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Taxis : Uber accuse G7 de pratiques déloyales




Jeudi 19 Février 2026


Le 17 février 2026, Uber obtient un signal fort dans son bras de fer avec G7 : une opération de « visite et saisie inopinée » menée par l’Autorité de la concurrence dans le transport public particulier de personnes. Derrière la procédure, Uber conteste des comportements qu’il juge anticoncurrentiels et qui tournent autour d’un point très concret : la possibilité pour des taxis affiliés à G7 de travailler aussi via Uber.



Uber, taxi et G7 : la plainte qui déclenche une perquisition

Le 18 février 2026, l’Autorité de la concurrence confirme qu’une opération a été menée la veille, le 17 février 2026, après autorisation d’un juge des libertés et de la détention, dans le secteur du transport public particulier de personnes, en évoquant une entreprise « suspectée d’avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles ». Plusieurs médias identifient rapidement l’entreprise visée. Le Parisien indique le 18 février 2026 qu’il s’agit de G7 et que l’opération intervient après une plainte d’Uber pour « pratiques déloyales ». 

Environ 30 fonctionnaires de l’Autorité de la concurrence se sont rendus sur place, d’après Le L’Est Républicain. Uber s’appuie donc sur une procédure intrusive, rare et encadrée, qui sert à collecter des éléments matériels et documentaires. 

Concurrence : ce que Uber reproche à G7

Le reproche central d’Uber tient en une phrase. « Leur différend porte sur la possibilité ou non », pour les taxis qui travaillent chez G7, de pouvoir aussi effectuer des courses pour Uber, relaye Le Dauphiné Libéré. Uber vise une entrave au multi-homing, c’est-à-dire la capacité d’un chauffeur de taxi de travailler via plusieurs intermédiaires, dans un marché où l’accès à la demande est un actif stratégique.

Le point de friction renvoie au modèle Uber Taxis. Uber explique que son service permet à des taxis de s’inscrire sur la plateforme Uber et d’effectuer des courses au prix du taximètre, selon Le Parisien. Autrement dit, Uber cherche à capter l’offre taxi, pas seulement l’offre VTC, et à la faire transiter par son application. 4 000 taxis seraient enregistrés en région parisienne depuis le lancement du service.

Dans cette perspective, Uber a un intérêt clair à faire tomber toute barrière qui limiterait l’inscription ou l’activité de taxis affiliés à G7. Uber ne dit pas seulement « laissez-nous entrer ». Uber demande implicitement que les chauffeurs gardent une liberté de choix dans leurs canaux de distribution. L’enjeu est d’autant plus sensible que la plateforme insiste sur un déploiement au-delà de l’Île-de-France en cours depuis 2025. Plus Uber étend Uber Taxis, plus la question de la liberté d’affiliation devient un sujet national de concurrence.

Dans un marché d’intermédiation, le contrôle de l’accès à la demande est un levier concurrentiel majeur. Uber, en tant que plateforme, vit de la rencontre entre clients et chauffeurs. G7, en tant que centrale taxi, vit aussi de cette intermédiation, avec ses propres canaux de réservation. Si des taxis rattachés à G7 ne peuvent pas travailler via Uber, ou si cette activité est découragée, alors Uber perd une partie de l’offre taxi qu’il cherche à intégrer. Symétriquement, G7 conserve une exclusivité de fait sur une partie de son parc. C’est précisément le type de situation que le droit de la concurrence examine : quand un acteur a la capacité d’entraver l’accès d’un concurrent à des ressources indispensables ou à une offre significative.

François Lapierre

Dans cet article : concurrence, G7, offre, plainte, taxi, uber



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