cependant, cette baisse des prix n’est pas sans implications. En renonçant partiellement au « pricing power », Stellantis accepte une pression accrue sur ses marges à court terme. Cette décision suppose une discipline industrielle renforcée, une maîtrise des coûts et une optimisation fine des plateformes multi-marques du groupe. L’objectif stratégique reste clair : compenser la baisse du prix unitaire par une hausse significative des volumes vendus.

Enfin, ce repositionnement stratégique pourrait redessiner l’équilibre du marché automobile européen. En redevenant offensif sur les prix, Stellantis envoie un signal fort à ses concurrents historiques. Cette stratégie, si elle s’avère efficace, pourrait imposer une nouvelle norme économique dans l’automobile, mettant fin à plusieurs années de hausses tarifaires continues. Pour Stellantis, il s’agit désormais de transformer ce pari stratégique en avantage compétitif durable.




 

Aurélien Lacroix




Recherche

Rejoignez-nous
Twitter
Rss
Facebook

L'actualité de la RSE



L'actualité économique avec le JDE






2ème édition, revue et augmentée