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Voiture électrique : l’avertissement de Stellantis à l’Europe




Vendredi 16 Janvier 2026


La voiture électrique est au cœur de la stratégie climatique européenne, mais son modèle économique inquiète les industriels. Le patron de Stellantis pour l’Europe alerte sur une transition déséquilibrée, entre coûts en hausse, dépendance aux batteries asiatiques et pression réglementaire croissante sur la rentabilité.



Une transition électrique économiquement sous contrainte

La prise de parole d’Emanuele Cappellano, directeur des opérations Europe de Stellantis, marque un tournant dans le débat sur la voiture électrique. Selon lui, le marché européen ne repose pas sur une demande spontanée, mais sur des mécanismes artificiels, principalement les subventions publiques et des politiques de prix à perte. Dans un environnement économique marqué par le ralentissement de la consommation et la hausse des taux, ce modèle apparaît de plus en plus fragile.

La contrainte réglementaire européenne accentue cette fragilité. Les objectifs de réduction des émissions obligent les constructeurs à électrifier leurs gammes à marche forcée, quitte à dégrader leurs marges. Le dilemme est clair : absorber des pénalités financières ou vendre des véhicules électriques à marge négative. À court terme, cette équation pèse sur les résultats ; à moyen terme, elle remet en question la soutenabilité financière de la transition pour les grands groupes automobiles.

Le noeud du problème : comment produire des batteries en Europe ?

Le principal facteur de déséquilibre réside dans la chaîne de valeur des batteries. L’Europe accuse un retard industriel structurel, alors que la Chine bénéficie d’un écosystème intégré, couvrant matières premières, cellules et assemblage. Cette asymétrie se traduit par un écart de coûts estimé à environ 30 % entre un véhicule produit en Chine et un véhicule produit en Europe, selon les données avancées par Stellantis. Ce différentiel réduit mécaniquement la compétitivité des offres européennes.

À cela s’ajoute l’incertitude entourant les projets de gigafactories en Europe. Plusieurs initiatives ont été ralenties ou redimensionnées en raison de coûts élevés et d’une rentabilité incertaine, comme l’a récemment souligné Reuters. Pour les investisseurs et les décideurs industriels, le message est limpide : sans visibilité économique et sans ajustement réglementaire, la voiture électrique risque de devenir non pas un moteur de croissance, mais un facteur de dépendance stratégique et de fragilisation durable de l’industrie automobile européenne.

Adélaïde Motte

Dans cet article : europe, stellantis, voiture électrique



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