Mercosur : une décision d’achats dictée par le risque économiqu
Pour la grande distribution, le dossier Mercosur n’est pas d’abord idéologique. Il est opérationnel. Les enseignes raisonnent en termes de risque économique global : déséquilibre concurrentiel, pression sur les prix agricoles français, et exposition accrue aux crises de réputation. Importer des produits issus du Mercosur, notamment agricoles, signifie potentiellement s’aligner sur des standards de coûts plus bas, mais aussi assumer un risque de rejet par les consommateurs et les producteurs nationaux.
Dans ce contexte, refuser certains produits du Mercosur devient une forme d’arbitrage économique. Les dirigeants de supermarchés savent que le gain marginal sur le prix d’achat peut être annihilé par une perte d’image ou par des tensions avec les filières françaises. La grande distribution évolue sur des marges étroites, mais elle dépend fortement de la confiance. Or, sur des segments sensibles comme la viande, les fruits ou certaines matières premières agricoles, le Mercosur concentre aujourd’hui les critiques sur les normes sanitaires, environnementales et sociales.
Cette prudence est renforcée par l’incertitude réglementaire. Même si l’accord UE–Mercosur prévoit des quotas et des clauses de sauvegarde, son application concrète reste complexe. Les enseignes anticipent des contrôles renforcés, des changements rapides de doctrine politique, voire des mesures nationales complémentaires. Dans un tel environnement, sécuriser les approvisionnements existants et privilégier des filières déjà certifiées apparaît comme une stratégie de gestion des risques plutôt que comme un renoncement commercial.
Dans ce contexte, refuser certains produits du Mercosur devient une forme d’arbitrage économique. Les dirigeants de supermarchés savent que le gain marginal sur le prix d’achat peut être annihilé par une perte d’image ou par des tensions avec les filières françaises. La grande distribution évolue sur des marges étroites, mais elle dépend fortement de la confiance. Or, sur des segments sensibles comme la viande, les fruits ou certaines matières premières agricoles, le Mercosur concentre aujourd’hui les critiques sur les normes sanitaires, environnementales et sociales.
Cette prudence est renforcée par l’incertitude réglementaire. Même si l’accord UE–Mercosur prévoit des quotas et des clauses de sauvegarde, son application concrète reste complexe. Les enseignes anticipent des contrôles renforcés, des changements rapides de doctrine politique, voire des mesures nationales complémentaires. Dans un tel environnement, sécuriser les approvisionnements existants et privilégier des filières déjà certifiées apparaît comme une stratégie de gestion des risques plutôt que comme un renoncement commercial.
Mercosur et grande distribution : un signal envoyé aux marchés et aux pouvoirs publics
Le refus affiché de certains produits du Mercosur constitue aussi un message adressé aux pouvoirs publics et aux partenaires économiques. En se positionnant publiquement, la grande distribution cherche à peser sur l’équilibre du débat, tout en montrant qu’elle anticipe les attentes du marché. Pour les groupes de distribution, il s’agit de rappeler qu’un accord commercial ne se traduit pas mécaniquement par une mise en rayon.
Ce positionnement a également une dimension concurrentielle. Dans un secteur où les enseignes surveillent étroitement leurs stratégies respectives, ne pas s’aligner sur un refus collectif exposerait un acteur isolé à des critiques immédiates. À l’inverse, afficher une ligne ferme sur le Mercosur permet de rester dans le consensus sectoriel, tout en conservant une marge de manœuvre sur les produits transformés ou les chaînes d’approvisionnement indirectes, plus difficiles à tracer.
Enfin, pour les investisseurs et les partenaires industriels, ce choix envoie un signal clair : la grande distribution française privilégie la stabilité à court et moyen terme plutôt qu’une ouverture commerciale potentiellement conflictuelle. Le Mercosur devient ainsi un test de gouvernance économique. Les enseignes montrent qu’elles sont prêtes à arbitrer contre une opportunité de coût si celle-ci menace leur modèle, leur image ou leurs relations avec l’écosystème agricole national.
Ce positionnement a également une dimension concurrentielle. Dans un secteur où les enseignes surveillent étroitement leurs stratégies respectives, ne pas s’aligner sur un refus collectif exposerait un acteur isolé à des critiques immédiates. À l’inverse, afficher une ligne ferme sur le Mercosur permet de rester dans le consensus sectoriel, tout en conservant une marge de manœuvre sur les produits transformés ou les chaînes d’approvisionnement indirectes, plus difficiles à tracer.
Enfin, pour les investisseurs et les partenaires industriels, ce choix envoie un signal clair : la grande distribution française privilégie la stabilité à court et moyen terme plutôt qu’une ouverture commerciale potentiellement conflictuelle. Le Mercosur devient ainsi un test de gouvernance économique. Les enseignes montrent qu’elles sont prêtes à arbitrer contre une opportunité de coût si celle-ci menace leur modèle, leur image ou leurs relations avec l’écosystème agricole national.

Éditorialistes & Contributeurs
Corporate management








